14 juin 2013

BURNING SPEAR : Live in Paris (Zénith)


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 18 mai 2013
Réf : CDE 162 -- Edité par Indesit en France vers la fin des années 1980
Support : CD 12 cm
7 titres

Je ne trouve quasiment plus de disques vinyls chez Emmaüs à Tours-sur-Marne : le stock a été divisé par dix par rapport à il y a deux-trois ans, il ne se renouvelle quasiment pas et les prix ont augmenté. Par contre, lors de mes dernières visites, je me suis mis à y trouver ponctuellement des CD intéressants, à un prix correct (1 ou 2 €).
Pour celui-ci, l'horrible pochette aux couleurs de la marque d'électroménager italienne Indesit ne m'a pas empêché de prendre le disque en mains pour essayer de comprendre à quoi j'avais affaire.
Premier étonnement : je me suis rendu compte que ce disque visiblement promotionnel était un enregistrement en concert de Burning Spear ! J'imagine qu'il a été offert en cadeau à des acheteurs des lave-vaisselle, machines à laver, réfrigérateurs-congélateurs ou cuisinières dont il est question dans le livret intérieur. A moins qu'il ait été distribué au sein du réseau commercial de la marque. En tout cas, c'est incompréhensible. Quel rapport entre les produits d'Indesit et le reggae ? Et quel intérêt d'utiliser la musique de Burning Spear pour une opération de promotion auprès d'un public qui a toutes les chances de ne pas le connaître ? Chez les ménagères et dans leurs familles, chez les professionnels de l'électroménager, on connait sûrement Bob Marley, mais Burning Spear ? C'est une grande figure du reggae, connu de tous les amateurs du genre, mais en-dehors de ce cercle ? La seule explication qui me vient naturellement, c'est que ça devait pas mal fumer dans les réunions de créatifs chez Indesit il y a vingt-cinq ans, et pas seulement du tabac...
D'ailleurs, l'opération n'a sûrement pas été d'une grande ampleur, ou alors elle a été un fiasco. C'est le deuxième étonnement, une fois rentré à la maison, quand je me suis rendu compte que, comme pour le Shlomo Dahiani et comme pour l'Emile Lambert, je ne trouvais aucune mention en ligne de ce disque.
Cette édition spéciale vient allonger l'historique déjà pas si simple de l'édition de l'enregistrement de ce concert du 21 mai 1988 au Zénith de Paris. L'originale chez Blue Moon était disponible au choix en double CD 16 titres ou en double 33 tours 14 titres. Le concert a été également édité en cassette vidéo à cette époque. Les éditions en vinyl anglaise et américaines de 1988 sont équivalentes à l'originale française, mais le CD américain ches Slash est simple et ne compte que 13 titres. Par contre, la réédition américaine de 2004, chez Burning Music, le label de Winston Rodney, est présentée comme une version intégrale et, effectivement, c'est un double CD qui tient le record avec 17 titres. Quant à mon édition Indesit sous licence Blue Moon, c'est un simple CD qui ne compte que 7 titres, qui correspond en fait au premier des deux CD de l'édition originale.
Et la musique ? Ah oui, je parle popote et j'en oublierai presque la musique. Eh bien, c'est exactement ce qu'on est en droit d'attendre d'un enregistrement en concert dans une salle de ce type. Le son est bon, les musiciens aussi, c'est du reggae roots de qualité, classique et sans surprise. Sans que ça parte dans le dub, ce sont les quelques excursions vers des versions instrumentales qui me font un peu dresser l'oreille. Quant à Winston Rodney, il est cool au point d'être presque indolent. Son "Hip hip hooray" au bout des deux minutes de la bonne introduction instrumentale de Happy day m'a rappelé The Beat, sauf qu'il est tellement mou de la chique qu'on a envie de monter sur scène lui imposer un fortifiant. Mais bon, tout ça reste agréable, et surtout, si quelqu'un a des informations sur cette curiosité, je suis preneur !




Le film du concert, édité en vidéo à l'époque.

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