28 juin 2014

MASSIVE : Unfinished sympathy


Acquis d'occasion dans les années 1990 ou 2000
Réf : WBRX 2 / 664 035 -- Edité par Wild Bunch / Circa en Europe en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : Unfinished sympathy (Paul Oakenfold mix) -- Unfinished sympathy (Paul Oakenfold instrumental mix) -- Unfinished sympathy (Original) -- Unfinished sympathy (Instrumental)

C'était il y a plus de vingt ans, en 1991. Invasion du Koweit, tempête du désert, frappes chirurgicales, guerre du Golfe, Irak... (une guerre évoquée par Dee Nasty avec Etat d'urgence,sur un album chroniqué ici en 2006).
C'est toujours d'actualité en 2014, mais ce fut à l'époque le baptême du feu médiatique pour une génération trop jeune pour se souvenir du Vietnam, la première grande opération militaire internationale vécue à travers les médias, avec son cortège habituel de propagande, d'hyperboles et de délires, renforcée cette fois-ci par les reportages en direct du front de CNN et les images filmées depuis les bombardiers eux-mêmes, diffusées quotidiennement après avoir été soigneusement sélectionnées par la propagande. On s'en doutait bien, mais on a eu la confirmation que, dès que la guerre pointe son nez, le patriotisme exacerbé, la soumission au militaire et la connerie tout court se concentrent immédiatement.
De ce point de vue, la BBC a fait très fort en 1991. La vénérable société publique britannique ne s'est pas contentée de censurer sur ses antennes plus de soixante chansons, de Boom bang-a-bang de Lulu à Give peace a chance du Plastic Ono Band, elle a aussi fait savoir que le nom du groupe Massive Attack était anti-patriotique. Du coup, le groupe, qui s'apprêtait à sortir son troisième single Unfinished sympathy en février 1991, en pleine campagne de bombardements, s'est laissé convaincre pour l'occasion par son imprésario et son label de raccourcir son nom en Massive, histoire de ne pas trop y perdre commercialement. C'est pourquoi tous les exemplaires de ce single, comme celui-ci, créditent un groupe avec un seul mot dans son nom, à l'exception de quelques-uns envoyés en promotion à la presse qui sont du coup très rares. En avril 1991, leur premier album Blue lines est aussi sorti initialement sous le nom de Massive, mais toutes les éditions ultérieures ont rétabli Massive Attack. Les membres du groupe ont apparemment très vite regretté de s'être prêtés à ce petit jeu.
Il n'empêche, attaque ou pas, avec la petite mélodie aux percussions qui ressemble à une sonnette de vélo et qui accompagne tout le morceau, les nappes de synthés, les cordes, la voix de Shara Nelson, Unfinished sympathy est une réussite, l'une des cinq ou six chansons qui résument idéalement le trip-hop. La seule version indispensable est l'originale, la troisième sur ce CD. Le remix de Paul Oakenfold sert juste à la muscler pour les pistes de danse, mais ça on s'en fout, et les versions instrumentales nous permettent d'admirer à loisir la qualité de la production. En fait, pour être plus précis, la version essentielle d'Unfinished sympathy, c'est sa version vidéo, réalisée par Baillie Walsh, un plan-séquence de plus de cinq minutes qui suit Shara Nelson dans les rues de Los Angeles. 1991, c'était aussi en France le temps du robinet à clips, surtout sur M6, et je pense que cette vidéo a dû être diffusée littéralement des centaines de fois. Je n'étais pourtant pas devant ma télé à longueur de temps, mais la chanson et sa vidéo sont devenus indissociables pour moi.

(à suivre)

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