15 juillet 2012

NEW ORDER : Power, corruption & lies


Acquis dans une FNAC parisienne le 20 juin 1983
Réf : 201 946 -- Edité par Factory en France en 1983
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Allez, on entame une série de billets sur Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order. Parce que je me suis rendu compte, après en avoir acquis deux exemplaires très différents cette année, que j'avais cet album dans une variété d'éditions, mais aussi et surtout pour s'intéresser à l'évolution de son emballage au fil du temps et des différents supports.
Power, corruption & lies n'est pas mon disque préféré de New Order, mais c'est un disque qui marque indubitablement une étape importante dans la carrière du groupe. Leur son a évolué très vite après la parution de Ceremony et Movement, et cette évolution s'est reflétée dans les singles qui sont parus entre les deux albums, Everything's gone green (plus que sa face A initiale Procession) et Temptation. PC&L est un disque important, le premier de leurs albums qui contient l'ensemble des ingrédients musicaux et qui définit ce qui va être leur style particulier pour la suite de leur parcours. C'est un album compact de huit titres, solide, sans temps mort ni point faible. Ça pourrait un très grand album, oui mais voilà, ce disque ne peut être écouté et apprécié comme tel que si on lui associe son disque jumeau, le "classique des classiques" de New Order, enregistré dans les mêmes sessions mais sorti deux mois plus tôt en maxi. Il s'agit de Blue Monday, bien sûr. Il est hors de question de reprocher à New Order son choix en début de carrière de ne pas mettre ses singles sur ses albums, mais on constate en conséquence qu'il y a plein de bonnes choses ici, mais rien d'aussi excitant, renversant ou "révolutionnaire" que Blue Monday. On s'en rapproche avec des titres électro-dansants avec beaucoup de séquenceur comme 5-8-6, dans sa deuxième partie, le très bon The village, Ultraviolence et Ecstasy, mais l'intérêt de PC&L c'est aussi de proposer des titres synthético-mélancoliques comme Your silent face ou We all stand, qu'on aurait presque pu trouver sur Closer (avec une évolution de deux ans plus marquée encore vers le synthétique à la Kraftwerk) et surtout deux titres rapides et dominés par les guitares (y compris la basse), qui ouvrent et ferment l'album (ça ne peut pas être un hasard) et qui se trouvent être mes préférés, Age of consent et surtout Leave me alone.
Cet album est presque autant réputé pour sa pochette que pour sa musique. Ce n'est pourtant pas non plus ma production préférée de Peter Saville, mais c'est bel et bien le verso de la pochette qui est reproduit en couverture du livre de 2007 Factory Records : The complete graphic album et c'est ce disque parmi tous ceux de Joy Division/New Order qui a été choisi en 2010 pour illustrer un timbre anglais, dans le cadre d'une série de dix qui comptait notamment London calling et Screamadelica.
J'ai pu retrouver la date d'achat de mon exemplaire du disque grâce à l'étiquette de la FNAC qui, comme ce fut le cas pendant des années, comporte la date de sa mise en rayon, le 10 juin 1983. Comme je ne suis allé à Paris qu'une fois entre cette date et mon départ pour l'Angleterre fin août 1983, je n'ai pas eu d'hésitation pour trouver le jour de l'achat, même si je suis bien incapable de dire ce que je faisais à Paris ce week-end là, à part m'acheter des disques, mais je fêtais sûrement ainsi la fin d'un stage et l'obtention d'un diplôme.
Ce33 tours est l'édition originale française du disque. Comme pour d'autres disques de Joy Division ou New Order, Virgin France, dont le nom n'apparait à aucun endroit sur ce disque, a semble-t-il fait un très bon travail en reproduisant très fidèlement la pochette de l'édition anglaise du disque chez Factory.
Comme la musique, cette pochette est indissociable de celle de Blue Monday, qui reproduisait en grand format l'aspect d'une disquette d'ordinateur de 5 pouces, six découpes comprises, ornée de bandes de carrés colorés. C'est la disquette utilisée par Stephen Morris pour stocker les données de son séquenceur qui aurait inspiré Peter Saville.

Les caractéristiques de la pochette de ce disque sont les suivantes :
  • Au recto, on trouve une reproduction d'un tableau de 1890 d'Ignace-Henri Théodore Fantin-Latour intitulé Une corbeille de roses, sur lequel des carrés colorés ont été ajoutés. Peter Saville a expliqué au Guardian en 2011 que les fleurs sont séduisantes et qu'elle suggèrent les moyens par lesquels le pouvoir, la corruption et les mensonges s'insinuent dans nos vies.
  • On retrouve deux découpes façon disquette au verso. Le rond central est plein au lieu d'être découpé comme sur les vraies disquettes et sur la pochette de Blue Monday. Il s'agit d'une rosace colorée, qui donne le code pour déchiffrer les bandes colorées au recto et sur la pochette intérieure (FACT75, le n° de catalogue anglais de l'abum au recto, New Order Power Corruption And Lies sur la pochette intérieure).
  • En-dehors du code couleurs, le nom du groupe et les titres du disque et des chansons n'apparaissent nulle part sur la pochette. Les seules inscriptions lisibles sur la pochette sont la référence catalogue anglaise, qui a été laissée sur la tranche du disque, la référence française, au dos et sur la pochette intérieure, le code prix, la marque de l'imprimeur (J/T à Saint-Quentin) avec la mention "Printed in France" et les crédits pour le tableau de Fantin-Latour.
  • Les crédits complets sont imprimés, en spirale, sur les étiquettes des deux faces du disque.
C'est donc là un travail assez fidèle à celui produit initialement par Peter Saville pour Factory en Angleterre. On notera cependant qu'en toute logique les carrés de couleur, ainsi que la tranche, auraient dû être modifiés pour indiquer la référence française, 201 946, et on aura l'occasion de voir prochainement que la pochette de cet album varie fortement d'une édition à une autre.

La réédition de 2008 de Power, corruption & lies en double-CD, toujours disponible, contient sur le deuxième disque les deux faces de Blue Monday et les titres des autres singles de la période, Confusion, Thieves like us et Murder.





New Order, Leave me alone, en concert à Cork le 22 avril 1983.

2 commentaires:

Philippe L a dit…

J’aime votre, précision, c'est important la précision.

Charlie Dontsurf a dit…

Bon, après la 2356ème chronique sur le même disque, je me suis décidé à l'acheter. J'ai reçu hier la version deluxe, acquise pour moins de 10 € sur le marketplace de M Amazon. Ce matin, après une écoute de Blue Monday, je me suis tout de suite rappelé pourquoi j'avais laissé tomber New Order après le pâlichon Ceremony. Vraiment pas ma tasse de thé. Hier soir, j'ai jeté une oreille sur l'album. Il m'a semblé être une véritable transition entre Joy Divison et New Order. Quels patronymes, tout de même !

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