Affichage des articles triés par pertinence pour la requête power corruption lies. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête power corruption lies. Trier par date Afficher tous les articles

15 juillet 2012

NEW ORDER : Power, corruption & lies


Acquis dans une FNAC parisienne le 20 juin 1983
Réf : 201 946 -- Edité par Factory en France en 1983
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Allez, on entame une série de billets sur Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order. Parce que je me suis rendu compte, après en avoir acquis deux exemplaires très différents cette année, que j'avais cet album dans une variété d'éditions, mais aussi et surtout pour s'intéresser à l'évolution de son emballage au fil du temps et des différents supports.
Power, corruption & lies n'est pas mon disque préféré de New Order, mais c'est un disque qui marque indubitablement une étape importante dans la carrière du groupe. Leur son a évolué très vite après la parution de Ceremony et Movement, et cette évolution s'est reflétée dans les singles qui sont parus entre les deux albums, Everything's gone green (plus que sa face A initiale Procession) et Temptation. PC&L est un disque important, le premier de leurs albums qui contient l'ensemble des ingrédients musicaux et qui définit ce qui va être leur style particulier pour la suite de leur parcours. C'est un album compact de huit titres, solide, sans temps mort ni point faible. Ça pourrait un très grand album, oui mais voilà, ce disque ne peut être écouté et apprécié comme tel que si on lui associe son disque jumeau, le "classique des classiques" de New Order, enregistré dans les mêmes sessions mais sorti deux mois plus tôt en maxi. Il s'agit de Blue Monday, bien sûr. Il est hors de question de reprocher à New Order son choix en début de carrière de ne pas mettre ses singles sur ses albums, mais on constate en conséquence qu'il y a plein de bonnes choses ici, mais rien d'aussi excitant, renversant ou "révolutionnaire" que Blue Monday. On s'en rapproche avec des titres électro-dansants avec beaucoup de séquenceur comme 5-8-6, dans sa deuxième partie, le très bon The village, Ultraviolence et Ecstasy, mais l'intérêt de PC&L c'est aussi de proposer des titres synthético-mélancoliques comme Your silent face ou We all stand, qu'on aurait presque pu trouver sur Closer (avec une évolution de deux ans plus marquée encore vers le synthétique à la Kraftwerk) et surtout deux titres rapides et dominés par les guitares (y compris la basse), qui ouvrent et ferment l'album (ça ne peut pas être un hasard) et qui se trouvent être mes préférés, Age of consent et surtout Leave me alone.
Cet album est presque autant réputé pour sa pochette que pour sa musique. Ce n'est pourtant pas non plus ma production préférée de Peter Saville, mais c'est bel et bien le verso de la pochette qui est reproduit en couverture du livre de 2007 Factory Records : The complete graphic album et c'est ce disque parmi tous ceux de Joy Division/New Order qui a été choisi en 2010 pour illustrer un timbre anglais, dans le cadre d'une série de dix qui comptait notamment London calling et Screamadelica.
J'ai pu retrouver la date d'achat de mon exemplaire du disque grâce à l'étiquette de la FNAC qui, comme ce fut le cas pendant des années, comporte la date de sa mise en rayon, le 10 juin 1983. Comme je ne suis allé à Paris qu'une fois entre cette date et mon départ pour l'Angleterre fin août 1983, je n'ai pas eu d'hésitation pour trouver le jour de l'achat, même si je suis bien incapable de dire ce que je faisais à Paris ce week-end là, à part m'acheter des disques, mais je fêtais sûrement ainsi la fin d'un stage et l'obtention d'un diplôme.
Ce33 tours est l'édition originale française du disque. Comme pour d'autres disques de Joy Division ou New Order, Virgin France, dont le nom n'apparait à aucun endroit sur ce disque, a semble-t-il fait un très bon travail en reproduisant très fidèlement la pochette de l'édition anglaise du disque chez Factory.
Comme la musique, cette pochette est indissociable de celle de Blue Monday, qui reproduisait en grand format l'aspect d'une disquette d'ordinateur de 5 pouces, six découpes comprises, ornée de bandes de carrés colorés. C'est la disquette utilisée par Stephen Morris pour stocker les données de son séquenceur qui aurait inspiré Peter Saville.

