10 avril 2010

C.C.S. : Whole lotta love


Acquis sur le vide-grenier de Condé-sur-Marne le 5 avril 2010
Réf : 2 C006-91810 M -- Edité par Columbia en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Whole lotta love -/- Boom boom

Bon, Led Zeppelin c'est pas franchement mon truc. A la fin des années 1970, j'aimais bien deux titres du groupe, Dazed and confused et Stairway to heaven. A la même époque, j'ai échangé ou revendu à mon frère l'exemplaire du double album Physical graffiti, l'édition originale avec la pochette découpée et tout, que j'avais moi-même obtenu d'un copain contre d'autres disques ou des manuels de classe. Contrairement à d'autres cas, je n'ai même jamais regretté cet échange ! Quant à Whole lotta love, franchement c'est un morceau que je ne connais pas. Je l'ai sûrement entendu plus d'une fois mais, jusqu'à la semaine dernière, si on me l'avait fait écouté j'aurais peut-être identifié Led Zep mais j'aurais été incapable de donner le titre.
De Condé cette année, je n'ai ramené que des 45 tours, en bon petit nombre, avec des choses intéressantes, achetés sur quatre stands différents. Celui-ci, c'était sur celui d'une famille dont le mari vendait visiblement ses propres disques, une douzaine de 45 tours en bon état du tout début des années 1970.
J'ai sélectionné ce disque parce qu'il annonce non seulement une reprise de Whole lotta love, visiblement sortie très peu de temps après la version originale de Led Zep, mais aussi une du classique de John Lee Hooker Boom boom. J'avais aussi noté qu'il s'agissait d'une production de Mickie Most, l'homme qui a fait la carrière de Donovan, et aussi celui qui a fait enregistrer L'amour est bleu par Jeff Beck.
J'imaginais que ces reprises seraient assez légères, voire limite variétés, mais c'est bien mieux que ça en fait. Car ce que je ne savais pas, c'est que derrière le sigle C.C.S., qui se développe en Collective Consciousness Society, on trouve trois personnalités de la musique anglaise, Mickie Most donc, mais aussi Alexis Korner, le pape du blues anglais, et l'arrangeur et chef d'orchestre John Cameron. Avec un grand orchestre comprenant la crème des musiciens de session rock et jazz anglais, ils ont produit deux albums en 1970 et 1972 comprenant des reprises de Led Zeppelin (Mickie Most, en tant que producteur, avait eu l'occasion de faire appel au talent de musiciens de session de Jimmy Page et de John Paul Jones avant a formation de Led Zep), des Rolling Stones, de Jethro Tull ou des Jackson 5.
Ceci est en fait le tout premier 45 tours de C.C.S., qui figure aussi sur leur premier album. Leur version de Whole lotta love, qui a été un petit tube en Angleterre (n° 13) est en fait très connue des anglais car, réenregistrée dans le même arrangement par James Cameron avec l'orchestre de l'émission, elle a servi d'indicatif à Top of the Pops pendant toutes les années 1970.
Whole lotta love débute très calmement, dans une atmosphère presque bucolique, avant que le fameux riff démarre brutalement, à la guitare électrique comme il se doit. Pour la suite , la guitare, la flûte, les percussions et l'orgue s'associent pour un instrumental très groovy, dont des passages font presque penser à l'indicatif du Prisonnier, avant qu'à l'occasion d'un break Alexis Korner chante quelques vers.
Je n'aurais jamais imaginé Alexis Korner être associé à cette aventure, même après avoir écouté à la radio anglaise une longue émission-hommage qui lui avait été consacrée juste après son décès début 1984. J'avais en tête l'image de quelqu'un qui avait rendu possible la vague du blues boom qui a balayé toute l'Angleterre dans les années 1960, mais je l'imaginais justement assez puriste et confiné strictement à un cadre blues. Parmi d'autres aventures musicales, Boom boom en face B montre bien que j'étais dans l'erreur. Si on n'est pas dans l'easy listening, on est très loin des versions de John Lee Hooker et de la majorité des reprises qui en ont été faites. Avec les percussions et les cuivres du grand orchestre, on est ici, pour prendre encore une référence télévisuelle, beaucoup plus proche de l'indicatif de Mission impossible que des clubs de blues de Londres. Quant au chant de Korner, qui n'essaie absolument pas de jouer au bluesman, il est également surprenant.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

salut!

je l'ai, celui-là.

par contre ce disque ne m'a pas trop marqué quand je l'ai trouvé (2 ou 3 ans)...

quelles enquêtes, en tout cas, Sherlock Dodu !

lvt

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