28 septembre 2013

NANA MOUSKOURI : C'est bon la vie


Offert par Sabine et Jean-Jacques à Saint-Memmie le 22 septembre 2013
Réf : 460 209 ME -- Edité par Fontana en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : C'est bon la vie (59th Street bridge song - Feeling groovy) -- Qu'il fait beau ! Quel soleil ! -/- Adieu Angelina (Farewell Angelina) -- Le toit de ma maison (Green green grass of home)

Régulièrement, des proches font les brocantes pour moi et m'offrent des lots de disques "anciens" susceptibles (ou non) de m'intéresser. Ça ne peut que me réjouir ! Parmi ceux qu'on m'a offerts dimanche dernier, ce 45 tours de Nana Mouskouri a tout de suite attiré mon attention. Pourquoi ? Parce que ce disque, avec Le temps des cerises, un autre extrait de l'album Le jour où la colombe..., faisait partie de la discothèque familiale au tout début des années 1970, et donc la pochette a tout de suite fait remonté des souvenirs.
Il me semble que, des quatre titres, c'est Adieu Angelina qui était la préférée de la famille. Je ne suis pas absolument certain que, si on m'avait questionné à froid, j'aurais immédiatement répondu que Bob Dylan est l'auteur de cette chanson, mais après avoir retourné la pochette pour y trouver cette information, j'ai réfléchi et j'en suis venu à la conclusion que, puisque nous n'avions pas Ecoute dans le vent de Richard Anthony à la maison à l'époque, ni Aufray chante Dylan et encore moins des disques de Dylan lui-même, c'est nécessairement avec cette interprétation de Farewell Angelina que j'ai fait mes débuts discographiques avec l'oeuvre révérée du Grand Bob.
Certes, il est l'auteur de la chanson, mais Adieu Angelina est plutôt une reprise de Joan Baez, qui l'a sortie et en a fait un succès en 1965, que de Dylan, dont le propre enregistrement n'a vu le jour officiellement qu'en 1991. Pour l'adaptation des paroles en français, Hugues Aufray et Pierre Delanoë sont restés dans ce cas précis assez fidèles au sens original, ce qui, avec le style "courant de conscience" du Dylan cuvée 1965, surprend dans la bouche de Nana Mouskouri. Un des couplets ("Regarde ces pirates dans la voie lactée qui tirent sur des boîtes avec un canon scié. Les voisins applaudissent poussent des cris de joie.") évoque presque du Tom Waits époque Swordfishtrombones / Rain dogs. De toute façon, je pense que, comme moi, 99 % des gens qui connaissent la chanson ne sont pas capables de citer de tête comme paroles que les deux mots du titre.
Pour moi, Nana Mouskouri n'était qu'un nom dans la grande liste de ceux qui ont repris Dylan en français, même s'il se trouve qu'elle en a fait plusieurs, mais en préparant ce billet, j'ai découvert que, par l'entremise de Leonard Cohen, qui la connait et l'apprécie, Bob Dylan a rencontré Nana Mouskouri à l'occasion d'un de ses concerts en 1979. Suite à ça, il lui a fait parvenir une démo d'une nouvelle chanson, Every grain of sand, que Nana a enregistrée quasiment au même moment que Dylan enregistrait sa propre version, parue sur Shot of love. Les deux sont régulièrement en contact depuis cette époque (et notons au passage que Giant Sand a aussi interprété Every grain of sand en 1990 sur l'album Swerve). 
Adieu Angelina a été un tube, mais ce n'est pas pour autant le titre principal du disque. Cet honneur échoit à C'est bon la vie, qui a également été un grand succès. Cette fois, il s'agit d'une reprise de 59th Bridge Street (Feelin' groovy) de Simon & Garfunkel. Là, il y a quand même comme un hic car, quand on voit Nana et qu'on l'entend chanter "Je suis libre comme l'air et prête à tout, la folie serait de ne pas faire de folies, vive la vie, que c'est bon la vie !", on a un peu de mal à y croire. Ce disque étant sorti en plein "été de l'amour" 1967, il faudrait qu'elle se décoince un peu. Certes, dans l'extrait télé ci-dessous elle a troqué le col roulé pour une tunique, mais elle est encore loin d'avoir tourné hippie ! Comme un pont sur l'eau trouble, qu'elle a aussi chanté, lui convient mieux. (Nana a aussi interprété ce titre en anglais).
Pour ces deux titres, Nana est accompagnée par son groupe habituel, Les Athéniens, à l'instrumentation assez sobre. Pour les deux autres, on a droit à Christian Chevallier et son Orchestre. Qu'il fait beau ! Quel soleil ! est carrément insupportable, aussi horrible que son titre. Ça va mieux pour Le toit de ma maison, une autre reprise, cette fois de Green green grass of home, popularisée par Porter Wagoner et surtout, en France en tout cas, par Joe Cocker. Au même moment, Dalida a aussi sorti sa version de cette chanson, adaptée par le même Jacques Chaumelle. Je préfère la version Mouskouri mais le titre de Dalida, Les grilles de ma maison, est mieux vu car, dans la chanson originale le narrateur rêve à sa maison alors qu'il est derrière les grilles d'une prison. D'un autre côté, comme toute référence à la prison a disparu de la version française, ça ne change pas grand chose. Et pour boucler la boucle, notons que Joan Baez a elle aussi interprété Green green grass of home, après Nana, en1969.

Nana Mouskouri a fait une tournée d'adieu en 2008. Ça ne l'empêche pas de repartir cet automne pour six mois de tournée mondiale.
En 1976, elle a interprété pour émission télé de Maritie et Gilbert Carpentier un medley de trois chansons de Dylan en duo avec Hugues Aufray, qui débute par une courte version d'Hello Angelina.



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