Les caractéristiques de la pochette de ce disque sont les suivantes :
  • Au recto, on trouve une reproduction d'un tableau de 1890 d'Ignace-Henri Théodore Fantin-Latour intitulé Une corbeille de roses, sur lequel des carrés colorés ont été ajoutés. Peter Saville a expliqué au Guardian en 2011 que les fleurs sont séduisantes et qu'elle suggèrent les moyens par lesquels le pouvoir, la corruption et les mensonges s'insinuent dans nos vies.
  • On retrouve deux découpes façon disquette au verso. Le rond central est plein au lieu d'être découpé comme sur les vraies disquettes et sur la pochette de Blue Monday. Il s'agit d'une rosace colorée, qui donne le code pour déchiffrer les bandes colorées au recto et sur la pochette intérieure (FACT75, le n° de catalogue anglais de l'abum au recto, New Order Power Corruption And Lies sur la pochette intérieure).
  • En-dehors du code couleurs, le nom du groupe et les titres du disque et des chansons n'apparaissent nulle part sur la pochette. Les seules inscriptions lisibles sur la pochette sont la référence catalogue anglaise, qui a été laissée sur la tranche du disque, la référence française, au dos et sur la pochette intérieure, le code prix, la marque de l'imprimeur (J/T à Saint-Quentin) avec la mention "Printed in France" et les crédits pour le tableau de Fantin-Latour.
  • Les crédits complets sont imprimés, en spirale, sur les étiquettes des deux faces du disque.
C'est donc là un travail assez fidèle à celui produit initialement par Peter Saville pour Factory en Angleterre. On notera cependant qu'en toute logique les carrés de couleur, ainsi que la tranche, auraient dû être modifiés pour indiquer la référence française, 201 946, et on aura l'occasion de voir prochainement que la pochette de cet album varie fortement d'une édition à une autre.

La réédition de 2008 de Power, corruption & lies en double-CD, toujours disponible, contient sur le deuxième disque les deux faces de Blue Monday et les titres des autres singles de la période, Confusion, Thieves like us et Murder.





New Order, Leave me alone, en concert à Cork le 22 avril 1983.

01 septembre 2012

POWER CORRUPTION & LIES COVERED


Acquis par correspondance avec le n° 219 de Mojo en janvier 2012
Réf : [MOJOFEB2012] -- Edité par Mojo en Angleterre en janvier 2012 -- Given away free with Mojo February 2012. Not to be sold separately.
Support : CD 12 cm
13 titres

Allez, on termine (jusqu'à nouvel ordre) notre parcours parmi différentes éditions de Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order.
On s'est surtout intéressé aux modifications de la pochette au fil du temps et des changements de support, avec le 33 tours original, la cassette, la première édition en CD et l'une des multiples rééditions.
Cette fois, on fait un pas de côté et on quitte New Order pour un hommage, celui rendu par le magazine Mojo au tout début de cette année, qui a mis le groupe en couverture à la veille d'une nouvelle tournée (toujours sans le bassiste original Peter Hook) et qui, pour le CD qui accompagne le magazine chaque mois, a proposé à des groupes contemporains de reprendre l'intégralité de Power, corruption & lies, avec en plus des singles et autres titres de la même époque, dont le classique Blue Monday.
Ces albums repris intégralement, dont Mojo et Uncut notamment sont très friands, sont particulièrement casse-gueule. En général, on connait par coeur les originaux et si on les aime bien on a envie de retrouver ce qui nous plaisait dans les reprises. Souvent, le mieux qu'on peut espérer c'est que l'écoute d'un de ces disques déclenche une envie très forte d'aller ressortir le vrai disque. L'art de la reprise étant quand même plus difficile qu'il ne pourrait y paraitre, il est très rare sur ces disques de magazine que quelqu'un réussisse à se démarquer fortement de la version de départ tout en produisant quelque chose d'au moins aussi intéressant.
Ça ne veut pas dire que les gens n'essaient pas. Par exemple, pour ce qui me concerne, cet album ne pourrait pas commencer plus mal. Age of consent est l'une de mes chansons préférées du disque et The Golden Filter en donne une version très différente de l'originale. Mojo la décrit de cette façon : "Cette version transpose l'original excité et frénétique en un morceau de pop moderne élégiaque". C'est malheureusement tout à fait exact et, remis dans des termes plus crus, on pourrait dire que The Golden Filter a réussi à siphonner toute l'énergie de la chanson, et même à lui couper les couilles en se débarrassant du riff de basse sur lequel elle est construite.
Heureusement, tout le disque n'est pas aussi catastrophique. Mes autres chansons chouchou s'en sortent plutôt bien, comme Leave me alone et Cries and whispers, et l'enchaînement 586 (par S.C.U.M., avec même de la guitare saturée) et Your silent face (par Fujiya et Miyagi, à la fois synthétique et énergique) est sûrement le meilleur moment du disque.
Côté pochette, par contre, la réussite est complète. Les gens de chez Mojo sont des spécialistes et des passionnés et ils ont produit là un travail d'excellente qualité qui marque des points partout en référence à la pochette originale :
  • Au recto, certes on devrait logiquement juste trouver la corbeille de roses de Fantin-Latour agrémentée de quelques carrés de couleur sans aucun texte. C'est une option un peu rude pour un magazine qui veut attirer son client en kiosque, alors ils ot pris le parti de mélanger le recto de l'album avec sa pochette intérieure et la pochette de Blue Monday (les deux sont très proches), en ajoutant juste un peu de texte et un macaron pour annoncer les titres bonus. Ça donne un fond noir avec des carrés de couleur codés sur deux des côtés (pas besoin d'être expert en cryptologie pour comprendre que les carrés épèlent le titre de l'album, Power corruption and lies covered), du texte typographié de la même façon que les crédits du disque original sur la rondelle de l'album, et un tableau de roses de Fantin-Latour. Sauf que, s'agissant d'une reprise et non pas de l'album original, les gens de chez Mojo ont eu la très bonne idée de choisir non pas le même tableau que celui de la National Gallery sélectionné par Peter Saville en 1983 mais un autre tableau de Fantin-Latour représentant des roses, très proche de l'autre (il a dû en peindre des dizaines sur ce thème). Belle variation graphique pour emballer une variation musicale...
  • Au verso, pas de découpes façon disquette (mais elles ont disparu dans presque toutes les éditions post-1983). Il y a bien par contre la rosace colorée qui donne la solution pour déchiffrer le code couleur, ainsi que la liste des titres, écrite en spirale en blanc sur fond gris.
  • Sur le CD lui-même, on trouve sur fond noir, comme pour le disque original, le titre de l'album dans la bonne typographie, ainsi que le nom de Mojo accompagné, cerise sur le gâteau, de son code couleur.
Voilà la preuve, s'il en était besoin, qu'on peut aller très loin en s'amusant avec les codes et les références de la culture rock. Si vous avez d'autres éditions de l'album dont vous voulez vous débarrasser, je suis preneur : ça m'amusera toujours de décortiquer la pochette !





