16 mars 2008

SABO : 8 saisons à l'ombre


Acquis par correspondance en France en février 2008
Réf : RUM035 -- Edité par Ruminance en France en 2007
Support : CD 12 cm
12 titres

Quand Bob Morlock m'a proposé de me prêter son exemplaire de ce premier album de Sabo, je l'ai pris vraiment par simple curiosité : je n'attendais rien de particulier d'un groupe formé d'anciens membres de Sloy et de Drive Blind, deux groupes rock bien électriques.
En fait, le premier titre Fatigue à Paris n'était pas terminé que j'étais déjà accroché et avant la fin de l'album j'avais déjà surfé pour trouver l'album à bon prix et passé ma commande !
Il faut dire que ce n'est pas tous les jours que je tombe sur un album qui me plaît de bout en bout, un disque original qui ne renie pas ses influences musicales et s'assume pleinement culturellement avec des paroles en français (une nouveauté pour Armand Gonzalez), ce qui m'évite pour une fois de m'énerver sur l'accent pourri de compatriotes qui plombent leurs disques avec un epéranto de pacotille (dernier exemple en date, The peak de Pokett. Un CD promo à la pochette assez réussie, aux crédits écrits en anglais. Le gars n'avait pas chanté trois syllabes que je savais qu'il était français et que son accent allait rendre le disque insupportable).
Alors, quels sont les ingrédients musicaux qui font que 8 saisons à l'ombre me plaît tant ? Oh, ils sont très simples : guitare électrique souvent twang, guitare acoustique, basse, du chant et des choeurs très réussis, plus de l'orgue, des percussions et un peu de boîte à rythmes.
Il a fallu deux interviews (ici et là) pour que je réalise que l'impression laissée à l'écoute de musique faite pour les grands espaces, que ce soit le désert d'Arizona, la Camargue ou les lieux de tournage en Espagne des westerns spaghetti, était sûrement en grande partie due à l'absence de batterie sur le disque. Elle s'explique aussi par les influences affichées ou ressenties, du Calexico de Road map 98-99 à Ennio Morricone en passant par de l'exotica easy listening (Sabo a démarré en projet instrumental - il en reste plusieurs sur le disque - sur des rythmes de bossa-nova, d'où le nom du groupe). Côté français, je pense à A trip to Tripville, mais aussi, pour rester dans le sud-est de la France où Sabo est installé, au travail solo de Rémy Chante des Frères Nubuck et aussi à l'album Rangés des voitures du Bingo Bill Orchestra.
Il n'y a aucun temps mort sur ce disque, qui démarre très fort avec Fatigue à Paris et 260 jours de vent et se termine en beauté avec Rétrospective d'une vie ("Je marche, je marche, je marche, je marche et je collecte toutes vos merdes, à la pelle"), mais pour moi la séquence la plus forte se situe pile au milieu d'une disque avec l'enchaînement de deux instrumentaux et deux chansons intercalés : La ultima voltà (ché ho visto la mia nonna viva), 7 heures 20 route de Valras Plage, Le train du dimanche soir et Requiem pour un gangster imaginaire.
Voici un album que je savoure à chaque écoute, teintée d'un seul regret, celui de ne pas m'être intéressé assez tôt à Sabo pour venir les voir lors de leurs concerts dans le nord-est de la France. En effet, Sabo est passé par la Lorraine, puis par la Champagne, à trois reprises à l'automne 2007, et si j'avais écouté 8 saisons à l'ombre avant cette date j'aurais tout fait pour aller assister à au moins l'une de ces prestations.

Des extraits de l'album sont en écoute sur le site du label Ruminance et on peut aussi y voir une vidéo bricolée pour Fatigue à Paris.

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