04 février 2007

LOU REED : Street hassle


Acquis au Carrefour de Châlons-sur-Marne en 1978
Réf : 2C 068 60445 -- Edité par Arista en France en 1978
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

C'est le premier album de Lou Reed que j'ai acheté en nouveauté au moment de sa sortie. Et le dernier aussi, tiens, quand j'y pense. Une fois de plus, c'est mon intérêt pour la musique de Lewis Furey qui m'a conduit vers Lou Reed. J'avais noté dans plusieurs articles des rapprochements entre Lewis Furey, Kurt Weill et le Lou Reed de "Berlin", et là-dessus sort cet album, avec le morceau-titre, une suite en trois mouvements avec tout plein de violoncelle et de violon dedans que j'ai dû entendre à la radio. C'était pas "Hustler's tango", plutôt "Hooker's waltz", mais je n'ai pas mis longtemps à me décider à miser mon argent de poche sur ce disque !
Avant d'être le biographe de Lou Reed, Bruno Blum écrivait et dessinait dans Best. Impossible de mettre la main dessus ces jours-ci, mais j'ai gardé pendant des années un dessin vertical en tiers de page découpé dans Best au moment de la sortie du disque, avec une nana tout en bas qui disait les paroles du deuxième mouvement de "Street hassle", qui commencent par "Hey, cette pute ne respire pas, elle a pris trop de ceci ou de celà, tu vois ce que je veux dire" et finissent par "La première chose qu'ils voient qui leur laisse entrevoir la possibilité d'exister ils la suivent, tu sais c'est ce qu'on appelle la malchance". Sur le dessin, c'était en anglais, et j'ai passé pas mal de temps à améliorer mon anglais pour comprendre ces paroles !
Le morceau "Street hassle" est donc une superbe suite en trois mouvements, dominée par des instruments à corde, de la guitare, la voix de Lou Reed et des choeurs. On s'aperçoit vite que les crédits de l'album sont un monument de désinformation : on comprend que, pour des raisons contractuelles, Bruce Springsteen ne soit pas crédité pour le petit bout de texte qu'il lit, mais il faut scruter tous les crédits pour voir mentionner un arrangeur de cordes (Aram Schefrin, un ancien du groupe Ten Wheel Drive au début des 70's avec Michael Zager et Genya Ravan, aussi présente sur "Street hassle"), et il n'y a carrément rien du tout sur ce qui doit être un quatuor à cordes qui tient quand même un rôle proéminent sur cette pièce autour de laquelle tout l'album est construit, et qui représente un tiers de sa durée.
Enfin, quand je dis "construction de l'album", c'est beaucoup dire, car l'imprécision des crédits ne s'arrête pas là ! Le titre de cet album devrait être "Street hassle (in New-York) & seven songs live in West Germany" ! Car là où on s'attend à écouter un disque studio classique, on se retrouve avec sept titres sur huit enregistrés à Münich, Wiesbaden et Ludwigshafen. Ça nuit à l'unité de l'album dans son entier, mais pas à notre plaisir car ces titres live sont tous des inédits (c'est la première fois que Lou Reed a décidé d'éditer "Real good time together", qui date du Velvet), avec un groupe excellent (dont ces choeurs et du saxo), une ambiance parfois légère, et plein de citations musicales, à commencer par "Sweet Jane" dès les premières notes du disque et "I fought the law" sur le deuxième titre.
J'aime tout sur ce disque, à part peut-être la pochade "I wanna be black" (qui n'est pas une reprise du "Je veux être noir" de Nino Ferrer), et je ne suis vraiment pas mal tombé pour commencer mon parcours d'amateur de Lou Reed, d'autant plus que quelques-mois plus tard c'est le décevant "The bells" qui sortait.

Ajout du 2 février 2008 :
En triant mes archives, j'ai retrouvé ce fameux dessin de Bruno Blum illustrant la chanson "Street hassle". Il est daté de 1979, paru dans Best à la fin d'un article sur Lou Reed et le Velvet Underground dont je n'ai conservé que cette dernière page.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

super album que j'écoute en boucle en ce mmoment ! Can't get enough of it man !

Anonyme a dit…

un rôle proéminent ?
tu voulais surement dire "prédominant"...

Pol Dodu a dit…

Ça doit être un tic pour moi d'utiliser "proéminent" et apparemment, ça surprend les lecteurs. En tout cas, c'est bien l'expression que je voulais utiliser (au sens de "qui est nettement en relief par rapport à ce qui l'environne") et il me semble qu'elle est attestée.

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