06 août 2012

NEW ORDER : Power, corruption & lies


Acquis à La Clé de Sol à Reims à la fin des années 1980
Réf : 30212 -- Edité par Factory/Virgin en France en 1986
Support : CD 12 cm
8 titres

Après l'édition originale en 33 tours et la cassette, voici mon troisième exemplaire de Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order, fixé sur un troisième support, le disque compact.
Celui-là, je l'ai acheté relativement peu de temps après l'acquisition de ma première platine CD, parce qu'il n'était vraiment pas cher (10 francs ou quelque chose comme ça), dans les lots bradés par La Clé de Sol à Reims pour la Quasimodo ou lors des soldes.
Côté musique, je vous fais grâce des considérations sur la qualité technique du son mais je note que le contenu du disque est strictement le même que pour les deux premiers exemplaires. La principale différence est que, avec le CD, on perd la notion de faces. Les huit titres de l'album sont désormais enchaînés.
Ce n'est qu'en 1986 que Factory a édité Power, corruption & lies pour la première fois en CD. Peter Saville a dû se pencher sur l'adaptation de son travail graphique original à ce nouveau support, avec la gageure que les CD en boite plastique standard (ce qui est le cas ici) ont un recto de pochette de 12 cm de côté, contre 31 cm pour les 33 tours. La surface disponible est donc réduite d'un peu plus de 85 %.
Sans surprise, les solutions adoptées par Peter Saville pour l'édition anglaise du CD  (référence FACD75) sont innovantes et intéressantes, et, comme pour le 33 tours, elles ont visiblement été transposées assez fidèlement par Virgin pour cette édition française.

