31 mars 2019

LONDON POSSE : Like the other half do


Acquis au Record and Tape Exchange de Pembridge Road à Londres au début des années 1990
Réf : MNGS 735 / 876 650-7 -- Édité par Mango / Island en Angleterre en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Like the other half do -/- Like the other half do (Instrumental)

L'autre jour, j'ai regardé, 100 streets, un film avec  notamment Idris Elba de la série Luther. A un moment, une chanson qu'on entend dans une scène m'a vraiment attiré l'oreille, alors j'ai cherché des informations sur la bande originale du film et assez vite j'ai pu déterminer que la chanson en question était Live up par un certain Rodney P :



La chanson m'a vraiment plu. Je l'ai récupérée et je l'ai incluse dans ma dernière compilation en date, M'avez-vous toujours dit vrai ? (une excellente sélection, je vous invite à y jeter une oreille curieuse).
J'ai cherché à en savoir un peu plus sur ce Rodney P et j'ai appris qu'il était l'un des membres les plus importants de London Posse, un groupe influent des débuts de la scène rap anglaise, formé en 1987, qui a notamment tourné avec Big Audio Dynamite.
J'avais à peine lu ça que j'étais le nez dans mes caisses de 45 tours pour en ressortir ce disque, acheté  pour 30 pence dans la cave d'un des Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate dans les mois ou années qui ont suivi la sortie du disque.
J'ai réécouté cette chanson, Like the other half do et elle aussi elle m'a beaucoup plu. C'est gai, c'est sautillant et ça délivre un message tout simple, mais tout à fait compréhensible et vieux comme le monde : "Tout ce que je veux vraiment, c'est vivre comme l'autre moitié vit ". Je n'ai pas saisi toutes les paroles, mais je suppose que l'autre moitié c'est les riches, ou les blancs, en tout cas tous ceux qui sont du bon côté de la barrière.



J'ai l'impression que j'apprécie mieux cette chanson maintenant qu'à l'époque de sa sortie. En l'écoutant, la première pensée qui m'est venue c'est que, en près d'un quart de siècle entre ce titre et Live up, Rodney P est resté très fidèle à la formule musicale élaborée à ses débuts.
On classe London Posse dans le hip hop, mais c'est tout autant un groupe de reggae à mon sens. Sauf qu'au lieu de jouer ce reggae, ils l'échantillonnent depuis leur collection de disques. Je n'ai pas moi-même les connaissances pour retrouver les sources, mais en furetant en ligne j'ai repéré le signalement de deux de ces échantillons : les premières notes viennent de Jah Jah dreader than dread de Linval Thompson tandis que le riddim, un grand classique apparemment, c'est Heptones gonna fight.
Il y avait quand même quelque chose dans l'air vers les années 1989-1991 et ce n'est sûrement pas un hasard si j'en suis venu à cette époque à élaborer le concept de hip-pop optimiste pour mon émission Vivonzeureux! (en attendant la mort...). De Stereo MC's à Subsonic 2, de De La Soul à Urban Dance Squad ou de Definition of Sound à Me Phi Me, ils étaient vraiment nombreux à concocter ces cocktails rythmés et joyeux. Une folle créativité facilitée par le fait que ces artistes pouvaient encore se livrer à des collages sonores à partir de disques existants sans risquer de se voir demander par les avocats des artistes originaux des millions pour l'utilisation de quelques secondes d'un enregistrement.
Ce 45 tours était en fait la deuxième sortie pour Live like the opther half do, un an après la première sortie, en maxi avec un autre titre en face B. J'imagine que cette nouvelle édition accompagnait la publication de l'unique album de London Posse, Gangster chronicles. Je n'ai jamais eu cet album, mais je reconnais sa pochette, sûrement parce qu'on l'avait reçu à Radio Primitive. J'ai donc dû avoir l'occasion de l'écouter à l'époque, et j'en ai sûrement passé un ou deux extraits à l'antenne.
Tru-thoughts a réédité Gangster chronicles en 2013. Pour l'heure, ils n'en vendent plus que la version numérique, avec de nombreux bonus, mais l'édition en double CD se trouve encore facilement à un prix correct.

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