01 mai 2015

PALE SAINTS : Barging into the presence of god


Acquis neuf à Paris ou à Reims en 1989
Réf : bad 910 -- Edité par 4AD en Angleterre en 1989
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Sight of you -/- She rides the waves -- Mother might

Ce n'est pas cette année que j'aurai l'occasion de chroniquer un disque acquis le 1er mai sur le vide-grenier de mon village. Sans surprise, avec la pluie qui tombait ce matin, les rares disques sur les rares stands étaient noyés dans un océan de capsules de Champagne (qui ne craignent pas l'eau) et je n'ai rien trouvé pour moi.
L'occasion de plonger dans les stocks, donc, d'autant que j'ai repensé cette semaine que j'avais laissé passer l'automne dernier le vingt-cinquième anniversaire de la première émission Vivons heureux ! (en attendant la mort), diffusée sur la Radio Primitive le 20 novembre 1989. Non que ce soit un anniversaire particulièrement important, mais comme j'ai conservé mes cahiers de préparation d'émission de l'époque, j'y suis retourné voir et j'ai constaté que, ce jour-là, si je n'ai pas eu le temps de diffuser ma séquence sur Berlin (avec Paul Roland et Guerre Froide), j'ai passé séparément, et sûrement sans faire de lien entre les deux, un titre de The Saints et le premier maxi de The Pale Saints.
Sur ce coup-là, j'ai complètement marché dans l'opération de marketing de 4AD qui, surfant sur le succès des Pixies, avait annoncé la signature de deux jeunes groupes anglais, et sorti et promotionné ensemble Barging into the presence of God des Pale Saints et le mini-album Scar de Lush.
Le disque de Lush ne m'a pas complètement déplu mais ne m'a jamais vraiment emballé. Par contre, j'ai tout de suite accroché sur Sight of you, la face A du disque des Pale Saints, un titre de près de six minutes, qui démarre avec une note discrète d'orgue, avant la séquence de notes de basse qui forme la charpente de la chanson et les premières guitares saturées. Le chant, quand il arrive, rappelle un peu celui de Primal Scream. Musicalement, il y a des cousinages avec Joy Division, My Bloody Valentine, le Felt proche de 4AD produit par Robin Guthrie ou The House of Love.
A la réécoute, j'ai été étonné que, techniquement, la production ne sonne pas particulièrement élaborée. On n'est pas si loin des premiers enregistrement ultra-cheap de Creation, notamment sur She rides the waves en face B. Cela s'explique sûrement par le fait que ces deux premiers titres étaient initialement des enregistrements démos, sur lesquels le producteur Gil Norton a juste retravaillé après coup. Mais le dernier titre, Mother might, tout en retenue, n'a pas dû non plus mobiliser un budget faramineux.
Je n'y avais jamais pensé, mais je ne suis pas surpris d'apprendre aujourd'hui que The Pale Saints est l'un des premiers groupes à qui la presse a accolé l'étiquette de "shoegazer". D'ailleurs, Ride leur a donné l'accolade en reprenant, sans y apporter grand chose d'intéressant, Sight of you pour l'une de ses Peel sessions.
Quelques mois plus tard, le groupe sortait son premier album, The comforts of madness, sur lequel on retrouvait Sight of you, et je passais dans l'émission ses deux premiers titres, Way the world is et You tear the world in two.
Je me souvenais que le chanteur Ian Masters avait fini par quitter le groupe (il a enregistré un temps sous le nom Spoonfed Hybrid). Je n'imaginais pas par contre que le groupe avait continué et avait même sorti un troisième album sans lui.
A cette époque, je jouais encore au jeu de la compilation en début d'année de la liste de mes disques préférés de l'année écoulée. J'ai retrouvé dans mon cahier celle pour l'année 1989, avec les titres sélectionnés pour l'émission du 8 janvier 1990. J'aime encore beaucoup tout ce qu'il y a là-dedans. La preuve, plusieurs disques ont été chroniqués ici :

Pale Saints, Sight of you, en concert à Sheffield en 1989.

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