21 octobre 2007

PASCAL COMELADE : Mètode de rocanrol


Offert par Because Music par correspondance en octobre 2007
Réf : Because0172 -- Edité par Because Music en France en 2007 -- Promo use only -- Not for sale
Support : CD + DVD
14 + 1 titres audio + interview filmée

Ce n'est pas complètement un hasard si je parle de ce disque juste après celui de Georges Jouvin. Certes, je n'avais absolument pas prévu de recevoir le Jouvin cette semaine, mais j'avais fait dès 2004 un lien entre les deux en intitulant la conclusion de Tu m'as trompette mon amour Pascal Comelade et le trompettiste. J'y évoquais notamment un concert de Pascal Comelade à Nantes où il était accompagné par le trompettiste Roy Paci. Dans l'excellente interview filmée qui figure dans l'édition illustrée promo jointe à cet album (interview visible également en ligne sur Dailymotion), Comelade, après avoir écarté tout un lot d'hypothèses quant à son éventuelle filiation musicale, finit par conclure : "Je suis quelque chose comme le fils maudit et imprésentable des grands orchestres des années 60 comme Caravelli, Paul Mauriat, Georges Jouvin, qui produisaient énormément d'albums, qui sortaient les grands succès de l'année avec cent mille violons, avec la trompette d'or etc.". En fait, musicalement, Pascal Comelade me semble plus proche d'Emil Stern et son Piano Magique !
J'attends de pied ferme le premier qui chroniquera ce disque (qui sort le 5 novembre) en claironnant le retour de Pascal Comelade cinq ans après son précédent album studio Psicotic music'hall. Certes, depuis la fin de son contrat avec Delabel, c'est le premier de ses disques à être largement distribué sur le territoire français, à l'exception quand même notable de la bande originale du film Espace détente, la version cinéma de Caméra café, et, vu su son succès, ce film a dû contribuer à populariser sa musique dans de nombreux foyers, prenant ainsi le relais des nombreux documentaires et autres émissions télé qui utilisent ses disques comme habillage sonore (pendant des années, l'agenda des manifestations de France 3 Champagne-Ardenne nous faisait écouter chaque jour en fond sa reprise d'Egyptian reggae de Jonathan Richman), mais pour moi qui me suis lancé dans l'aventure impossible de compiler au fil du temps une discographie de Pascal Comelade depuis 2000, j'en arrive à la conclusion que Mètode de rocanrol est le seizième disque qu'il édite depuis Psicotic music'hall !
Dans le lot, il y a des albums, courts (Musica pop) ou longs (Espontex sinfonia), des compilations, des bandes de films, un livre-cd-catalogue d'exposition, des CDs fournis avec des magazines, un coffret des disques en collaboration (Enric Cassassès, Luis Llach, Alex Barbier), des éditions hyper limitées liées à des manifestations,...
Avec tout ça, il n'est pas étonnant que cet album, quelques mois après la publication de Monofonicorama, une compilation des années 1995-2002, permette lui aussi aux français de tenter de rattraper le temps perdu. Ainsi, la superbe photo de pochette de 1968, The static electric effect of Minnie Mouse on Mickey Mouse balloons, offerte par son auteur Les Krims, est déjà apparue dans le livret de La filosofia del plat combinat en 2004 et au dos de la pochette de Stranger in paradigm, un 25 cm en édition limitée édité par le Festival Musique Action de Vandoeuvre en 2006. Le titre de ce 25 cm est également attribué au morceau, précédemment inédit, qui ouvre cet album.
On trouve également dans Mètode de rocanrol une nouvelle version de Il luna-park galactico, un titre qui figurait sur l'édition espagnole de Psicotic music'hall ainsi qu'une sélection de trois des moments forts d'Espontex sinfonia, l'album sorti en 2006 en Espagne. Si mon oreille ne me trompe pas (cette édition promo ne comprend pas de livret), les versions de ces trois titres très différents l'un de l'autre sont les mêmes : l'excellent Barman de Satan, avec Pep Pascual aux instruments inventifs et à vent, Com un rossinyol amb mal de queixal (Comme un rossignol qui aurait mal aux dents, une instruction de jeu d'Erik Satie pour un titre composé pour Psitt !! Psitt !!, un spectacle chorégraphique de Cesc Gelabert) et The halucinogenic espontex sinfonia, une sorte de boléro interprétée par la Cobla Mil-Lenària, une cobla étant un orchestre d'harmonie catalan (on ne peut souhaiter à Comelade que d'avoir avec ce titre ne serait-ce qu'1% du succès de Ravel avec son boléro !).
Les dix titres entièrement nouveaux sont représentatifs de l'éventail des ambiances musicales travaillées par Pascal Comelade au fil des années : musiques populaires, rock'n'roll, flonflons de fête populaire déjantés, musiques de film (la matrice étant peut-être la musique de Franck Barcellini pour Mon oncle de Jacques Tati).
Parmi ceux-ci, après les premières écoutes, mes préférés sont Jopo de pojo not dead (probablement en référence au héros de BD de Joost Swarte), The indian of the group (probablement en référence au membre des Mothers of Invention Jimmy Carl Black), sauf que j'ai l'impression que la mélodie de cette chanson m'en rappelle une autre et ça m'énerve de ne pas réussir à l'identifier, Elvis loved dogs, le titre au son le plus proche de Psicotic music'hall, qui cite le riff de You really got me à la fin et le très beau Noia de porcellana.
En plus de sortir des disques à tout va, Pascal Comelade participe à des projets divers et variés, de chaque côté des Pyrénées : musiques de spectacles, concerts sur des places de village, vernissages d'exposition, concerts hommages à un autre musicien, collaborations aussi variées que ponctuelles... Même en suivant de près l'actualité, même avec des alertes sur les sites de presse français et espagnols, Pascal Comelade reste la plupart du temps quasiment insaisissable. Par exemple, en septembre 2006, il accompagnait au piano une chorale d'enfant qui interprétait Els segadors, l'hymne catalan, pour une cérémonie officielle nationale. Apparemment, il aurait décidé de jouer tous les hymnes nationaux de tous les pays chaque jour de fête nationale en direct et en public accompagné chaque fois par une chorale en costume ! Personnellement, je ferai tout pour être présent dans la capitale du pays le jour où il interprétera en direct l'hymne national de la Syldavie, un pays méconnu auquel il a consacré en 1993 un album entier, Danses et chants de Syldavie.

2 commentaires:

Thierry Marchand a dit…

Moi aussi la mélodie du titre The indian of the group me disait quelque chose sans pouvoir l'identifier et miracle un semblant de paroles m'est venu (version yaourth) pour arriver à un AIE a Mwana des Black Blood.

Pol Dodu a dit…

Après réécoute, je serais assez d'accord. Ça me semble bien ralenti chez Comelade, mais c'est sûrement bien à "A.I.E. (A mwana)" que je pensais à l'écoute de "The indian of the group".

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