Les particularités de la pochette de ce CD par rapport aux principales caractéristiques de la pochette originale sont les suivantes :
  • Au recto, on trouve toujours une reproduction d'un tableau de 1890 d'Ignace-Henri Théodore Fantin-Latour intitulé Une corbeille de roses, mais  le tableau, qui avait déjà été un peu "recadré" pour le 33 tours, n'est reproduit qu'en partie sur le recto de la pochette du CD : on n'en voit que le carré supérieur droit. C'est très habile et bien vu car les roses ne sont pas réduites à des miniatures et, même si un quart seulement du tableau est reproduit au recto, la pochette de l'album reste identifiable au premier coup d'oeil pour qui connaissait l'originale. Et puis, le livret étant une feuille pliée en quatre, quand on la sort et la déploie, on découvre la pochette avec le tableau au complet, sur un carré de 24 cm de côté, soit une réduction de surface d'un peu plus de 40% seulement.
  • Les carrés du code couleur sont toujours présents en haut à droite de la pochette, mais il y a deux grandes différences par rapport à la pochette du 33 tours. D'abord, les carrés sont proportionnellement beaucoup plus gros car ils n'ont quasiment pas été réduits : ils sont presque de la même taille que ceux du 33 tours. Par contre, le code couleur a été modifié, fort logiquement puisque le décodage de ces carrés donnait à l'origine la référence catalogue du 33 tours anglais, FACT75. La référence du CD anglais étant FACD75, le carré jaune et blanc a été enlevé dans l'édition CD anglaise et remplacé par un carré orange. L'édition française, je l'ai dit, est très proche de l'édition anglaise, mais il y a eu une bourde pour le code couleur : le carré orange du D a bien été ajouté, mais le T n'a pas été enlevé. Ce qui nous donne un code couleur à 6 carrés qui épèle FACDT75, ce qui ne veut rien dire, mais ce n'est pas important car visuellement c'est plus percutant et de toute façon, c'est la référence française, 30212, qui devrait être encodée à cet endroit !
    Le plus drôle de l'histoire, c'est que, au fil des rééditions de ce CD, plus ou moins internationales, on a vu apparaître le code FACDT75 sur la réédition anglaise de 1993 chez London/Centredate, alors que c'est bien le code FACD75 qui est sur la réédition en double-CD de 2008 chez London/Rhino.
  • Au verso, on ne retrouve pas les deux découpes façon disquette. La rosace colorée, qui donne le code pour déchiffrer les carrés du recto est quant à elle bien présente. On a aussi droit à un gros code-barres, ainsi qu'à la référence française, au code prix, aux logos de Factory et du Compact Disc et à la mention de la distribution par Virgin France.
  • Le nom du groupe et les titres du disque et des chansons n'apparaissent nulle part sur la pochette. Rappelons que le nom du groupe et le titre de l'album, codés en couleur, figuraient sur la pochette intérieure du 33 tours. Outre le verso, les seules inscriptions lisibles sur la pochette sont la référence catalogue française, indiquée sur la tranche du disque (un progrès, puisqu'en 1983 Virgin avait laissé la référence anglaise sur la tranche du 33 tours), et sur la pochette intérieure les crédits pour le tableau de Fantin-Latour et le rappel de la référence française.
  • Les crédits complets sont imprimés en clair sur la face supérieure du CD, mais pas en spirale comme sur le 33 tours.
Troisième exemplaire du disque sur un troisième support, avec une pochette par définition différente à chaque fois. On en a déjà eu quelques exemples ici, mais on verra concrètement dans le prochain billet de cette série que, même en conservant le support CD, les pochettes peuvent fortement évoluer.




New Order, The village, en concert à Rotterdam le 15 décembre 1985.

22 juillet 2012

NEW ORDER : Power, corruption & lies


Acquis je ne sais plus du tout comment à un moment ou un autre dans les années 1980 ou 1990
Réf : 401946 et 50 168 -- Edité par Virgin en France en 1983 et 1984
Support : cassette
8 titres

