07 juillet 2010

GENOA KEAWE ET SON GROUPE FOLKLORIQUE : Hawaï, île de rêve


Acquis sur le vide-grenier de Cramant le 4 juillet 2010
Réf : FX-45-1094 M -- Edité par Fextival en France vers 1956
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Aloha oe -- Kaulana o Hilo -/- Mauna kea -- Kipi koa hula

En ces temps de grosse chaleur, le vide-grenier de Cramant, organisé dans un lotissement bien ombragé, est des plus agréables, d'autant plus que j'y suis allé assez tôt et qu'il faisait encore frais. Mais ce dimanche il était tranquille, trop tranquille, avec moins de stands que d'habitude et aussi beaucoup moins de chalands. Du coup, en-dehors de quelques cerises aigres grapillées en chemin sur une branche qui dépassait d'un jardin, qui sont allées directement dans mon estomac, j'en suis reparti quasiment aussi léger que j'étais arrivé, avec juste ce 45 tours de folklore recueilli par Jacques Chegaray, qui fut notamment le fondateur du Club des conférenciers de Connaissance du monde.
J'ai quelques disques de collectage de folkore, de Tahiti ou d'ailleurs. Ils sont en général intéressants, mais rarement renversants, du fait principalement de leur captation sur le vif et des moyens techniques d'enregistrement utilisés. Mais dans ce cas précis, je n'avais pas remarqué qu'un nom précis d'artiste était mentionné, et surtout je n'avais pas idée que Geona Keawe était l'une des grandes dames de la musique hawaïenne.
Chanteuse et musicienne, sa longue carrière a débuté en 1939, jalonnée à partir de 1946 par environ 150 singles (78 et 45 tours) et plus de 20 albums, sur son propre label à partir de 1966. Elle se produisait encore en public début 2008, quelques semaines avant sa mort : elle a même chanté par téléphone depuis l'hôpital pour un gala de charité qu'elle avait dû annuler !
Les premiers documentaires de Jacques Chegaray, accompagnés généralement de la publication d'un livre, relataient ses voyages en bâteau-stop ou en auto-stop de par le monde. Après un livre sur la Polynésie paru en 1952, il a publié en 1956 Hawaï, îles de rêve, ainsi que ce 45 tours chez Festival (mais la pochette pelliculée de mon exemplaire me fait penser qu'il s'agit peut-être d'un retirage du début des années 1960).
Dans ses notes de pochette, Jacques Chegaray fait le lien entre Tahiti et Hawaï, peuplée il y a mille ans par des polynésiens qui ont couvert en pirogue les 4000 km qui séparent les deux archipels. Que ce soit par la langue ou la musique, les deux cultures sont très proches, et c'est très sensible à l'écoute du disque. La principale différence avec les enregistrements tahittiens des années cinquante, comme ceux réalisés par Gaston Guilbert, c'est la présence en plus du ukulélé, de la guitare steel  qu'on n'appelle pas pour rien la guitare hawaïenne.
Elle est très présente et très douce en intro de Aloha oe,  avant que le chant haut et très pur de Genoa, réputée pour sa voix de falsetto, et de ses Hula girls n'entre en jeu. Elle l'est encore plus sur Mauna kea, le seul instrumental du EP.
Dans leur construction musicale et leur chant, Kipi koa hula et Kaulana o Hilo, une reprise d'un titre écrit par Lena Machado, sont très proches des chansons tahitiennes, notamment les intros qui me font dresser l'oreille à chaque écoute. La principale différence est que les voix sont bien plus hautes que celle, par exemple, de Maeva.
D'une manière générale, le son du disque est très bon, à tel  point qu'on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un repiquage de disques 78 tours (Genoa Keawe avait publié un enregistrement de Kaulana o Hilo en 1949),  plutôt que d'une captation en direct pour le documentaire.
En tout cas, cet excellent disque est une très bonne surprise, qui m'a permis de faire la connaissance de "Tatie" Genoa, comme on l'appelait à Hawaï.

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