08 juin 2013

SHLOMO DAHIANI : Yemenit songs


Acquis chez All Aboard à Londres le 26 avril 2013
Réf : L.P. 234 -- Edité par Makolit en Israël probablement dans les années 1950
Support : 33 tours 25 cm
7 titres

Je vais très vite arrêter de vous ennuyer avec les comptages mais, après avoir marqué la publication du millième billet de Blogonzeureux!, il était assez logique que je me tourne vers l'Orient pour vous conter mon mille et unième disque !

Le jour où j'ai acheté le Chills, j'ai été agréablement surpris de trouver dans plusieurs boutiques de charité autour de St John's Wood/Swiss Cottage, un quartier très proche du centre de Londres, des disques intéressants, en très bon état et à un prix très abordable.
Ce 25 cm, datant visiblement des années 1950 mais parfaitement conservé, je l'ai repéré par sa pochette assez marquante et je l'ai choisi à cause du titre en anglais, Yemenit songs.
Pour moi comme pour beaucoup de fans de musique occidentaux, Yemenite songs c'est avant tout un album de 1984 de la chanteuse israëlienne Ofra Haza, rendu célèbre par la chanson Im nin' alu, samplée par Eric B. & Rakim et M|A|R|R|S et elle-même, une fois remixée, devenue un tube en 1988.
Là, je me doutais bien qu'il s'agissait de chansons traditionnelles yéménites, mais difficile d'aller plus loin pour deux raisons. D'abord parce qu'il se trouve qu'un défaut d'imprimerie fait que le dos imprimé de ma pochette se trouve à l'intérieur plutôt qu'à l'extérieur : pas trop pratique pour le consulter. Je n'ai pas voulu abimer complètement la pochette en tentant de la décoller, d'autant que, c'est la deuxième raison, hormis "Yemenit songs", aucune mention n'est écrite en alphabet latin.
Je me suis rendu compte par moi-même que les inscriptions n'étaient pas en arabe, comme je m'y serais attendu, mais en hébreu. Un petit tour sur le grand livre d'histoire coopératif m'a donné des informations sur la communauté juive du Yemen, et notamment sur l'Opération Tapis Volant qui, en 1949 et 1950, a organisé le transport de la quasi-totalité de cette communauté vers Israël. Dès lors, on ne s'étonne pas qu'un disque rassemblant (probablement) des chansons juives yéménites ait été édité en Israël dans les années qui ont suivi. La famille d'Ofra Haza était aussi originaire du Yemen et elle avait choisi dans son album d'interpréter des chansons entendues dans son enfance.
J'en étais à ce point, et impossible d'aller plus loin sans parvenir à identifier au moins l'interprète du disque. Merci donc à Frédéric (et à Agnès, qui nous a mis en contact), qui a entrepris de traduire les inscriptions de la pochette, une entreprise encore compliquée par le fait qu'il ne s'agit pas d'hébreu moderne mais probablement d'hébreu yéménite.
C'est donc grâce à Frédéric que j'ai su que l'artiste de ce disque est Shlomo Dahiani (ou Dachiani, ou d'autres variations suivant les variations de translittération) et que le titre général du disque en hébreu est en fait Retour aux sources.
Muni de cette information, j'ai cherché à en savoir plus sur Shlomo Dahiani. Je n'ai rien trouvé sur sa biographie et son parcours (en tout cas pas en anglais ou en français). Tout ce que que j'ai trouvé, c'est la trace de plusieurs 78 tours qu'il a publiés (quelques étiquettes sont reproduites ci-dessous), ce qui montre qu'il a pas mal enregistré, un fait confirmé par l'existence d'une série de cinq CD, en vente sur Ebay, rassemblant des chants profanes et sacrés, y compris en Arabe, édités en 2001 par le Jewis Music Research Centre de The Hebrew University à Jerusalem. Malheureusement, je n'ai pas été capable de trouver sur leur site d'informations sur Shlomoe Dahiani ou sur ces CD.
Frédéric m'a également donné des informations sur le sens des titres du disque. Cela m'a permis d'en identifier au moins un de façon formelle, Ayelet shen (Gracieuse gazelle), l'un de mes préférés, dont on trouvait aussi une version sur l'album d'Ofra Haza. Les paroles sont adaptées d'un poème du 17e siècle du Rabbin Shalom Shabazi, comme la plupart de celles du disque d'Haza, et sûrement de celui-ci.
Au dos de la pochette, Shlomo Dahiani est photographié avec un oud, mais, sauf erreur de ma part, on n'entend aucun instrument à cordes sur ce disque, juste la voix de Shlomo accompagnée de percussions traditionnelles yéménites. Vous pourrez en juger par vous même avec les trois extraits ci-dessous, mais on n'est pas loin dans l'esprit de mon disque égyptien de Farouk Salama. Plus près de nous, et hors musique traditionnelle, je pense aussi en écoutant ce disque chant/percussions aux titres vaguement orientalisants de cet OVNI qu'est l'album Flowers of romance de PIL.
Toute information complémentaire sur Shlomo Dahiani et les chansons de ce disque est la bienvenue !



 
Les titres 3 (Ayelet shen), 6 et 7 de mon disque.    

 
Le rond central de mon disque, ainsi que le dos de pochette, malheureusement imprimé à l'intérieur !

 
Quelques étiquettes de 78 tours de Shlomo Dahiani glanées sur des sites de vente en ligne.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ouahh! à l'écoute du morceau "Ayelet shen" abstraction faite des percussions ça pourrait être une tournerie de chant breton. C'est ce qui est incroyable qd on écoute des musiques trad du monde entier,on retrouve des analogies avec des musiques d'autres continents. Superbe quête paul.

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