J'ai très rarement acheté des albums sur cassette pré-enregistrée. Je trouvais plein de défauts au format (qualité du son, conservation du support, difficulté pour passer d'un titre à un autre). Si elles avaient été vendues moins chères que les 33 tours, je me serais sûrement laissé plus souvent tenter, mais elles étaient quasiment au même prix et je préférais acheter le vinyl, quitte à en faire une copie sur cassette, du disque en entier pour une "sauvegarde" ou d'extraits sur des compilations pour écouter en voiture ou pour les copains. Car le principal intérêt des cassettes étaient qu'elles étaient facilement transportables et enregistrables, et, pendant leur âge d'or des années 1970 et 1980, il n'y avait pas vraiment d'alternative.
J'ai donc consommé des cassettes vierges par paquets, mais je n'ai quasiment jamais acheté de musicassettes au prix fort, les rares exceptions qui me viennent à l'esprit étant les sorties de The Cure avec des inédits, c'est à dire Faith (avec le bande originale de Carnage visors) et Concert (avec la compilation d'inédits Curiosities).
Côté emballage et pochette, puisque c'est surtout ce qui nous intéresse dans cette série de billets sur Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order, les cassettes ne sont pas géniales non plus : une boite plastique en standard (qui a sûrement inspiré celle des CD : les deux supports sont des inventions de Philips), un verso de pochette riquiqui (65 cm2, soit moins de 7 % de la pochette d'un 33 tours, qui est généralement un carré de 31 cm de côté), et très peu de place sur la cassette elle-même pour y indiquer des informations.
En tout cas, même si j'ai acheté très peu de cassettes au prix fort, j'ai quand même fini par en acquérir un bon nombre, en solde, d'occasion ou grâce à des dons. Pour ce qui est de celle-ci, je n'ai aucun souvenir sur la manière dont je l'ai récupérée, mais ça fait un bon moment que je l'ai.
Il semble que mon exemplaire est hybride. Je ne sais pas si c'est arrivé chez le distributeur ou plus tard dans sa vie, mais la pochette et la cassette elle-même ne sont pas de la même édition.
La pochette (référence 401946, code prix AE 480) est celle de l'édition originale sortie par Virgin en 1983, en même temps que le 33 tours. Mais en 1984, Virgin a changé de distributeur, passant d'Arabella Eurodisc à Pathé Marconi. Une grande partie du catalogue Virgin a dû devenir indisponible, mais les disques les plus récents (et les plus vendeurs, j'imagine), ont aussitôt été réédités avec une nouvelle référence et un nouveau code prix (avec le préfixe PM). Ma cassette (référence 50 168) est celle de 1984. Le "mélange" entre cassette et pochette a dû se faire il y a bien longtemps puisque quelqu'un (je suis certain que ce n'est pas moi) a pris la peine d'écrire au stylo sur la pochette la deuxième référence (est-ce que ça signifie que ma cassette est passée par un dépôt-vente ?).
Les titres sont les mêmes que sur le 33 tours, répartis de la même façon sur les deux faces. Pour le reste, autant Virgin avait fait des efforts louables pour reproduire fidèlement la pochette du 33 tours Factory anglais, autant, avec les contraintes liées à ce support, la pochette de cette cassette n'a plus grand chose à voir avec le projet graphique original :
  • La corbeille de roses de Fantin-Latour est bien présente au recto, avec son code-couleur (qui signifie toujours FACT75, la référence anglaise du 33 tours, ce qui n'a aucun sens ici). La différence est qu'au lieu d'être un carré de 31 cm de côté, l'illustration ici n'en fait plus que 6 (ne sortez pas vos calculettes, ça fait 3,75 % de la surface originale, en arrondissant). En plus, ce gros timbre-poste (bien avant que la pochette ne devienne vraiment un timbre) est affublé ici d'un liseré jaune qui, sur fond gris clair, est parfaitement mal venu.
  • Au verso (il n'y a qu'un seul volet à la pochette), pas de découpe (qui se serait vue au recto de toute façon), et pas de rosace colorée décodeuse non plus.
  • Alors que, pour le 33 tours, le nom du groupe et les titres des morceaux ne figuraient que sur les étiquettes du disque (inscrits en spirale sur fond noir), on trouve le nom du groupe au recto en relativement grosses lettres (1 cm de hauteur) noires sur le fond gris clair. Le nom du groupe et le titre de l'album  sont aussi indiqués sur la tranche, là où sur le 33 tours il n'y avait que la référence catalogue. Les titres des morceaux sont sur le rabat de la pochette, sur la cassette elle-même, et avec les crédits complets au verso de la pochette.
Certes, comme je l'ai dit, les contraintes liées au support cassette sont fortes (la taille, mais aussi le fait que la pochette est un rectangle et pas un carré). Il y a aussi les contraintes commerciales : dans les magasins, les cassettes étaient vendues sur des présentoirs où on voyait au mieux le recto, et parfois seulement la tranche. Cependant, quand on regarde ce qui s'est fait dans d'autres pays (aux Etats-Unis, en Italie ou au Canada par exemple), on constate que des solutions existaient pour conserver un peu mieux l'esprit de la pochette originale, en incluant la rosace et la spirale de crédits et en mettant mieux en valeur le code couleurs.
Il faut dire que, contrairement à l'édition 33 tours, les labels ayant pris le disque en licence ne disposaient pas de modèle graphique fourni par Factory et Peter Saville, tout simplement parce que, en 1983, Power, corruption & lies n'est pas sorti en cassette en Angleterre, il n'y a eu que l'édition en vinyl.
C'est en 1986 que Factory l'a édité en cassette, en même temps que plusieurs autres albums du groupe. Et quelles réponses Peter Saville a-t-il trouvées pour surmonter les contraintes du format cassette ? Eh bien, il a fait une pirouette, en insérant la cassette dans un coffret de plus grand format que celui des boitiers habituels. Et puis, estimant probablement qu'il n'y avait pas de solution satisfaisante, il n'a pas essayé de reproduire sa pochette sur la boite du coffret. Il s'est contenté, pour toute cette série d'albums, d'indiquer d'une façon très neutre le nom du groupe, le titre et la référence. Pour les autres éléments graphiques, je n'ai pas trouvé de reproductions pour PC&L, mais le principe doit être le même que pour Low life : les illustrations sont reproduites à part, sur un format qui doit approcher celui d'une carte postale.
Voilà pour cette horrible cassette. Prochain épisode : l'apparition d'un nouveau support, le disque compact...




