09 février 2013

ORIGINAL MIRRORS : Could this be heaven ?


Acquis probablement dans une FNAC à Paris en 1980
Réf : 6007 245 -- Edité par Mercury en France en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Could this be heaven ? -/- Night of the angels

Il semble vraiment que quelque chose de lugubre flottait dans l'air pendant les années new wave. Regardez le gars sur la pochette de ce 45 tours, on a l'impression qu'il est sur le point de se jeter dans le canal. Le titre de la chanson, c'est grosso modo, Ça pourrait être ça, le paradis ?. Avant même d'écouter le disque, on a l'impression de connaître la réponse négative. Et je note que ce 45 tours est sorti en 1979, soit avant même que Ian Curtis ait la mauvaise idée de se balancer au bout d'une corde dans sa cuisine en rythme sur du Iggy Pop.
Pourtant, cette pochette sinistre du tout premier disque d'Original Mirrors est en partie trompeuse. En effet, Could this be heaven est avant tout une chanson dansante, l'une de ces réussites d'hybride disco mutant que la new wave a pu produire. Un classique mineur du genre, un peu oublié de nos jours. Mais au-delà de cette pop entraînante, il ne faut peut-être pas trop creuser en déchiffrant les paroles, ce que je n'ai jamais cherché à faire, car ça risque vite de retomber dans le déprimant, vu que dès le début j'entends "You, me, I, we don't dance, we just cry"... Au niveau du son, on est vraiment typiquement dans la new wave, presque un cas d'école, pas loin de Way Of The West, genre Simple Minds dansant ou Cowboys International commercial.
En face B, Night of the angels est très bien aussi. Et là c'est très clair, on aurait pu trouver ce titre sur n'importe lequel des deux albums de 1979 de ces camélons de la new wave qu'étaient Simple Minds.
Ce 45 tours a été produit par Bill Nelson, ex-Be-Bop Deluxe, qui a aussi beaucoup produit les Skids dans ces moments-là. Par contre, pour l'album, paru quelques mois plus tard, les deux principaux membres du groupe, le chanteur Steve Allen et le guitariste Ian Broudie, étaient aux manettes avec Alan Winstanley (Stranglers, Madness et des dizaines d'etc.), sauf pour la version, simplement remixée, de Night of the angels, qui est celle du 45 tours. Could this be heaven a été réenregistrée pour l'occasion. Une version pas très différente, qui gomme un peu les tics disco, pas une catastrophe, sauf que la sauce est inutilement rallongée d'une minute par l'insertion d'une sorte de grand pont superflu.
Sinon, l'album dans son ensemble était de très bonne tenue, avec notamment le deuxième single, Boys cry, et une reprise de Reflections des Supremes.
J'ai dû découvrir Original Mirrors en écoutant Feedback de Bernard Lenoir. Je n'ai pas le courage d'aller vérifier dans la malle à  cassettes au grenier, mais je suis à peu près certain qu'un concert parisien du groupe a été diffusé en direct dans l'émission et que j'ai toujours l'enregistrement que j'en avais fait.
J'avais acheté l'album à sa sortie, et le 45 tours peu de temps avant ou après. Par contre, je ne me suis pas intéressé du tout au deuxième et dernier album, Heart twango and raw beat, quand il est sorti en 1981.
Les membres du groupe, ce n'est pas avec la pochette de ce 45 tours, ni même avec celle de l'édition française de l'album (uniquement la liste des titres sur la pochette, aucun crédit sauf sur le rond central : à mon avis, il y a une pochette intérieure qui n'a pas traversé la Manche...), qu'on risquait de faire leur connaissance. Celui qui est passé à la postérité, c'est Ian Broudie, ancien de Big In Japan, qui, dès 1980, produisait deux titres du premier Echo & the Bunnymen, et qui surtout a connu un très grand succès au début des années 1990 avec son projet Lightning Seeds.
Ce que je ne savais pas alors, et que je ne savais pas encore en 1991 quand je l'ai interviewé, c'est que le clavier d'Original Mirrors était Jonathan Perkins, qui a une discographie longue comme trois bras et qui est notamment l'un des membres fondateurs d'XTC.

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