01 novembre 2011

GUERRE FROIDE : Guerre froide


Acquis à La Clé de Sol probablement à Reims fin 1981 ou en 1982
Réf : STECHAK PRODUCTS 001 -- Edité par Stechak en France en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Ersatz -- Demain Berlin -/- Mauve -- Peine perdue

Noir c'est noir, il n'y a pas d'espoir. Et froid c'est froid, et c'est fini tant pis.
Je ne sais plus comment j'ai découvert Guerre Froide. Probablement une fois de plus avec Bernard Lenoir et Feedback, ou alors via un collègue étudiant de l'Aisne dont j'avais fait la connaissance au RU.
En tout cas, si on cherche un exemple parfait de groupe cold wave français, on ne peut guère trouver meilleure illustration que Guerre Froide, du nom du groupe à la pochette (maquette noire et blanche, photos en noir et blanc au recto et sur l'étiquette, pochette intérieure monochrome noire...) en passant par les thèmes abordés, pas débordants de gaité.
Voilà un groupe d'Amiens qui avait sorti une cassette avant ce maxi, et qui en sortira une autre, en forme de bilan posthume, en 1985. Une étoile filante brillant d'une lumière noire dans l'histoire du rock français, un groupe qui à l'époque a rarement dû jouer en-dehors de ses bases.
En tout cas, un stock de son disque a voyagé jusqu'à Reims. Pour 32 francs, j'en ai fait l'acquisition, principalement, comme beaucoup, pour Demain Berlin, le titre de bravoure du disque, à fond dans les références européennes du moment, avec son chant en trois langues (français, anglais, allemand) et sa vision presque romantique du Berlin coupé du Nord au Sud par le Mur, et par la guerre froide justement :
"Nous nous rencontrerons dans les ruines de Berlin
We will meet in the ruins of Berlin
We will laugh 'cause death ain't a sin
La mort semble parfois un bien
A Berlin, bientôt la fin
"
L'instrumentation de Guerre Froide est typiquement new wave : percussions électroniques, synthés, basse très en avant et des plages de guitare à bon escient. Le chant assez détaché d'Yves Royer, principalement en français, fait beaucoup pour la réussite du groupe. Avec le recul, et après avoir réécouté Ersatz récemment sur la compilation Des jeunes gens modernes, je me dit qu'à force de me concentrer sur Demain Berlin, j'ai un peu négligé deux autres excellents titres de ce disque.
Ersatz, effectivement, avec sa deuxième voix féminine (de Marie-José Deffais, la clavier, j'imagine) et des paroles très réussies :
"Un goût de déraison, un désir peu banal
- Tendances au maquillage -
Sourire de dérision, retour à l'anormal ...
- La solution ultime -
Et toujours ce goût pour le néant
Ou plutôt pour le moment qui le précède"
Sur la face B, l'introduction de Mauve me rappelle le Cure de Seventeen seconds. C'est encore une réussiste. Je place Peine perdue un tout petit cran en-dessous, mais la chanson marque quand même par sa guitare à la Young Marble Giants.
Un peu plus tard dans les années 1980, une petite scène cold s'est développée à Reims, sous l'influence notamment d'un DJ du Tigre, la boite rock de la ville. Des disques comme ceux de Trisomie 21 (associé à Guerre Froide car leur premier disque est sorti aussi chez Stechak) et la réédition du maxi Eisbär de Grauzone se sont vendus comme des petits pains.
Quant à Guerre Froide, à force de voir sa notoriété et celle de Demain Berlin grandir, il a fini par se reformer en 2006 autour de deux de ses membres fondateurs. Ils ont depuis sorti deux albums (le dernier, Abrutir les masses, date de 2010) et ils tournent régulièrement.
Pour ce qui est  de ce maxi, il  a été réédité il y a quelques temps de façon limitée et plus ou moins officielle. Pour ce qui est des 1000 exemplaires du vinyl original, ils sont plus recherchés maintenant qu'à l'époque puisqu'un des exemplaires a été récemment vendu aux enchères pour 231 €.

3 commentaires:

debout a dit…

ah, les années new/cold wave française (et d'ailleurs), même si les titres n'étaient pas si bons que ça (et restent aujourd'hui en l'état), je dois avouer une certaine faiblesse pour ! mais le titre que je réécoute encore et encore de ces années là, sans doute davantage new que cold (et peut être aussi en sonnait-il la fin), c'est "acteur" du groupe Octobre (avec la pochette du single droite dans ses bottes), un morceau plus-que-parfait !

Pol Dodu a dit…

Ah, Octobre j'ai toujours eu du mal. Trop de basse funky pour moi. Mais "Acteur" est quand même un des titres que j'aime le mieux d'eux, avec "Nastassja", et ça tombe bien car ces deux titres sont aussi les seuls d'Octobre que j'ai en disque, sur un 45 tours.

debout a dit…

oui, la basse était très décalée d'avec ce qui se faisait alors dans le genre (et c'est pourquoi Octobre était plus new que cold : un zest de funk dans le gazpacho cold ? impossible, hérésie !), encore qu'en réécoutant bien le deuxième Marquis de Sade !?
mais vous avez raison, il n'y a que ce quarante cinq tours qui vaille d'être sauvé... tout le reste était raté, trop mièvre.

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