07 mai 2006

LA RAGE AGAINST LES QUOTAS



Offert par la Férarock en 1994
Réf : FERA 1 & 79579-2 -- Edité par La Férarock & Mélodie en France en 1994
Support : CD 12 cm
18 titres

C'est le seul disque pour lequel j'ai jamais signé avec un contrat avec une maison de disques !!! Oh, ce n'était pas un contrat d'artiste pour moi, juste un contrat de licence au titre de la Férarock avec Mélodie pour fabriquer et distribuer cette compilation dont l'objectif était de faire du bruit contre le projet de créer des quotas idiots de diffusion de titres en français sur les radios musicales.
Ces quotas idiots, qui obligent censément les radios à demander aux artistes une attestation de nationalité française et à comptabiliser au % prêt la diffusion de titres francophones, sont toujours en application. Cette compilation n'a donc pas complètement atteint son but...
On s'était réparti le travail entre les radios pour ce disque. Sol s'était occupé de la mastérisation, Dio de la pochette et moi pour la Primitive j'ai notamment mis en page le livret sur mon Mac Plus avec son écran noir et blanc riquiqui. Le plus drôle dans l'histoire, c'est que je n'ai même pas en ma possession un des exemplaires collectors de ce disque, ceux avec la pochette originale (en noir et blanc ci-dessus), qui a été retirée après fabrication de quelques exemplaires et avant mise en vente parce que quelqu'un chez Mélodie s'est rendu compte au dernier moment qu'on avait repiqué une photo connue du film "Vol au-dessus d'un nid de coucou" avec Jack Nicholson ! Radio Dio s'est donc occupé vite fait et plutôt avantageusement de remplacer la photo originale, et notre présidente Françoise Duval a réussi à sauvegarder quelques exemplaires du disque avec sa pochette originale. Chaque radio en a eu un, mais je n'ai pas eu l'occasion de mettre la main sur celui destiné à la Primitive !
Du point de vue musical, et avec plus de dix ans de recul, cette compilation est assez inégale, comme tous les projets de ce genre. Chaque radio a demandé à un groupe de sa région d'enregistrer un titre pour l'occasion. La tête d'affiche était bien sûr Billy-ze-Kick et les Gamins en Folie, qui ont enregistré une version électrique de leur "Radio k sur" avec un autre groupe rennais, les Skippies (Ce titre est d'ailleurs probablement le seul du disque actuellement disponible à la vente, sur l'album "Premiers titres" de Billy-ze-Kick). Ils étaient alors au faîte de leur gloire, et proches de la Férarock depuis longtemps. A part celui-ci, mes titres préférés sont les mêmes qu'à l'époque, ceux de Santiago Stereo, Jungle Beanz & DJ DNA et Bly, ainsi que le groupe sélectionné par La Radio Primitive, les Sales Sons, de Troyes. Leur son est synthétique, et Clouzot chante excellement. Avec un titre paru sur une compilation de Découvertes du Printemps de Bourges, ce "Radio du village" est une de leurs rares chansons à avoir été largement diffusée.

05 mai 2006

BRIAN BRAIN : Culture


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 12 SHH 109 -- Edité par Secret en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Fun people -- Working in a farmyard in a white suit -/- At home he's a tourist -- Careering

Brian Brain, c'était le groupe de Martyn Atkins, qui a surtout fonctionné entre les deux des "contrats" qu'Atkins a effectués comme batteur de la société Public Image Limited. Il a refait un 45 tours sous ce nom après son dernier séjour chez PIL avant de fonder Pigface.
De ce que je connais de cette discographie assez longue pour un groupe très mineur, ce disque est mon préféré.
Je l'ai acheté pour la connexion avec PIL, mais aussi pour les deux reprises de la face B. Ce n'était pas trop surprenant de le voir reprendre un titre de PIL, "Careering", même si ce n'est pas lui qui joue sur la version studio (Jah Wobble avait lui aussi utilisé des musiques de PIL sur son album "The legend lives on..." quelques mois plus tôt, et Atkins joue d'ailleurs sur deux titres de cet album). C'était par contre un peu plus surprenant de le voir reprendre un autre titre de 1979, le second single de Gang of Four (J'imagine que ça fait de Brian Brain le premier groupe à avroir repris Go4 !). Les deux versions ne sont pas mauvaises, elles sont surtout plutôt banales, assez proches des originales. "Careering" est quand même plus intéressante, pour la batterie justement.
Les deux titres de la face A sont peut-être les deux meilleures faces de singles originales de Brian Brain. Ça n'en fait pas des chefs d'oeuvre pour autant : ça manque d'originalité, et il n'y a rien de génial. Mais on a entendu bien pire sur des disques avec beaucoup plus de budget, beaucoup de promotion, et même beaucoup de ventes ! J'ai un petit faible pour "Working in a farmyard in a white suit", le titre est rigolo, et chanté de façon moqueuse avec force répétitions.
Brian Brain est sûrement mon groupe préféré chez Secret Records : j'ai appris aujourd'hui que ce label était surtout spécialisé dans le Oï et le skinhead !

