30 janvier 2016

YESTERDAY'S CHILDREN : To be or not to be


Offert par Philippe R. à Mareuil sur Ay le 29 janvier 2016
Réf : EP 1101 -- Édité par Disc' AZ en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : To be or not to be -- Love and things -/- Baby, I want you -- Dance all night

L'automne dernier, Philippe s'est rendu chez un passionné de musique nantais en vue de lui acheter un instrument de musique. Au moment de repartir, il a eu un flash et lui a demandé s'il n'aurait pas par hasard des disques à vendre. "Certainement", lui a-t-il été répondu, "mais il faudrait qu'on fasse le tri. Il y a juste une pile dans la chambre, jetez-y un oeil si vous voulez.". Ainsi fut fait, et le Philou repartit avec une pile d'une vingtaine de disques sous le bras, en parfait état et principalement des années 1960, acquis à un prix tout à fait correct.
Celui-ci, de Yesterday's Children, figurait dans le lot, et il m'en a gentiment fait cadeau. Il s'agit du seul disque français d'un groupe garage du Connecticut, version allongée à quatre titres de leur premier 45 tours, sorti aux Etats-Unis fin 1966 sur le label Parrot. Comme il contient des titres exclusifs, qu'il est d'une bonne époque, qu'il est obscur et a donc dû être tiré à peu d'exemplaires, il s'avère que cet EP français est très recherché et se vend généralement plus de 100 euros. La pochette est très réussie, avec la photo du groupe placée sur un calendrier et présentée façon carte à jouer.
C'est surtout cette rareté du disque qui fait son intérêt car, musicalement, ce qu'on entend sur le disque est assez générique : on est loin du chef d’œuvre inconnu ou même des titres un peu surprenants qu'on peut entendre sur d'autres EP de 1967 que j'ai chroniqués, comme ceux de Loulou et Gilbert Safrani. En tout cas, ce disque pop-garage légèrement teinté de psyché aurait eu parfaitement sa place dans la galerie de pochettes de Pascal Comelade qu'est son Avis aux inventeurs d'épaves.
C'est l'intro de To be or not to be, avec la guitare évoquant le son d'un sitar et rappelant furieusement Paint it, black, qui permet d'évoquer une touche de psychédélisme. C'est de loin la meilleure chanson du lot, avec des chœurs bien travaillés et une guitare saturée qui sonne presque comme un cuivre bien grave. 
Baby, I want you, la face B du 45 tours américain démarre très bizarrement avec un riff de guitare qui me rappelle His latest flame passé en accéléré, tout comme la batterie (ça ne s'entend pas aussi clairement sur YouTube). La suite est très sage, dans la lignée des Beatles pop de la première période. Dance all night, le seul titre que je n'ai pas trouvé en ligne, est plus ou moins dans la même veine et n'est pas mal du tout dans le style. Love and things est assez ordinaire, avec un chant pas exceptionnel et vaut surtout pour la très courte partie de solos de guitare.
C'est dans le tome 3 du livre Hard Rock et Heavy Metal : 40 années de purgatoire de Thierry Aznar que j'ai trouvé la présentation en français la plus complète du parcours de Yesterday's Children. Comme moi, il a noté que le seul endroit où les quatre titres de cet EP ont été réédités, ainsi que deux inédits et leur unique album de 1969, c'est en 1995 sur le double-CD The history of Connecticut garage bands in the 60's volume 1. Ce CD est épuisé et lui aussi très recherché. Il nous avertit aussi qu'un autre groupe portant le même nom a sorti au même moment un single avec notamment Wanna be with you, dans la lignée de Them.
S'il chronique le groupe, c'est surtout parce que au moment d'enregistrer l'album le son du groupe avait évolué, et leur disque est désormais considéré comme un trésor caché du hard-rock embryonnaire de la fin des années 1960. Il a, lui, bénéficié de plusieurs rééditions.

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