09 mars 2019

THE VICEROYS : Inna de yard


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 18 janvier 2019
Réf : IDYCD005 -- Édité par Inna De Yard en France en 2005
Support : CD 12 cm
10 titres

Pour la première fois depuis des mois, les gars de l'Emmaüs de Tours avaient rangé le meuble à CD, et surtout ils avaient profité de l'occasion pour en ajouter quelques nouveaux. Du coup, j'en suis reparti avec presque une dizaine de disques, dont celui-ci, qui est, si je peux me permettre, un reggael !
Je connaissais le principe de la collection Inna de yard de Makasound (enregistrer du reggae largement acoustique et le plus roots possible à Kingston, dans la cour du guitariste Earl Chinna Smith) et j'en avais écouté un ou deux volumes.
C'est une idée intéressante, qui fait écho à plein de choses qui m'intéressent dans la musique ces dernières années : quelque chose de moins produit, plus proche du public, que je retrouve dans les concerts acoustiques en médiathèque ou en appartement (Michael Holt parmi d'autres), dans des sessions comme celles de Tiny Desk ou dans des vidéos enregistrées à la volée qu'on retrouve sur YouTube ou Facebook (par exemple Jonathan Mann et Brushy One String).
Ce qui est étonnant, c'est que je n'avais absolument jamais entendu parler de The Viceroys. J'en connais des trios vocaux jamaïcains, mais je crois n'avoir jamais vu passer le nom de celui-ci auparavant. Pourtant, leur parcours a débuté dès 1966 et ils ont eu de nombreux succès jusque dans les années 1980.
Ce sont ces succès que l'on retrouve dans ce disque enregistré le le 10 novembre 2005 dans des versions dépouillées, même si, comme indiqué dans les notes de pochette, Inna de Yard a franchi un pas avec ce cinquième volume, avec une instrumentation qui se rapproche de celle d’un album studio, avec basse, batterie, claviers et guitare électrique.
Mais qu'on se rassure, l'instrumentation reste très bien dosée, et l'ambiance reste très brute. Ça s'entend dès le premier titre, Heart made of stone, un grand moment avec juste une guitare et les voix des Viceroys, qui à ce moment étaient composés de Wesley Tinglin, le fondateur du groupe, Neville Ingram et Michael Gabbidon.
Pour Ya ho, un des classiques du groupe, la guitare s'électrifie et la basse et les percussions font leur apparition, mais ça reste plein d'émotion et d'une grande qualité, comme l'est tout l'album. En juillet 2008, les Viceroys et Earl Chinna Smith se sont retrouvés dans la cour pour enregistrer une autre version de cette chanson, titrée Yahoo et parue sur le volume 10 de la collection, Earl Chinna Smith & Idrens volume 2.
Ensuite arrive My mission is impossible, qui contient en début et en fin une citation de l'indicatif de la série télé, mais qui est une chanson qui tient très bien par elle-même.
Pour I guarantee my love et So many problems, toujours très bien, l'orgue et les percussions sont mis en valeur. Vient ensuite une séquence encore meilleure, avec Love Jah et ses ses chœurs, et Last night, avec encore des chœurs. C'est fou, plus ça va et meilleur est l'album ! J'apprécie particulièrement la partie instrumentale à la fin de ce qui était la face A du 45 tours où l'on trouvait Ya ho et qui a aussi été un succès. 
Slogan on the wall en tant que chanson est peut-être un ton en-dessous, mais elle dure neuf minutes et ça skanke bien et longtemps !
J'ai eu une excellente surprise dès les premières notes de Shadrach, Meschach and Abendigo : j'ai tout de suite reconnu là une version - excellente - de Satta massagana, l'une de mes chansons de reggae préférées. Super !!
Pour le dernier titre, Rise in the strength of Jah, on  boucle la boucle puisqu'on retrouve le son dépouillé du début, avec voix et guitare.
Le label Makasound s'est arrêté en 2011, et avec lui la collection Inna de Yard. Wesley Tinglin est mort à 75 ans en septembre 2018 après avoir dû annuler pour maladie des concerts prévus en France pendant l'été. Plusieurs pages se sont donc tournées en relativement peu de temps. Reste comme témoin cet excellent album.


L'image est de petite taille, mais cette vidéo témoigne bien de l'ambiance et des conditions d'enregistrement de l'album. Les Viceroys sont cachés tout au fond !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

voix excellentes, émotion, voilà, que demander de plus un samedi soir? Justement sortir quelque part où on peut entendre des simplicités de cet acabit, mais voilà ce genre d'endroit ça ne court pas les rues par chez nous. Bonne pioche l'ami, et pourtant le reggae j'en raffole pas. Ph

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