04 mai 2006

THE (HYPOTHETICAL) PROPHETS : Person to person


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en 1984
Réf : A3257 -- Edité par Epic en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Person to person -/- On the edge

J'avais lu un petit article dans les news de Rock & Folk ou Best qui présentait les Prophets. Enfin, qui parlait de ce groupe composé de deux personnes qui souhaitaient conserver l'anonymat, dont l'une était un français assez connu (Maintenant, ils ne se cachent plus, et on sait que Joseph Weil et Norman D. Landing étaient en fait Bernard Szajner et Karel Beer). Du coup, à chaque fois que je suis tombé sur un de leurs disques dans les bacs d'occasion ou de soldes, je l'ai pris. Ils ont sorti deux maxis et leur unique album ("Around the world with the (hypothetical) Prophets") sur leur propre label, avant de signer chez Epic, qui a réédité l'album et en a extrait deux 45 tours, celui-ci (qui existe aussi en maxi) et "Fast food", que je ne vois listé nulle part dans leur discographie, mais que j'ai bien (deux versions de "Fast food" ; mon exemplaire est cassé, et sans pochette !).
Avec la présence de Bernard Szajner, il est évident que la tonalité musicale des Prophets est électronique. "Person to person" a toujours été ma chanson préférée du groupe. Il y a une basse synthétique, une boite à rythmes discrète, sur un tempo moyen, mais ce sont les vocaux qui tiennent toute la chanson (les Prophets sont ici renforcés par une chanteuse créditée sous le nom de "Caroline no"). Les "Person to person" sont les petites annonces de rencontres des journaux. Dans l'esprit, les paroles et le débit du chant me font beaucoup penser à "Top ten sexes" de Lewis Furey. Sinon, la musique et le côté détaché des vocaux peuvent aussi faire penser aux Flying Lizards.
En préparant cette rubrique, je suis tombé sur des références à des choeurs "à la Beach Boys" pour "Person to person". A part le "Featuring Caroline No" ça me paraissait un peu tiré par les cheveux, mais non. Je n'avais jamais fait attention, mais il y a bien des choeurs dans la chanson qu'on jurerait être chantés par les Beach Boys, à tel point que j'ai plus l'impression d'entendre un sample avant l'heure qu'une performance vocale "à la manière" des Beach Boys !
La face B, "On the edge", est un autre extrait de l'album.
Aujourd'hui, Bernard Szajner a de nombreux projets musicaux. Quant à Karel Beer, il programme des concerts et des expositions à l'Hôtel du Nord à Paris.
"Person to person", "Wallenberg" et un titre de Bernard Szajner sont actuellement disponibles sur la compilation "So young but so cold" éditée par Tiger Sushi en 2004.

03 mai 2006

ANDRE VERCHUREN : T'es balancée comme une reine


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne vers 2000
Réf : FY 45 - 2169 S -- Edité par Festival en France en 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : T'es balancée comme une reine -- Accordéon musette -/- Mustapha -- La valse à mille temps

Si je compte bien dans la discographie complète publiée sur l'excellent site entièrement consacré à André Verchuren, il s'agit du 80ème 45 tours du célèbre accordéoniste, c'est vous dire sa productivité dès les années 50. Mon exemplaire a appartenu précédemment à Mademoiselle Annick Charlemagne.

C'est bien sûr avant tout pour la pochette que j'ai choisi ce disque. Cette dame blonde, façon Bardot, nue, ses appâts protégés de nos regards uniquement par une tôle ondulée en plastique (une tôle ondulée en plastique !!) et des 45 tours de l'étiquette Festival en vinyl rouge ! Et puis il y a aussi cette petite photo de Verchuren lui-même, dans une posture de rocker impressionnante : on croirait voir Vince Taylor armé d'un accordéon !!