New Order, Age of consent, dans l'émission Switch de Channel 4.

17 août 2012

NEW ORDER : Power, corruption & lies


Acquis dans une boutique de charité à Camberwell le 18 avril 2012
Réf : UPNORDER01 -- Edité par Upfront/Rhino en Angleterre en 2008 -- For promotional use only - Not for resale
Support : CD 12 cm
8 titres

Or donc, au cours des trente dernières années, j'avais déjà eu l'occasion d'acheter Power, corruption & lies, le deuxième album de New Order, en 33 tours, en cassette et en disque compact. Je n'avais donc aucune bonne raison de l'acheter à nouveau en CD, d'autant qu'on trouve les huit mêmes chansons sur toutes les éditions que je possède de cet album (il existe diverses éditions avec des titres en plus, dont la dernière édition en CD de 2008, qui contient un deuxième disque avec huit titres tirés de quatre maxis de 1983 et 1984). Mais j'avais au moins deux mauvaises raisons d'acheter quand même ce disque : d'abord, à 1 £ les trois CD avec deux autres excellents albums de la méme série (Psychocandy de The Jesus and Mary Chain, que j'avais aussi déjà en CD, et Ocean rain d'Echo and the Bunnymen, que je n'avais qu'en vinyl), je ne me ruinais pas, et puis, la pochette étant différente des autres éditions, je crois que c'est ce jour-là que j'ai eu l'idée de cette série de billets.
Ce CD présenté dans une simple pochette cartonné n'a pas été vendu dans les points de vente habituels. Il a été distribué, comme ça se fait beaucoup au Royaume-Uni depuis quelques années, à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires avec un numéro du quotidien The Times d'octobre 2008.
Comme je le disais, la pochette de ce CD est évidemment différente de celle du 33 tours original, mais il y a aussi pas mal de changements par rapport aux premières éditions en CD 1986 :
  • Au recto, on trouve bien le quart supérieur droit d'une reproduction d'un tableau de 1890 d'Ignace-Henri Théodore Fantin-Latour intitulé Une corbeille de roses, mais étant donné que c'est ici une simple pochette cartonnée sans livret, il n'y a rien à déplier pour obtenir une reproduction complète du tableau, comme cela avait été imaginé par Peter Saville en 1986. C'est un signe que, fort logiquement, étant donné que ce CD en particulier n'est pas simplement un produit de l'industrie culturelle mais bel et bien un objet publicitaire destiné à développer ou à fidéliser le lectorat du journal, les considérations esthétiques qui ont pu guider le travail graphique original de Peter Saville en 1983 sont complètement balayées. Par exemple, le bas de la pochette a été coupé pour faire place en haut, sur un douzième de la surface quand même, au bandeau noir portant le titre du journal et l'intitulé de l'opération, "Culture+ presents". A la limite, ça fait moins de dégâts pour cette pochette que pour celle de Closer de Joy Division, également diffusé dans les mêmes conditions.
  • Les carrés du code couleur sont toujours présents en haut à droite de la pochette, sauf que, le bord droit de la pochette a lui aussi été en partie escamoté, ce qui fait que les carrés sont devenus des rectangles. C'est surtout gênant pour les deux du bas, divisés en deux dans le sens de la hauteur : il ne reste presque rien de ce qui était censé être les moitiés de droite blanche et bleu ciel des deux carrés. L'auteur d'une discographie très détaillée de New Order se demandait si on trouvait sur ce CD la version remastérisée en 2008 de l'album. Si on s'en tient aux pochettes, je ne pense pas que ce soit le cas : l'édition de 2008 a comme code couleur FACD75 (sans carré jaune et blanc), comme l'édition CD anglaise originale de 1986, alors que celle-ci a un code couleur qui, de façon erronée, épèle FACDT75, comme l'édition CD originale française, et surtout comme la réédition anglaise de 1993 chez London/Centredate, qui est sûrement celle qui a servi de base à cette édition.
  • Le nom du groupe et le titre de l'album n'apparaissent pas au recto de la pochette. Par contre, ils sont présents au verso, ce qui n'était pas le cas à l'origine. Toujours au verso, les deux découpes façon disquette qu'il y avait sur le 33 tours sont absentes. La rosace colorée, qui donne le code pour déchiffrer les carrés du recto est quant à elle bien présente. On y trouve aussi tout plein d'informations, dont les titres des chansons, qui en toute logique auraient dû être uniquement sur le disque lui-même, les crédits et plein de mentions légales et publicitaires, y compris encore un grand bandeau noir de publicité pour les abonnements au Times.
  • Sur le disque lui-même, on trouve en partie un fond noir, comme sur les étiquettes du 33 tours original, mais c'est uniquement pour le bandeau de The Times, qui tient encore plus de place que sur la pochette. Pour le reste, plus de titres des chansons et des crédits en spirale, juste le nom du groupe et le titre de l'album, une reprise d'une partie des crédits et des mentions légales, le tout imprimé normalement en horizontal sur fond gris. 
Après un quart de siècle, si l'intégrité musicale de l'album a été globalement respectée au fil du temps et des supports de diffusion, la pochette emblématique et très élaborée de cet album a pour sa part subi à peu près tous les outrages possibles. Qu'est-ce qui nous attend pour le prochain et dernier épisode de notre série ?

