24 août 2011

CLIFF NOBLES & CO : Horse fever


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 21 août 2011
Réf : INT. 80 155 -- Edité par Vogue en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Horse fever -/- Judge baby, I'm back

Mon début de journée dimanche dernier a été assez cauchemardesque. Au moment même où je me levais en me faisant une joie d'aller à la brocante, un (petit) orage non annoncé par la météo s'est déclenché. J'ai attendu une bonne heure que la pluie s'arrête et, au moment de partir, j'ai mis les doigts dans le vomi qu'un chat avait gentiment déposé sur les affaires que j'avais préparées pour partir, y compris - scandale ! - sur la pochette cartonnée d'un de mes CD promo !
Sans trop de surprise, le vide-grenier était encore plus clairsemé qu'il ne l'est généralement en plein mois d'août, et quand il y avait des disques ils étaient souvent mouillés. J'ai acheté juste trois ou quatre bricoles et c'est au dernier stand avant de partir, dans des cartons protégés de la pluie par des 45 tours sacrifiés qui avaient été étalés pour protéger le reste, que j'ai trouvé ce disque de Cliff Nobles.
Ce n'est pas le prix (50 centimes), ni l'état de la pochette, fragile comme toutes ces pochettes en papier léger des 45 tours deux titres Vogue de la fin des années 1960, qui ont failli m'arrêter. J'ai cependant eu une assez forte hésitation car je ne connaissais pas du tout cet artiste et le style de la pochette me donnait très peu d'indications. Et chez Vogue, il y avait à boire et à manger à l'époque dans la Série Fashion : les six disques présentés au dos vont de Light my fire des Doors à Entre ton coeur et le mien de Luigi ! Dans le doute, j'ai pris le disque. De toute façon, un coup d'oeil plus attentif au rond central aurait dû me convaincre puisque le label américain original se nomme Phil L.A. of Soul.
Le soleil et la canicule étaient revenus entre temps, mais de toute façon ma journée a été illuminée quand j'ai mis ce 45 tours sur la platine à mon retour :  c'est un excellent disque de soul funk chaud comme la braise d'un barbecue qui attend ses premières merguez.
Le brave Chris Nobles, mort en 2008 à 67 ans, aura eu une carrière très paradoxale, racontée en détails par exemple chez Funky 16 Corners ou chez The Soul Review. Après quatre 45 tours sans succès, il sort début 1968 Love is all right, qui va pour le coup être un très grand succès, mais seulement une fois qu'un animateur radio aura décidé de retourner le disque et de matraquer la face B, The horse, qui se trouve être la version instrumentale de Love is all right. Voilà donc un excellent chanteur, Cliff Nobles, qui se  retrouve classé numéro deux des ventes aux Etats-Unis avec un titre sur lequel il ne figure pas, puisque c'est un instrumental sur lequel il n'intervient pas du tout. Evidemment, le label a très vite ressorti le disque avec The horse en face A, devenue une des danses à la mode de cette années 1968, et les disques suivants, à commencer par celui-ci, ont mis en avant la version instrumentale du titre.
C'est vraiment dommage car, si effectivement Horse fever est un excellent instrumental soul-funk, avec quand même des choeurs qui font des "Bom bom bom" assez graves, la version chantée en face B, Judge baby, I'm back, c'est carrément autre chose. Cliff Nobles y met une telle énergie, une telle patate, qu'il transforme ça en dynamite funky. A lui tout seul, c'est James Brown, Otis Redding ressuscité, Sam et Dave à la fois, qui nous font danser le Horse, le Bougalou et le Funky Chicken !
Les cuivres qui ne sont pas manchots, formeront plus tard les fameux MSFB. Quant au "Judge" du titre, il fait référence à un autre grand succès de 1968, Here comes the judge de Pigmeat Markham, l'un des nombreux titres samplés sur le Rush de BAD II. L'histoire de Pigmeat, un comique américain qui s'est retrouvé avec un énorme tube après quarante ans de carrière, est passionnante. Elle est racontée en détails chez WFMU (c'est très long mais ça vaut le coup de s'y pencher).
Pour ma part, je saurai quoi écouter pour rester de bonne humeur la prochaine fois que la météo me privera de brocante !

7 commentaires:

Charlie Dontsurf a dit…

"C'est un excellent disque de soul funk chaud comme la braise d'un barbecue qui attend ses premières merguez" : le genre de phrase ultime qui donne furieusement envie de trouver et d'écouter ce disque. L'odeur est là et si on a abusé du rosé, on viendra gerber sur tes disques, Pol. Et ce sera de ta faute !

Pol Dodu a dit…

Et donc, ce n'était peut-être pas très clair mais pour écouter "Judge baby, I'm back", même si le son YouTubesque ne lui rend pas justice, il suffit de suivre le lien indiqué dans le billet.
N'abuse pas du rosé, s'il te plaît, j'ai assez des gerbes de chats à ramasser !

Jean-Pierre Moya a dit…

Ah c'est marrant, je ne connaissais pas cette version de "Here comes the judge", mais plutôt celle de Shorty Long sortie la même année et qui était diffusée régulièrement dans SLC à l'époque. J'ai mis longtemps à la retrouver, mais avec internet à présent, tout est possible (et je ne suis pas certain que ce soit une si bonne chose....)
http://www.youtube.com/watch?v=ImWUBYcQl4A

Pol Dodu a dit…

Comme expliqué par WFMU, la fameuse répartie "Here comes the judge" a bien été créée par Pigmeat Markham des années plus tôt, et c'est Sammy Davis Jr, que Pigmeat avait connu bébé, qui l'a remise au goût du jour dans les années soixante.
La version de Shorty Long est effectivement la plus connue et techniquement elle ne peut même pas être considérée comme une reprise car elle est sortie quelques semaines avant celle de Pigmeat !

Charlie Dontsurf a dit…

Oui, ou plutôt non, je n'avais pas cliqué sur le lien. Maintenant, c'est fait. Mets le barbecue en route, j'amène les merguez ET le rosé !
Tous, chez Pol.

Charlie Dontsurf a dit…

Et en parlant de gerber, tu ne peux vraiment pas faire quelques chose pour les couleurs ... du blog ?
:-)))

Pol Dodu a dit…

Une fois qu'on connait un nom, on est plus attentif : ce matin, entre deux orages, j'ai trouvé le premier 45 tours français de Cliff Nobles & Co., celui avec son tube "The horse".
Là, je comprends mieux que ce soit la version instrumentale qui ait eu du succès car la version version chantée, "Love is all right", ne fonctionne pas aussi bien. Mais des quatre titres des deux disques, mon préféré reste "Judge baby, I'm back".

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