J'avais aussi noté la présence d'une version de "Mustapha" sur ce disque, et je sais par expérience que les interprétations de "Mustapha", comme celles de "Histoire d'un amour", sont rarement complètement mauvaises. Et celle-ci n'est effectivement pas mal, avec des chœurs qui chantent "Chérie je t'aime, chérie je t'adore", d'autant plus que, comme c'était encore le cas pour ce type d'orchestres au début des années 1960, l'instrumentation est acoustique et de bonne qualité, avec contrebasse, guitare et cuivres.

"Accordéon musette" et "La valse à mille temps" sont très bien aussi, mais au bout du compte, c'est le titre principal "T'es balancée comme une reine" qui est le plus marquant. Un titre "fox medium" en trois temps, avec deux parties instrumentales assez classiques pour le musette, qui encadrent une partie chantée par André Verchuren lui-même (et si je lis bien les crédits, les paroles sont aussi d'André Verchuren sur une musique de René Dénoncin) : "On s'est connus tout mômes dans le quartier, on a joué ensemble à chat perché, mais maintenant tu as seize ans passés, c'est incensé c'que t'as changé ! T'es balancée comme une reine, t'es découpée comme au tour, on dirait quand tu t'promènes que le printemps est de retour. J'n'ai jamais eu les poches pleines, mais si ça vient un beau jour, j'suis prêt à jouer les mécènes pour ta p'tite gueule d'amour."

Un classique de saison, puisqu'il semble ces jours-ci que le printemps est de retour !

02 mai 2006

BILLY ZE KICK ET LES GAMINS EN FOLIE



Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1993
Réf : [sans] -- Edité par Les Productions du Fer en France en 1993
Support : 2 x CD 12 cm
16 + 4 titres

En février 1991, l'occasion des Etats du Rock à Montpellier, nous nous sommes réunis à quelques responsables de six radios associatives rock françaises, dans le but de créer une fédération pour s'unir et se soutenir. Après une intense séance de brain-storming, nous avons décidé de baptiser cette nouvelle association "Férarock". Inutile de dire que le concert qui a suivi au Rockstore avec Little Nemo, Mary Goes Round et Asylum Party n'a pas été pour moi l'événement marquant de la soirée...

Après quelques réunions au printemps, pendant l'été et à l'automne, il a été décidé de profiter des Transmusicales de Rennes pour organiser le 7 décembre 1991 une conférence de presse afin de faire connaître notre jeune fédération à nos partenaires et à la presse spécialisée.
Nos amis de Canal B, la radio rennaise de la Férarock, nous ont organisé tout ça aux petits oignons. Ils ont réservé un bar, L'Inconnu, et organisé la prestation d'un groupe local pour l'occasion (pas de conférence rock sans musique !).
Ce groupe, vous l'avez deviné, c'était Les Gamins en Folie, chorale amateur et improvisée qui ont ouvert comme ils en avaient pris l'habitude depuis quelques temps pour Billy-ze-Kick. Comme ça a souvent été le cas pour ces conférences, je ne suis pas sûr que beaucoup de nos partenaires aient fait le déplacement, mais ce n'est pas grave, j'ai passé un très bon moment, j'ai été conquis, et inutile de dire que le concert qui a suivi dans la salle de sports qui ne s'appelait pas encore Le Liberté, avec notamment James et Nirvana, n'a pas été pour moi l'événement marquant de la soirée...!

J'ai revu le groupe en concert quelques mois plus tard au Printemps de Bourges, mais malheureusement, alors que j'étais à nouveau présent aux Trans en 1993, mon emploi du temps ne m'a pas permis d'assister à l'une des représentations de "Killer's trip", la comédie musicale de Billy-ze-Kick et des Gamins en Folie, mais entre-temps je m'étais procuré leur album.

L'histoire de la première édition de cet album, et de la seconde, la plus courante, est racontée en détails sur le site du groupe, mais ils ont juste oublié de préciser que certains exemplaires de la première édition ont été vendus cellophanés avec un mini-cd gratuit. Ce CD reprend les deux versions du "Chant du psylo" qui ont été largement diffusées par la suite sous le titre "Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!" (l'originale et le raggamix), plus deux autres extraits de l'album ("Jean-Mich Much" et "O.C.B."). Il ne contient donc pas de raretés, mais il est intéressant pour sa belle pochette sérigraphiée sur du papier Canson.

