27 janvier 2013

ELVIS COSTELLO : Sweet dreams


Acquis probablement chez New Rose à Paris en 1982
Réf : XX19 -- Edité par F-Beat en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Sweet dreams -/- Psycho

Le premier des deux concerts d'Elvis Costello auxquels j'ai assisté a eu lieu au Théâtre des Champs Elysées à Paris, le 10 janvier 1982, dans le cadre de la tournée qui a suivi son album country Almost blue. A Nashville, exactement une semaine plus tôt, Elvis et les Attractions, accompagnés à la pedal steel par John McFee, quasiment le 4e Atraction pour cet album, avaient joué 44 chansons ! A Londres trois jours plus tôt, ils avaient été rejoints par le Royal Philharmonic Orchestra pour la moitié des 29 titres joués (le single suivant, I'm your toy, a  été enregistré lors de ce concert).
A Paris, le billet annonçait des Guests et l'affiche précisait qu'il y aurait un quatuor à cordes, et on n'a rien vu de tout ça, sans aucune explication, John McFee étant lui aussi absent. Je dois bien préciser que, pour ma part, c'était aussi bien, car plus le concert faisait la part belle au versant rock/new wave de Costello, plus ça me plaisait.
J'aurais dû être au 2e balcon, mais heureusement les placeuses n'étaient pas trop vigilantes ce soir-là. J'ai pu traîner dans les couloirs, me glisser dans la fosse, à gauche de la scène, et apprécier pleinement le concert. Je n'ai pas été le seul à procéder ainsi puisque, à la fin du premier morceau, je me suis retourné et j'ai constaté que j'avais derrière moi une fine brochette de rockers français, Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka de Téléphone et Dauga de Bijou, avait profité de l'obscurité pour rentrer discrètement dans la salle. Ce premier morceau, je l'ai "reconnu" dès le premier coup de caisse claire de Pete Thomas, très sec, qui l'a lancé. C'était la version intrépide de Why don't you love me like you used to do de Hank Williams, titre d'ouverture d'Almost blue. Mais Costello allait bien plus vite que tout le monde à cette époque (en se gavant de speed, c'est entendu) : après deux albums en 1981, dont un de reprises, certes, il avait déjà enregistré le suivant. Alors ce soir là, sur 28 titres joués, il n'y en a eu que 4 d'Almost blue contre 7 d'Imperial bedroom, qui ne sortirait que quelques mois plus tard.



Mon billet, ainsi que l'une des nombreuses publicités parues dans la presse pour annoncer le concert (celle-ci vient d'un numéro de Rock & Folk). Je note une bizarrerie : l'annonce de la distribution française de l'album par Arabella Eurodisc. Je ne m'en souvenais pas, mais la distribution française de F Beat est bien passée de Warner à Arabella Eurodisc en 1982 (Ils ont sorti Imperial bedroom en France), mais Almost blue est sorti en 1981 et mon exemplaire, acheté à la sortie, est bien un disque Warner (référence FB K 58 392). Je me demande si des bisbilles entre distributeurs n'expliquent pas les ratés, côté Guests, de l'organisation du concert du Théâtre des Champs Elysées.



Le 10 janvier 1982, il devait me rester quelques francs reçus en cadeau pour Noël, vu que j'ai acheté, ce qui m'est rarement arrivé, à la fois le t-shirt (très moche) de la tournée, avec les dates dans le dos, et le calendrier de l'année, qui utilise la même photo que la pochette de ce 45 tours.


En préparant cette chronique, je suis tombé hier sur ce documentaire du South Bank show, une sorte d'équivalent anglais d'Envoyé spécial. Une heure de reportage sur Elvis Costello, avant, pendant et juste après l'enregistrement d'Almost blue. Inutile de préciser que c'est précieux et fascinant, notamment pour expliquer les motivations d'Elvis pour enregistrer cet album country et lever le voile sur la relation avec le producteur Billy Sherrill (malheureusement, quand il est interviewé sur son bateau, je ne peux m'empêcher de lui trouver une ressemblance physique avec George W. Bush, ce qui gâte tout). La dernière réédition en date de l'album comporte deux CD, ce serait idéal si la suivante pouvait en plus incorporer un DVD avec ce documentaire.
Petite anecdote : à la fin du reportage, on a des images d'un concert organisé très discrètement à Aberdeen le 30 juillet 1981 pour se faire la main sur le répertoire country. Je n'ai passé qu'une seule soirée de ma vie à Aberdeen, où j'accompagnait Primal Scream et Meat Whiplash qui y donnaient un concert, et c'était précisément au même endroit, l'hôtel Metro.

Allez, on en vient enfin à ce 45 tours, Sweet dreams, le second à être extrait d'Almost blue. Si pour le premier, Good year for the roses, Barney Bubles avait réalisé une de ses pochettes les plus absconses (et les moins belles, Costello l'aurait détestée et fait remplacée par une pochette neutre de F Beat), pour celle-ci, il a fait dans le sobre et le classique, utilisant une photo d'Elvis déguisé en chanteur country, cravate ficelle comprise. Même les titres des chansons sont parfaitement lisibles !
Comme pour la plupart des chansons de l'album, j'ai découvert Sweet dreams avec cette version d'Elvis Costello. L'original a été écrit et chanté par Don Gibson en 1956, mais à l'époque il s'est fait parasiter par Faron Young, qui en a aussitôt enregistré une version qui a eu plus de succès que la sienne. Cette chanson est devenue un classique, notamment repris par Patsy Cline et Emmylou Harris.
Dans le documentaire, on voit Elvis et les Attractions répéter la chanson avant d'aller à Nashville, où on assiste à une partie de l'enregistrement. Puis on le voit réécouter la chanson terminée à Londres, visiblement satisfait après les ajouts de choeurs et de cordes. Il faut dire que c'est l'une des grandes réussites de l'album, l'une des chansons qui réalise le mieux la synthèse entre le monde d'Elvis et celui de Nashville.



La face B, Psycho, est un chef d'oeuvre qui glace le sang. Officiellement, cette reprise d'une chanson de Leon Payne, enregistrée pour la première fois par Eddy Noack, a été enregistrée en concert à Los Angeles le 16 février 1979, mais il a depuis été précisé qu'Elvis a réenregistré la voix en studio.
Musicalement, la version d'Elvis Costello n'est pas très différente de l'originale, mais avec l'interprétation d'Elvis, cette histoire d'un tueur conscient qu'il est devenu fou, au point de conseiller à sa mère de sortir, fait littéralement froid dans le dos.
Plusieurs autres versions sont disponibles en téléchargement chez Boogie Woogie Flu, mais pas celle de T. Tex Edwards, déjà chroniquée ici. En tout cas, Psycho et quelques autre des faces B, dont Your angel steps out of heaven et My shoes keep walking back to you, justifient complètement, pour qui n'a pas les singles, l'achat d'une réédition en CD de l'album.

1 commentaire:

debout a dit…

Une version de "psycho" hautement recommandable, celle de the Beasts of Bourbon sur l'album "the axeman's jazz" (celle, originale, de Noack étant absolument parfaite, ceci dit)

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