07 janvier 2012

JOY DIVISION : Transmission


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 101 576 -- Edité par Factory en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Transmission -/- Novelty

Je recommande à tous ceux qui apprécient Blogonzeureux! le recueil Chroniques des temps perdus & bande-son pour orgasme de KMS (Kill Me Sarah). Evidemment, comme on a à peu près le même âge et pas mal de goûts en commun, cette lecture a ravivé pas mal de souvenirs musicaux, et l'une des dernières chroniques du livre, sur Joy Division, m'a donné envie d'aller rechercher l'un des disques du groupe dans mes étagères.
Mon choix s'est porté sur Transmission. Sorti pile entre les deux albums, ce titre, mieux que Love will tear us apart ou Atmosphere, pourrait très bien résumer à lui tout seul la courte histoire du groupe, une parfaite synthèse entre la fougue et la hargne des débuts punks et la production plus sophistiquée de Closer, avec un Ian Curtis impressionnant (et encore plus au moment où il se met à chanter "Well I could call out when the going gets tough").
Pour moi, Joy Division a toujours été de la new wave, mais en réécoutant le disque aujourd'hui, et aussi en les voyant interpréter Transmission en direct à la télé en septembre 1979 (voir ci-dessous), je me dis que tout bêtement c'est du rock and roll et que Transmission est au rock de 1979 ce que Satisfaction était au rock de 1965, le grand succès populaire en moins, malheureusement.
Presque aussi excellente, la face B, Novelty, semble être une réflexion sur la fugacité du succès et la fatuité des pros du showbiz, écrite à un moment où le groupe n'en avait encore pas eu du tout, de succès. Car ces deux titres étaient déjà "vieux" au moment de la sortie de ce single : le groupe les avait déjà enregistrés en mai 1978 pour l'album de Warsaw, alors resté inédit. On peut donc s'étonner qu'ils ne soient pas sur Unknown pleasures, où ils n'auraient pas déparé, au contraire. Pour Novelty, je ne sais pas quelle en est la raison, mais pour Transmission il semble bien que ce soit parce que le groupe et Factory voulaient en faire un grand succès. On apprend sur le site Shadowplay que, en plus de la Peel session de janvier 1979, le groupe s'y est repris à trois fois avant de mettre dans la boite en juillet-août cette version de Transmission (et entre-temps ils ont enregistré tout Unknown pleasures !). Et malgré sa qualité le 45 tours n'a pas été un grand tube...
Pour ma part, je n'ai vraiment commencé à écouter Joy Division qu'après la mort de Ian Curtis, mais alors je me suis mis à acheter tout ce que j'ai pu trouver et qui était dans mes moyens. D'où ma préférence pour les pressages français, quand ils existaient, et pour les 45 tours, quand ils avaient les mêmes titres que les maxis. Et pour Factory en 1980 on a eu de la chance car le label était représenté exclusivement chez nous par Virgin France SA, distribué par Arabella Eurodisc, ce qui nous a changé fortement des pressages français Virgin Records précédemment diffusés par Polydor, dont les pochettes étaient souvent caviardées, comme le Go 2 et le This is pop d'XTC. Avec Virgin/Arabella on aurait peut-être eu une vraie Metal box en France, avec Virgin/Polydor on a eu une pauvre Second edition.
Donc, pour Factory, Virgin France a respecté très fidèlement le graphisme des pochettes de Joy Division, au moins pour les disques que j'ai (Unknown pleasures, Atmosphere et celui-ci), jusqu'au choix du carton de la pochette, avec le même léger relief que le tirage anglais original du disque. Pour le Ceremony de New Order, Virgin France trichera un peu : ils glisseront le pressage français du disque dans des exemplaires de la pochette anglaise. On fait d'ailleurs toujours grand cas des pochettes de Peter Saville, elles ne sont pourtant pas toutes incontournables. Celle-ci notamment, en tout cas le recto, ne me botte pas trop. Je trouve que la photo du verso fonctionne beaucoup mieux : cette image d'une explosion stellaire (ou d'un orage) ressemble à un oeil explosé par trop de nuits blanches et d'excès. Alternativement, les éclairs pourraient symboliser la transmission, la communication.
La transmission dont il est question dans la chanson, c'est l'émission radiophonique. Et à cette époque, alors que je n'imaginais pas moi-même un jour faire de la radio, j'ai très largement obéi à l'exhortation de Ian Curtis à danser en écoutant la radio, mais je l'ai fait aussi et plus souvent encore en écoutant Joy Division, New Order, Magazine et tant d'autres, dans ma chambre de lycéen, ma chambre d'étudiant, et même au casque dans le train, dans le noir, entre Reims et Vitry-le-François.


la couverture de mon songbook (pirate) de Joy Division (56 p. en noir et blanc au format A5),acheté chez New Rose au début des années 1980.


Joy Division : Transmission en direct dans l'émission Something else de la BBC 2 en septembre 1979, soit à mi-chemin entre l'enregistrement du 45 tours et sa sortie.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Pour les fans de cette période et afin de connaître un peu mieux l'histoire de la Factory on pourra lire également:
La Factory: Grandeur et décadence de Factory Records écrit par James Nice et préfacé par Jon Savage aux éditions Naïve.Mais c'est pas obligatoire non plus...
S. de Nantes

Charlie Dontsurf a dit…

Une nouvelle fois, encore une fois : Merci Pol ! Merci de (nous)m'avoir conseillé la lecture de ce petit mais grand livre, Chronique des temps perdus

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