L'album lui-même présente les chansons dans toute leur gloire samplée qui ne se cache pas (les disques samplés sont en photo au dos de la pochette), alors que, sur la deuxième édition, des samples ont été enlevés sur trois chansons.
Après plus de dix ans, ce disque a très bien vieilli. Les neuf titres des Gamins en Folie me font toujours danser et rigoler sans coup férir, et les sept qui suivent, la BO de "Killer's trip", ne déparent pas, avec de grands moments comme "La chanson de M", "Le killer et l'encraoudeur", "Elémentaire" ou "La chanson du sphinx".
Contrairement à ce que beaucoup doivent penser, plutôt qu'une grosse rigolade autour des joints et des champignons, ce disque dans son ensemble est avant tout un concept-album construit autour des séances de jeux de rôles qui ont souvent dû les rassembler. Mais c'est aussi bien sûr un disque gai et entraînant qui ne se prend pas au sérieux !

En 1994, Billy-ze-Kick et les Gamins en Folie ont à nouveau soutenu la Férarock. Aujourd'hui, ils annoncent sur leur site la parution prochaine d'un nouvel album.



Ajout du 2 février 2008 :
En triant mes archives, je suis tombé sur quelque chose que j'avais complètement oublié : un livret de chansons photocopié que Les Gamins en Folie avaient mis à la disposition du public lors du concert de décembre 1991 à Rennes pour que nous puissions participer à la bonne humeur ambiante !
Il y a des conseils et des commentaires à toutes les pages, et le premier titre est un inédit (qui a dû le rester depuis je pense), "La loco ça motive".


Dernière et première page du livret de chansons des Gamins en Folie, 1991.

01 mai 2006

STEVE WESTFIELD : Mangled


Acquis au Cash Converters de la rue Beaubourg à Paris en 1999
Réf : BS-20102 -- Edité par Bib aux Etats-Unis en 1994
Support : CD 12 cm
15 titres

J'ai raté plusieurs rendez-vous avec Steve Westfield. Déjà, quand j'ai acheté en solde les disques de son groupe Pajama Slave Dancers, je ne les ai pas aimés, et je les ai refilés à mon ami Phil S., qui lui les appréciait.
Ensuite, on a reçu à la Radio Primitive son deuxième album solo, "Reject me first", que j'ai bien aimé et beaucoup progammé. Mais je ne l'ai pas acheté tout de suite. Il a fallu attendre 1997-1998, quand j'ai commencé à commander des disques chez Glitterhouse, pour que j'acquière sa discographie, complétée par celui-ci, le tout premier, qui m'a tendu les bras un jour, posé de façon incongrue en présentation sur une table d'un Cash Converters.
Entre-temps, je suis passé à côté des nombreuses tournées européennes qu'il a faites avec son Slow Band, y compris la toute dernière en 2000.
Depuis cette date, Steve Westfield semble avoir fortement ralenti ses activités musicales. Son site officiel fait état de concerts isolés en 2001 et 2004, et c'est tout. Le groupe est officiellement en retraite depuis juin 2005.
Il nous reste les quatre albums et demi parus de 1994 à 1998, parmi lesquels "Mangled" est un des meilleurs, même si malheureusement il est plus souvent cité pour ses copains invités prestigieux (Lou Barlow, Joey Santiago) que pour sa très bonne qualité intrinsèque.
Le style général pourrait être qualifié d'Americana avant la mode ou faire penser à un Johnny Dowd avant qu'il ne soit connu autrement que comme déménageur (et qui chanterait mieux !). Mais ce qui compte ce sont les chansons. Ma préférée est "Memory lapse blues" ("When I woke up this morning, the heartache started again"), mais j'ai aussi beaucoup aimé "Free and lonely", "Missing" ("Our old bed it used to squeak, now it don't make a sound, and I don't think you're missing me when you ain't around"), "Alone at last" et "Mangled". Et même si je n'aime pas tout, l'ensemble fait un album qu'il est conseillé de traquer, par exemple en s'adressant directement à Bib Records.