20 mai 2012

DAVID TERRY : The mole and the flower


Acquis sur le vide-grenier de Matougues le 13 mai 2012
Réf : SG 58 -- Edité par Disc'AZ en France vers 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The mole and the flower -/- Thinking of you

J'aurais très bien pu laisser ce disque dans la caisse des 45 tours à 10 centimes de Matougues : nom inconnu, pochette quelconque, et en plus c'était l'un des rares à ne pas être en parfait état (le haut de la pochette avait été recollé avec du scotch tellement vieux et jauni qu'il est tombé quand j'ai sorti le disque).
Mais voilà, il y avait en haut à gauche de la pochette cet argument de vente imparable, "N°1 du "top-box" au Kenya", qui m'a irrésistiblement convaincu ! Je crois bien que c'est le slogan le plus surréaliste que j'ai rencontré depuis la mention "Free-jazz ou slow de l'hiver ?" trouvée sur un autocollant apposé sur la pochette d'un 45 tours de Pharoah Sanders !! Je m'aventure sûrement trop loin dans les conjectures, mais étant donné que l'expression "top-box" n'est pas courante (on dirait un croisement entre le "top" des charts et "Cash box"), je me demande si de petits rigolos employés par Disc'AZ n'auraient pas fait un jeu de mots avec "top" et la taupe du titre anglais et du dessin de pochette...
Il se trouve que, avant même de l'écouter, j'ai eu l'occasion de chercher en ligne des informations sur ce disque. Et là, je me suis dit que j'étais tombé sur une curiosité recherchée, datant de 1968 ou même 1967. Il faut relativiser car les seules informations que j'ai trouvées sont celles de vendeurs qui ont mis des exemplaires aux enchères (vendus 57 $, 56 $, 43 $ ou encore 42 $ cette semaine pour un exemplaire du pressage belge chez Decca, la seule autre édition répertoriée), mais il est à chaque fois question de psychédélisme, de LSD, de Syd Barrett et du Pink Floyd de 1967.
A l'écoute, The mole and the flower ("Major and minor, sweet and sour. I am a mole and you are a flower") ne se révèle pas aussi barré ni enthousiasmant que ces commentaires le laissent entendre. Il y a un motif à la guitare et des percussions, visiblement au moins deux chanteurs (dont un qui intervient avec une grosse voix au début et à la fin) et des effets vocaux en contrepoint. Ce qui se rapprocherait le plus du psychédélisme, c'est le pont avec flûte, guitare acoustique et choeurs.
Attention, je trouve cette chanson très sympathique et je suis content d'être tombé sur cette curiosité. Je trouve juste que ce n'est pas un chef d'oeuvre méconnu et qu'on est plus près de la pop-variété matinée de l'air du temps de 1967 que de l'équivalent d'un inédit de Pink Floyd ou Soft Machine. En fait, je pense qu'on a plus à faire ici à des gens proches de la variété s'essayant à composer un titre à la manière de The Move qu'à des jeunes inconnus à cheveux longs et chemise à fleurs gavés de LSD. Je me demande, surtout avec le ton de cette voix grave en intro et à la fin du morceau, s'il n'y aurait pas dans The mole and the flower une bonne dose de satire de cette scène psychédélique anglaise.
Un sentiment qui est renforcé par l'écoute de la face B, Thinking of you. Ça démarre pas mal avec des bongos et du piano, et il y a aussi une clarinette ou un saxophone et une deuxième voix, mais le chanteur principal est ici celui à la voix grave et il s'exprime avec emphase dans un style plutôt variétés. Si on doit penser à quelqu'un à l'écoute de ce titre, c'est à Tom Jones, et surtout pas à Syd Barrett ou Kevin Ayers !


La pochette de l'édition belge du disque, la seule autre édition répertoriée, sans mention de succès au Kenya !

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