15 juin 2013

DENNIS BROWN : Money in my pocket


Acquis chez Carrefour à Châlons-sur-Marne en 1979
Réf : 20 147 -- Edité par Atlantic en France en 1979
Support : 45 tours 30 cm
Titres : DENNIS BROWN : Money in my pocket / [PRINCE MOHAMMID : Cool runnings] -/- JOE GIBBS AND THE PROFESSIONALS : Runnings irie

Si le CD de Burning Spear est l'un des tous derniers disques de reggae que j'ai achetés, ce maxi-45 tours de Dennis Brown doit être l'un des tous premiers, peut-être bien le deuxième, après Is this love de Bob Marley.
J'ai entendu cette chanson pour la première fois pendant l'été 1979 alors que je participais pour la première fois à un chantier de fouilles archéologiques sur le camp militaire de Suippes. Soit le titre passait en radio, soit François B. ou Daniel C. l'avaient sur l'une de leurs cassettes. Toujours est-il qu'il m'a suffisamment marqué pour que j'achète quelques mois plus tard ce maxi, vendu neuf par Carrefour à un prix défiant toute concurrence, 21,80 francs.
La pochette générique est très moche mais on note que le logo Atlantic s'insère plutôt bien, tout simplement je pense parce que ce sont ses teintes qui ont été sélectionnées pour évoquer le rouge, or et vert des rastas sur la pochette.
Si ce disque a bénéficié d'une large distribution qui lui a permis d'arriver jusqu'au fin fond de la Marne, c'est parce que Money in my pocket a été un gros tube en Angleterre au début de l'année 1979. Brown a même eu droit à la couverture du NME.
Je ne le savais pas à l'époque, mais ce disque est aussi le premier discomix que j'ai acheté. Il s'agit de ces maxis jamaïcains associant une chanson, sa version toastée par un D.J. et sa version instrumentale. Le Keep on knocking de Jacob Miller en est un bon exemple, en pressage original qui plus est. Pour certaines  éditions européennes de Money in my pocket, une partie de l'information s'est perdue pendant la traversée de l'Atlantique : la face A ne mentionne que Dennis Brown alors que dans l'édition originale Prince Mohammid est bien crédité pour sa version deejay intitulée Cool runnings.
Je ne savais décidément pas grand chose à l'époque puisque que ce n'est que des années plus tard que j'ai appris qu'il s'agissait en fait de la deuxième version de Money in my pocket. La première version, Brown l'avait enregistrée en 1972, à quinze ans (!), avec le même producteur, Joe Gibbs. Une version toastée intitulée A so we stay a aussi été publiée à l'époque, par un grand nom, Big Youth (les deux sont enchaînées sur la compilation Joe Gibbs scorchers from the early years (1967-72) de 2009).
Cette première version de Money in my pocket a déjà été un gros succès et à la limite Joe Gibbs aurait presque pu se contenter d'une simple réédition car les deux versions sont au bout du compte sont assez proches. Ce qui les différencie n'est pas tant à chercher dans l'interprétation de Dennis Brown que dans l'accompagnement. Là où la version de 1972 conserve un groove léger typique du reggae roots, la version longue de 1979 a un rythme implacable, un vrai rouleau compresseur (c'est encore accentué dans la partie toastée et sur la version instrumentale) : tempo accéléré, attaque des percussions, skank à la rythmique presque agressif... On pourrait presque parler de reggae post-punk. C'est en tout cas un style qui influencera un groupe comme Capital Letters.

Ça fait largement plus de trente ans que j'ai ce disque, mais il fait partie de ceux que 'écoute toujours avec autant de plaisir... Dennis Brown, lui, est mort en 1999 à guère plus de quarante ans.


Dennis Brown, Money in my pocket, à Top of the Pops en 1979.

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