25 avril 2009

ROCK'N'ROLL 39-59


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 6 avril 2009
Réf : BS11001 -- Edité par Body & Soul en France en 2007 -- Offert par Directsoir -- Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : ELVIS PRESLEY : Hound dog -- LITTLE RICHARD : Good golly, Miss Molly -- CHUCK BERRY : Roll over Beethoven -- CARL PERKINS : Blue suede shoes

Voilà un disque bizarre. Je suis bien certain de ne pas être un puriste borné du rock'n'roll, mais il y a là des incohérences et des incompatibilités qu'on perçoit au premier coup d'oeil. Rock'n'roll/Cartier d'abord.
Le rock des années 50 et le monde de la joaillerie de luxe, même via une fondation artistique, rien à voir. Ça ne m'évoque au mieux que des amateurs de rock ventripotents sur le retour avec des catogans. J'ai bien dit au mieux...
Rock'n'roll/Art contemporain ensuite. Autant essayer de mélanger l'eau et le feu. L'art contemporain au sens où on l'entend dans le nom de la fondation, c'est l'art du concept par execellence. Le rock'n'roll c'est l'art de la musique qui a su rester primitive, celle qu'on joue et qu'on ressent avec son corps et son âme.
Rock'n'roll/Directsoir pour finir, puisque ce disque a été distribué par ce qui doit être le pire des journaux gratuits. Même si le rock'n'roll est intrinsèquement lié à la société de consommation, on atteint plus de cinquante après des abîmes dans l'assimilation et la commercialisation...
Autre problème avec ce disque, sa pochette très moche. C'est d'autant plus surprenant qu'elle reprend l'affiche d'une exposition d'art, donc, présentée à la Fondation de juin à octobre 2007. Heureusement, s'il a plus ou moins la même couverture, le catalogue de l'exposition édité chez Xavier Barral semble regorger de superbes documents graphiques : photographies, affiches, pochettes.
Bon, terminé les critiques, car côté musique, et c'est bien ce qui compte, la sélection est imparable. Quatre joyaux incontestables (tiens, le voilà peut-être le rapport avec Cartier !), tous sortis en 1956 (peut-être parce qu'en 2007 c'était l'année la plus récente à être tombée dans le domaine public) par quatre grande figures du rock'n'roll.
Saluons particulièrement Little Richard et Chuck Berry, deux artistes qui sont encore nos contemporains, et attribuons quand même une mention spéciale à Chuck qui, avec Roll over Beethoven, revendique haut et fort dès mai 1956 la place du rock au sein de l'art musical, tous styles confondus, en balayant Beethoven et Tchaïkovski, en faisant référence à la radio, au disque et à la danse, et en citant d'ores et déjà un autre classique présent sur ce CD (Blue suede shoes). Comme quoi le rock était non pas à ses débuts mais bien déjà à son apogée en 1956.
Chuck Berry incarne parfaitement ici l'une des spécifités de l'art du rock'n'roll qui est trop rarement mise en avant : les rockers comme Chuck sont des artistes complets. Là où dans la musique classique ou l'opéra on a des compositeurs, des auteurs de livret, des musiciens, des chanteurs, des danseurs (et rares sont ceux qui excellent dans plusieurs de ces spécialités), on tient avec Chuck Berry un virtuose qui compose sa musique et l'interprète, qui écrit ses paroles et les chante, et en plus qui danse sur scène.
Roll over Cartier, tell Directsoir the news, rock'n'roll will stand.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

ah , chuck , enfin! La cerise sur le gâteau blogonzeureux. A lui tout seul il fait oublier tout ce qui a aseptisé, standardisé, banalisé, variétisé le rock n ' roll et il nous rappelle que le rock effectivement s'adresse au corps, à la peau et à notre émotivité (plutôt que l'âme pour moi!)
Vive chuck et blogonzeureux!
ph

Charlie Dontsurf a dit…

Concept bizarre, incohérent et incompatible, peut être mais cette expo était vraiment formidable. Le cd était distribué aux visiteurs.

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