24 juin 2010

THE PIRANHAS : Play kwela !


Acquis d'occasion à Londres au début des années 1980
Réf : SIR 4044 -- Edité par Sire en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tom Hark -/- Getting beaten up -- Boyfriend

Je ne m'intéresse pas particulièrement à ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud, mais je ne vis pas non plus dans un vase clos. J'ai donc entendu parler depuis deux semaines de certaines trompettes en plastique au son mélodieux, embouchées en grand nombre dans des stades. A chaque fois, ça me fait penser à deux choses. Aux sans-gêne d'abord, ces cotillons munis d'une trompe en plastique qui se déroulent quand on souffle dedans (En fait, je ne savais pas comment ces choses s'appelaient, il a fallu que je cherche ! J'aurai au moins appris quelque chose aujourd'hui). Et puis aux Piranhas ensuite, particulièrement à Tom Hark, leur tube sur un air de kwela, une musique traditionnelle des fêtes du Cap. Et quand je lis tous les commentaires superfétatoires suscités par ces trompettes, je me dis : "Vous, vous êtes là à vous boucher les oreilles et moi je danse la kwela avec les Piranhas !".
La kwela se joue notamment avec des pipeaux ou des flutiaux, et là pour le coup ça me rappelle des bonbons qu'on achetait à la boulangerie, en forme de flûte à coulisse. Ça pourrait aussi rappeler le flageolet de la sardane, mais la kwela est tellement endiablée que ce serait une Sardane de Saint-Guy !
Bien que le groupe se soit formé et ait commencé à sortir des disques auparavant, le peu de succès que les Piranhas ont obtenu l'a été en surfant sur la vague ska de 1979. Ils avaient tout à fait leur place entre The Beat pour le côté festif de la musique des îles et Madness pour le côté populo des paroles et des accents, sauf donc que, au lieu d'aller chercher du côté de la Jamaïque pour leur seul vrai petit tube (n° 6 dans les charts anglais), ils sont allés repêcher un vieux titre africain.
Tom Hark est en effet une reprise d'un titre crédité à Elias and his Zig-Zag Jive Flutes, qui a connu un gros succès à la fin des années 1950, avec trois millions d'exemplaires vendus de par le monde, Elias étant le pseudonyme de "Big voice" Jack Lerole. Le titre au départ était instrumental, mais les Piranhas y ont ajouté à bon escient une partie chantée par Boring Bob Grover. Par la suite, le groupe a essayé de reproduire ce succès au goût africain, avec les singles Vi gela gela et Zambesi notamment, mais ça n'a pas marché.
On notera que la pochette, dont le recto et le verso ont un côté volontairement rétro,affiche un côté festif, avec une parade devant l'embarcadère de leur ville natale, Brighton. Sauf qu'il y a un champignon atomique à l'arrière-plan !
Les deux titres de la face B illustrent plutôt le côté pop-punk des Piranhas. Getting beaten up est une chanson sur l'une des joies de l'adolescence ("Getting beaten up is part of growing up").  Cette chanson a ensuite été jugée assez bonne pour ouvrir l'unique l'album des Piranhas, sorti quelques mois après ce 45 tours. Sauf erreur de ma part, Boyfriend est l'histoire classique d'un gars qui se prend un rateau ("No thanks, I'm waiting for me boyfriend"). Elle n'est pas sur l'album, mais elle a été considérée assez bonne pour ouvrir Tom Hark - The Piranhas collection, une compilation CD parue il y a quelques années, qui contient d'ailleurs les trois titres de ce 45 tours.



1 commentaire:

SonicSteph a dit…

Mon cher JC

Je viens seulement de découvrir ton message, je dompte en effet peu à peu blogger et ses fonctionnalités avec l'aide précieuse de ma fille.
Content que tu aies pris le temps de lire ma prose pourtant bien moins documentée que la tienne. J'espère pouvoir te surprendre encore à nouveau avec cette scène française qui regorge de pépites...
A Bientôt

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