11 avril 2010

ALBAN : Je ne suis plus le même


Acquis sur le vide-grenier de Condé-sur-Marne le 5 avril 2010
Réf : SRC 311 254 -- Edité par SRC en France probablement dans la deuxième moitié des années 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Je ne suis plus le même -/- Tu m'as laissé

En fait, avant d'acheter le C.C.S.,  j'étais tombé dès le premier stand visité, installé dans la cour d'une maison, sur deux cartons de 45 tours années 1970, dont beaucoup "neufs" et en plusieurs exemplaires dont le propriétaire souhaitait se débarrasser le plus rapidement possible. A 10 centimes le disque, j'en ai pris finalement une quinzaine.
Si la majorité de ces disques est visiblement issue d'un stock qui n'a jamais été mis en vente, ce n'est a priori pas le cas de ce disque d'Alban, qui a la particularité d'être dédicacé au verso ("Pour Ginette, Grosses bises, Votre ami, Alban").
Selon Encyclopédisque, Alban a sorti au moins trois 45 tours, sur trois labels différents mais avec des titres de face A qui pourraient facilement se répondre : Je ne suis plus le même, Je ne suis pas complexé, Ni trop jeune ni trop vieux. A part ça, sans nom de famille, difficile d'en savoir plus sur Alban, si ce n'est que le site Que sont-ils devenus ? nous précise qu'Alban chante toujours, qu'il vit à Bordeaux et a donné un concert en 2008 dans la région de Nancy.
Nancy, ce n'est évidemment pas un hasard si l'on considère que ce 45 tours est un pur produit nancéen, enregistré et édité par le studio S.R.C. (qui fonctionnait encore dans les années 1990).
Si seul le nom d'Alban figure au recto, ce disque est au moins autant celui de Michel Bidaut que du chanteur : celui-ci est l'auteur des deux chansons, des arrangements, il joue de la batterie et a même fait la pochette (au feutre ou au crayon de couleur, ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux sur ce disque !). Il semble que Michel Bidaut n'a fait qu'un autre disque, un Disque pour chiens !
Au verso de cette pochette, il est par ailleurs précisé, en jaune dans un nuage rouge, "Disco".
Avec tous ces éléments, je n'attendais rien de particulièrement intéressant de ce disque. Du coup, j'ai quand même été agréablement surpris à l'écoute de Je ne suis plus le même. Les éléments disco sont là, batterie, basse, guitare rythmique, synthés avec effets de cordes, mais ce n'est pas trop surjoué. Quant à la chanson elle-même, même si on se situe sur une corde raide au-dessus d'un précipice, elle passe la rampe grâce à sa dynamique, ses changements de rythme et ses paroles 100% hip-pop optimiste. Malheureusement, Tu m'as laissé, le slow variétoche de la face B, m'a vite fait perdre la bonne humeur gagnée à l'écoute de la face A.
Si Je ne suis plus le même est autant une réussite, c'est peut-être aussi parce que, même si tous les musiciens sont des régionaux de l'étape, ce sont des pointures et plusieurs d'entre eux ont un parcours musical qui se poursuit encore aujourd'hui : Bruno Géhin aux claviers a joué avec Atoll, Olivier Scoazec le guitariste joue actuellement avec Buckwheat Zydeco, Jean-Pierre Duret le bassiste, connu comme le frère de C Jérôme, joue dans Thérapie avec Vidadoc. Une partie de cette équipe, y compris l'ingénieur du son Jean-Luc Mirouf, a travaillé avec Charlélie Couture pour son premier album, 12 chansons dans la sciure.
Allez, je vais remettre Je ne suis plus le même et danser dans le bureau, en pensant que Dalida aurait très bien pu reprendre cette chanson et en faire un tube :
Je chantais tous les soirs pour des miliers de gens
Je vivais enfermé dans mon appartement
Je révais d'être heureux, de vivre simplement
Et d'être un peu bohème, de vivre sans problème
Loin de la ville et des tourments
J'ai longtemps cherché mais j'ai trouvé le secret du bonheur
Il suffit de rêver et de chanter pour oublier les heures
Aujourd'hui j'aime la vie et le soleil est mon porte-bonheur
Je ne suis plus le même je suis un peu bohème
Et c'est vraiment la vie que j'aime.

3 commentaires:

Olivier a dit…

Coucou,

Je n'ai pas écouté cette chanson mais je trouve les paroles dans le fond très déprimantes -- le type nous dit que la vraie vie, c'est vivre dans sa tête, enfermé dans son placard à rêver qu'on est bohème. On n'est pas loin de l'univers "je veux vivre dans un bathysphère" de Smog. C'est comme la chanson "Coup de folie" de Thierry Pastor qui, malgré le grand n'importe quoi apparent, est un texte sur une fille qui pète un plomb et "qui n'est pas marrante parce qu'elle se trouve pas dans le vent". C'est presque du Tennessee Williams :-)

Pol Dodu a dit…

Olivier,
J'ai parlé de hip-pop optimiste car il est question d'aimer la vie, de chanter et de rêver... En fait, les paroles complètes semblent être une ode au retour à la campagne, avec peut-être en filigrane un playdoyer avant-gardiste pour le home recording ! (Je chante à la campagne mais mes amis peuvent m'entendre à la radio).
Sinon, ce qui me surprend le plus dans les paroles, c'est le premier vers, "Je chantais tous les soirs pour des miliers de gens", tout à trac comme ça sur un 45 tours indépendant. C'est pour ça que j'imaginais plutôt une idole à la Dalida chanter ça.
Sinon, il faudrait quand même que je prenne la peine d'enregistrer la chanson et de la mettre dans le radio-blog...

Pol Dodu a dit…

Ça y est, j'ai mis dans le radio-blog (colonne de droite ci-contre) "Je ne suis plus le même" d'Alban.
Par la même occasion, j'y ai mis aussi "Ô Chauny, comme tu es jolie" de Gonthier, "La taxi girl" de Colette Renard et la version française de "Depression" de Wreckless Eric, qui serait sûrement surpris s'il l'apprenait de se savoir en si bonne compagnie !

LinkWithin

Linkwithin