15 décembre 2019

PHILADELPHIA INTERNATIONAL ALL STARS / MFSB : Let's clean up the ghetto


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1977
Réf : 5451 -- Édité par Philadelphia International en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : PHILADELPHIA INTERNATIONAL ALL STARS : Let's clean up the ghetto (Vocal) -/- MFSB : Let's clean up the ghetto (Instrumental)

J'ai publié plus de 1500 chroniques ici en 14 ans et je n'ai jamais chroniqué deux fois le même disque. Certes, je me suis souvent intéressé à des éditions différentes d'un même disque (avec notamment une série sur Power, corruption & lies), mais dans l'idée, je n'ai l'intention de chroniquer un disque qu'une seule fois, même si ça m'est déjà arrivé, des années plus tard, de relire une chronique et d'avoir envie de la modifier ou la compléter.
Ce qui m'est arrivé plusieurs fois aussi, c'est d'avoir l'idée de chroniquer un disque et de me rendre compte que j'ai déjà fait cette chronique. C'est assez logique, car quand un disque m'intéresse suffisamment pour que je passe du temps à le chroniquer, les raisons qui ont suscité cet intérêt peuvent rester valables des années plus tard. Mais ça confirme que, sur certains aspects, j'ai des trous de mémoire impressionnants.
En général, une rapide recherche sur le blog me confirme qu'un disque est déjà chroniqué ou non quand j'ai un doute, mais les choses ne sont jamais allées aussi loin qu'hier : j'ai passé sûrement deux bonnes heures entre vendredi et samedi à faire des recherches d'information et à préparer un billet pour le 45 tours Girlfriend is better de Talking heads. J'ai commencé à préparer le billet, à y intégrer les images et les vidéos... Ce n'est que quand j'ai entamé la rédaction et que j'ai voulu vérifier toutes mes chroniques étiquetées Talking Heads que je me suis rendu compte avec horreur que cette chronique était déjà en ligne depuis mai 2013 ! Je m'étais demandé pourquoi j'avais bien pu acheter isolément ce disque sur Ebay. La réponse était simple : c'était pour le chroniquer !
La seule chose rassurante dans cette histoire, c'est que quasiment tout ce que je comptais dire hier à propos de Speaking in tongues et Stop making sense, je l'avais déjà exprimé tel quel en 2013. Au moins, sur ce point, je suis consistant avec moi-même !
Comment je me suis retrouvé dans cette situation ? Tout a commencé mardi. Comme je passais quelques jours à Paris, l'ami Philippe D. m'a invité à une projection de Stop making sense, un événement organisé à l'occasion de la sortie en Blu-ray d'une énième version remasterisée de cet excellent film de concert de 1984 réalisé par Jonathan Demme.
Déjà, je croyais avoir revu le film assez récemment en DVD, mais je me trompais : j'ai juste écouté cette année une réédition CD de l'album que je venais d'acheter pas chère en Angleterre, qui a l'avantage par rapport au 33 tours 9 titres original de contenir les 16  titres qu'on entend dans le film.
En sortant de la salle, je me suis fait trois remarques :
1) Purée, la qualité des chansons de Talking Heads est quand même excellente;
2) J'ai vraiment sous-estimé Speaking in tongues à sa sortie. Certes, ce n'est pas un classique comme Remain in light, mais les six titres de l'album interprétés dans le film (le tournage s'est fait à la fin de la tournée Speaking in tongues, le groupe n'a plus jamais tourné ensuite) sont quand même très bonnes, avec une parenté marquée avec Tom Tom Club ;
3) le costume extra-large de David Byrne joue un rôle beaucoup moins important dans le film que dans mon souvenir. Il ne le porte que pendant une ou deux chansons avant d'enlever la veste et, non, il ne se "gonfle" pas pour devenir de plus en plus gros comme je croyais m'en souvenir !
Toujours en sortant, je me disais que j'espérais ne pas avoir déjà chroniqué mon double maxi-45 tours avec This must be the place et Slippery people car ça me permettrait de parler ici de Speaking in tongues.
J'ai vérifié, et je n'avais pas chroniqué ce double maxi, mais au bout du compte (c'est ce qui avait déjà dû se passer en 2013), j'ai préféré envisager de chroniquer Girlfriend is better, car c'est un 45 tours avec la version Stop making sense de cette chanson de Speaking in tongues.
