10 octobre 2008

ELECTRIC ARENA : La danse des élections


Acquis sur le vide-grenier de Val de Vesle le 21 septembre 2008
Réf : SG 433 -- Edité par Disc'AZ en France vers 1973
Support : 45 tours 17 cm
Titres : La danse des élections -/- Winter regal

C'est entièrement dû au hasard, mais ça fait plusieurs fois en quelques semaines, après ceux de Gilles Marchal et d'Eileen, que je tombe sur des 45 tours intéressants du label Disc'AZ.
Pour celui-ci, le gars vendait ses disques à 1 € les trois ou quatre, et comme il y en avait un de The Undisputed Truth que je voulais, ne serait-ce que pour avoir une pensée pour Norman Whitfield qui venait de mourir, j'ai inclus ce disque dans le lot, à cause de son titre et des inscriptions sur la pochette bien sûr, en me disant qu'au pire il y aurait peut-être là des bouts de paroles à sampler pour mon pote Le Vieux Thorax.
J'avais noté que l'interprète, indiqué en tout petit sur la pochette, était crédité sous le nom d'Electric Arena, mais avec un titre comme La danse des élections j'ai quand même été surpris quand la chanson a débuté sur un son de rock lourd, très seventies façon Black Sabbath mais on pourrait presque penser à du Trust avant l'heure !
Mais ça ne dure pas : en fait, la chanson comporte trois sections musicales très différentes, les couplets en rock lourd, le refrain ("Attention c'est la danse des élections, Un p'tit pas à gauche, Un p'tit pas à droite, On s'embrasse et… Et on tourne en rond !") qui est sur un rythme de danse western et une sorte de pont qui est plus pop. Côté paroles, ça ne va pas chercher beaucoup plus loin que ce refrain. Je crois que cette chanson n'a eu aucun succès, mais il y avait de l'idée car l'année suivante Olivier Lejeune et Patrick Green touchaient le jackpot avec Pot pour rire Monsieur le Président, un 45 tours que nous avions à la maison et que je connaissais par coeur.
La face B, Winter regal, est une ballade instrumentale, assez agréable, avec de la guitare acoustique. On imagine bien ça en fond sonore d'un téléfilm français ou d'un western spaghetti...
Ceci est probablement l'unique disque édité sous le nom d'Electric Arena, mais j'ai découvert que les compositeurs des deux titres, dont j'avais déjà souvent aperçu les noms par ci par là sur des crédits de disques, sont deux poids lourds de la variété française.
Tout d'abord, Paul de Senneville, ancien journaliste, était à l'époque le patron de Disc'AZ, ça aide. Avant ça, il avait été l'agent de Michel Polnareff et sa première collaboration avec son co-auteur Olivier Toussaint avait produit Dans la maison vide, un sacré succès !
Côté plutôt rock-variété, le duo a marqué les années 70 avec deux groupes français au nom anglophone, Pop Concerto Orchestra d'abord, dont Olivier Toussaint était le chanteur, qui a connu un grand succès je crois en 1974 avec le 45 tours She wears a rainbow, mais sa face B Eden is a magic world a été un plus grand succès encore en 1982 lorsque'elle a été rééditée après avoir servi dans une pub Telefunken.
Autre succès, énorme avec Anarchic System, groupe pour lequel Senneville et Toussaint ont recruté un quintet lillois. Ma jeune tante avait à l'époque le 45 tours avec leur reprise de Pop corn, et avec mon frère et mes copains, nous avons passé des heures à essayer d'imiter le son du moog en faisant des bruits de bouche...
C'est plus que probablement Anarchic System qui se produit sur les deux faces de mon 45 tours sous le nom d'Electric Arena : le son le laisse penser, et surtout Anarchic System a publié Winter regal en 1974 sur son album Pussycat c'est la vie. Comme je ne connais pas l'album d'Anarchic System (Ça ne me manque pas, d'ailleurs !), je ne sais pas s'il s'agit du même enregistrement, ou d'une autre version, chantée ou non.
Parmi leurs multiples créations, Paul de Senneville et Olivier Toussaint on composé en 1975 la musique d'un film de Jean-Pierre Mocky, Un linceul n'a pas de poches, adapté du roman policier d'Horace McCoy. On ne parle plus trop de ce film, mais un des titres de la BO, Dolannes melody, a connu un succès immense, dans son interprétation originale par le trompettiste Jean-Claude Borelly, et avec de multiples reprises (y compris une de Georges Jouvin).
Mais le plus grand succès de Senneville-Toussaint allait leur venir avec le lancement d'un pianiste chargé d'interpréter leurs mélodies comme Ballade pour Adeline. Le succès de Richard Clayderman perdure encore, tout comme la société Delphine Productions fondée il y a plus de trente ans par nos deux compères, qui a toujours sous contrat, entre autres, Clayderman et Borelly.
Bon, on va s'arrêter là car on est sur une pente glissante qui teste les limites de mon éclectisme, mais il est amusant aujourd'hui d'écouter cette Danse des élections pseudo-contestataire, composée par des rois du show-biz dont la grande proximité avec la presse (Disc'AZ a longtemps été une filiale d'Europe 1) et le monde des affaires était déjà dénoncée en 1979 dans cet article de L'Unité, l'hebdo du PS.

Paul de Senneville

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bien vu mais décidément beurk pour ce genre de personnage bien requin et bien marteau (ah ça ira ça ira...on les pendra!) ph.

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