09 août 2012

THE TIMELORDS : Doctorin' the Tardis


Acquis probablement chez Continent à Reims en juillet 1988
Réf : 80387 -- Edité par KLF Communications en France en 1988
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Doctorin' the Tardis -/- Doctorin' the Tardis (Radio) -- Doctorin' the Tardis (Minimal)

Voilà un disque parfait. Une grosse blague parfaitement aboutie, un grand succès pop, un coup de maître situationniste, un chef d'oeuvre de Bill Drummond et Jimmy Cauty sur le chemin qui les a menés des Justied Ancients of Mu-Mu en 1987 au succès planétaire de The KLF au tout début des années 1990.
L'histoire de la musique enregistrée a produit des vedettes les plus diverses. Rien qu'ici, on trouve des Chiens Chanteurs ou un solo de marteau-perforateur.  La voiture, quant à elle, quand elle ne sert pas de studio (comme pour Ben Vaughn avec sa Rambler '65), est un sujet inépuisable d'inspiration pour les auteurs-compositeurs, mais là, pour Doctorin' the Tardis, l'unique single de The Timelords, c'est bel et bien une voiture qui est la vedette et le talent du groupe.
Cette voiture, en photo sur la pochette, s'exprime au recto ("Salut ! Je suis Ford Timelord. Je suis une voiture et j'ai fait un disque.") et aussi au verso ("Cher client, Je suis Ford Timelord et je suis le meneur du groupe. Vous vous demandez sûrement comment moi, une voiture de flic amerloque, je suis maintenant un petit gars de l'Essex qui fait des disques. Je suis né à Detroit en 1968, mon père travaillait pour les pontes de l'automobile là-bas, mais en 1970 il a eu une promotion. Et donc la famille a dû déménager à l'usine de Dagenham en Essex, Angleterre. (...) J'ai eu l'idée de tenter ma chance au jeu de la musique car je sais ce que les gens veulent entendre. Alors, j'ai mélangé et assemblé des airs qu'on connait et qu'on aime tous, j'ai fait appel à quelques potes et on a fait ce disque. Pour moi, ça sonne comme un tube. (...)".
Et Ford Timelord, la JAMsmobile qu'on avait déjà vue quelques mois plus tôt sur la pochette de Who killed the JAMs ?, ne se trompait pas : son disque a efféctivement été un tube, n°1 des ventes en Angleterre pendant une semaine, comme l'atteste l'autocollant apposé sur mon maxi en pressage français. De ce point de vue, le coup a été mieux réussi que celui de Creation Records l'année précédente avec Chernobyl baby de Baby Amphetamine.
Les airs connus dont parle Ford Timelord, ce sont principalement l'indicatif de la série télévisée Doctor Who, le Rock 'n' roll de Gary Glitter et Block Buster de The Sweet.
En fait, l'idée de départ de Drummond et Cauty était de faire un titre façon house music (d'où le titre, qui parodie Doctorin' the house de Coldcut) avec leur méthode habituelle de collage et d'échantillonnage. Quand ils se sont rendus compte que le rythme qu'ils avaient concocté était plus proche du Glitter Beat que de la house, ils ont changé leur fusil d'épaule et décidé de faire un titre le plus basique possible, le "plus nauséeux du monde", en prenant le plus petit dénominateur commun de la pop.
J'ai passé ce disque dans Rock comptines sur La Radio Primitive dès juillet 1988. Je l'ai bien sûr enchaîné avec la reprise du Rock 'n' roll de Gary Glitter par The Human League, parce que c'était la seule référence parmi les titres samplés de Doctorin' the Tardis qui me parlait, et parce que la basse synthétique  qu'on y entend me faisait penser à  The Human League. Les autres références, le titre de The Sweet et toutes celles à Doctor Who, je ne les captais pas vraiment.  Pour Doctor Who, surtout, je ne connaissais pas l'indicatif à l'époque, et ne savais pas ce qu'étaient le Tardis et les Daleks.
Drummond et Cauty ne jouent pas une note de musique sur ce disque (Ford Timelord non plus, je vous rassure). Ils se sont contentés de puiser dans leur collection de disques (Bill Drummond raconte en détails comment s'est passée la sélection des disques à sampler dans une des réponses aux cent questions d'interviews qui font la matière de son tout récent livre, 100) et ont fait appel à un spécialiste de la programmation musicale et des séquenceurs, Nick Coler, et aussi à DJ Cesare, un des membres fondateurs des Stereo MC's, qui fera aussi les beaux jours de The KLF.
Une fois le disque sorti, The Timelords ont joué le jeu à fond. Cauty et Drummond sont même passés à Top of the Pops (la BBC a refusé la présence de Ford Timelord dans ses studios) et le disque est donc monté à la première place des ventes en Angleterre (et a été un succès dans d'autres pays). A la fin de l'année, ils ont donc été à nouveau invités à Top of the Pops pour la spéciale Noël, avec cette fois-ci Gary Glitter lui-même comme invité vedette.
Entre-temps, ils avaient publié un livre, The manual (How to have a number one the easy way), un petit guide pratique dans la lignée de tous ces succès d'édition genre Comment ne pas grossir en n'arrêtant pas de fumer, qui donne la recette imparable pour avoir un tube. Je me souviens avoir vu l'édition originale du livre au Virgin Megastore de Londres et avoir pris le temps de le lire de bout en bout (c'est très court) plutôt que de l'acheter. Ce que j'ai regretté par la suite car le livre a très vite été épuisé (j'ai finalement acheté une réédition en petit format en 1998).
Quant à Drummond et Cauty, ils n'ont pas sorti d'autre disque des Timelords, mais ils ont prouvé la qualité de leur recette du succès en étant avec The KLF l'un des groupes au monde à vendre le plus de singles pour l'année 1991. Ford Timelord n'a pas pour autant été mis au rencart après son succès : la voiture apparait en 1989 sur la pochette de Kylie said to Jason mais elle est supplantée par un camion à glaces en 1991 sur celle de Justified & ancient.




The Timelords, la vidéo de Doctorin' the Tardis.


The Timelords, Doctorin' the Tardis, à Top of the Pops, au printemps 1988.


The Timelords, Doctorin' the Tardis, dans l'émission spécial Noël 1988 de Top of the Pops, avec Gary Glitter en invité vedette.

1 commentaire:

willycat a dit…

belle référence au Doctor Who

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