Bon,la chose positive dans tout ça c'est que, en re-préparant ce billet déjà publié, j'ai eu l'idée d'une autre chronique pour ce week-end, celle du tube Let's clean up the ghetto.
Là encore, ça montre que je n'étais pas au meilleur de ma forme en cette fin de semaine. J'étais donc en train d'écouter des singles de Talking Heads en vue de ma chronique tout en m'affairant dans mon bureau. A un moment, je me remets à l'ordinateur après avoir lancé un disque et je dresse l'oreille. "Tiens, elle n'est pas mal cette intro, c'est quoi cette face B de Talking Heads ?", me suis-je dit. Oups, en quelques secondes, j'avais oublié que j'avais fini d'écouter les Talking heads et que je venais de lancer Let's clean up the ghetto. Mais l'enchaînement était parfait et confirme que, au-delà de Take me to the river, la soul-disco a été l'une de leurs influences.
Mais pourquoi est-ce que ce 45 tours des Philadephia International All Stars s'était retrouvé sur ma pile de disques à écouter ? Tout simplement parce que, deux jours plus tôt, chez Gilda à Paris, j'avais acheté le 45 tours TSOP de MFSB. Je pensais l'avoir déjà avec une autre pochette, mais non, je confondais avec Let's clean up the ghetto.
Je pense que l'exemplaire du disque que je chronique aujourd'hui est bien celui que, à l'époque de sa sortie, ma famille avait acheté. Je ne pense pas que mes parents s'y soient intéressés suffisamment pour décider de l'achat. Cela veut dire que, avec mon frère et ma sœur, on avait dû être accrochés à cette chanson au point de tanner les parents pour qu'ils achètent le disque, mais je ne me souviens pas comment il avait pu autant nous marquer. Certes, ce 45 tours a dû avoir beaucoup de succès et il passait beaucoup en radio, mais il y en avait plein d'autres cette année-là, de Rockcollection à Daddy cool, et je suis étonné que celui-ci fasse partie des quelques disques familiaux achetés cette année-là.
En tout cas, plus que le refrain, je sais ce qui a dû nous accrocher dans cette chanson : sa ligne de basse, six notes si je compte bien, énorme. Pas étonnant qu'elle ait été aussitôt reprise en reggae par Johnny Clarke ou qu'elle ait été samplée plusieurs fois.
Let's clean up the ghetto, c'est un projet de Philadelphia International Records, le label de Gamble et Huff. Il y a eu un album, avec des titres inédits des principales vedettes du label, qui sont réunies pour la chanson-titre de plus de huit minutes (divisée en deux faces sur le 45 tours), accompagnées par MFSB, le groupe maison qu'on entend sur la plupart des productions du label.
Quand on a acheté ce disque, je n'ai prêté aucune attention aux stars mentionnées au recto de la pochette (Lou Rawls, Billy Paul, Archie Bell, Teddy Pendergrass, O'Jays et Dee Dee Sharp Gamble), tout simplement parce que je ne connaissais aucun de ces noms.
Ce qui est rare dans ce type de chanson qui réunit plusieurs artistes pour une bonne cause, c'est qu'on n'a pas du tout l'impression à l'écoute d'avoir juste des gens qui se succèdent chacun leur tour au micro pour dire quelques lignes. Même si dans les faits c'est ce qu'il se passe, on arrive ici à quelque chose de parfaitement réussi et homogène.
En pleine période disco, la chanson est certes dansante, mais conserve des racines rhythm and blues fortement marquées. Côté paroles, on est dans le "socialement conscient", proche dans l'esprit de certaines chansons de Curtis Mayfield. Inspirées par la vision d'horreur de New York à l'époque d'une grande grève des éboueurs, elles appellent les habitants des ghettos à se prendre en main pour gérer leur quartier, sans compter sur les autorités. Fort logiquement, les bénéfices de ce projet sont allés au soutien d'actions communautaires dans les quartiers de Philadelphie.
Dans l'esprit, une chanson comme celle-ci annonce le rap. On n'est après tout en 1977 que cinq ans avant la publication de The message.
La face B du 45 tours est intéressante car il me semble qu'elle est différente de la deuxième partie, largement instrumentale, de la version album de la chanson.
Je n'aurai donc pas chroniqué un disque de plus de Talking Heads ce week-end, mais je suis bien content d'avoir eu l'occasion de danser en écoutant Let's clean up the ghetto !