09 juin 2006

ANTHONY MORE : Judy


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres vers 1984
Réf : HMGS 10 -- Edité par Quango en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Judy -/- Lucia

Au tout début des années 1980, Anthony More a visiblement essayé de toucher le grand public. Après avoir sorti en 1979 ce que tout le monde considère comme son meilleur album solo, "Flying doesn't help", il a édité ce single, puis le single "World service", deux fois dans deux versions différentes. Porté par le succès de Paul Young, dont il avait composé le morceau-titre, "No parlez", il a même ensuite signé chez une major, Parlophone, mais n'a jamais rencontré de grand succès sous nom.
Il faut dire que, tout en essayant de le séduire, il a tout fait pour égarer le public. Son nom, d'abord. Un coup c'est "More", un coup c'est "Moore", sans parler des fois où "Anthony" devient "A." ou "Tony", comme sur la pochette de ce single. La pochette de ce single, d'ailleurs est un très bon exemple, il faut la retourner dans tous les sens et avoir de la suite dans les idées pour y lire "Tony More", "Judy" et "Lucia". D'ailleurs, il est quasiment impossible de déterminer quel titre est en face A. J'ai dû me reporter aux numéros de matrice gravés au centre du disque pour placer "Judy" en face A, ce qui explique que Little Hits puisse ne pas être d'accord avec moi sur ce point (ça ne m'a pas empêché de leur piquer la photo de la pochette !).
Mais après avoir tenté d'égarer tout le monde, Anthony Moore livre ici un 45 tours excellent et très accessible.

"Judy" est la même chanson, dans la même version, que le "Judy get down" de "Flying doesn't help" (pour faire simple...), simplement amputée de l'intro instrumentale qui figure avant toutes les chansons de l'album. More est souvent comparé à Bowie. Si on devait garder cette comparaison pour cette chanson, il faudrait se référer au Bowie de "Lodger", sorti au même moment. Avec ce son un peu new wave, cette basse en avant, et les chœurs réussis sur le refrain.

"Lucia" porte le même titre que la même chanson sur l'album, mais il s'agit d'une toute nouvelle version. Beaucoup plus rock et électrique, elle me fait beaucoup penser dans l'esprit à l'album live "Sabotage" de John Cale. Et c'est plein d'humour noir, le refrain étant "Lucia, je creuse ta tombe"...

Une anecdote pour finir. L'album suivant de More s'appelait "World service". Il a été réédité il y a quelques années, mais sans prévenir personne et surtout sans le mentionner dans les notes de pochette, Moore a remplacé la plupart des versions originales par des versions alternatives et nouvelles. Et il y a inclus une version de "Lucia" intitulée "Lucia still alive", alors qu'aucune version de "Lucia" n'apparaissait sur l'album original. Je ne l'ai pas écoutée, mais m'est avis que cette Lucia toujours vivante est la même que celle qu'on enterrait en face B de ce single !

06 juin 2006

MOMUS : The poison boyfriend


Offert par Creation Records en 1988
Réf : CRE LP 021 -- Edité par Creation en Angleterre en 1987
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

"The poison boyfriend" est le second album de Momus, et son premier pour Creation. Pour moi, il restera toujours associé à la tournée française que Momus a faite en février 1988 pour la promotion de cet album, en première partie de Biff, Bang, Pow !. Si cette tournée a été une catastrophe par bien des aspects, je garde un très bon souvenir des balances et des concerts de Momus auxquels j'ai assistés, pendant lesquels je buvais littéralement ses paroles pour essayer de les comprendre.

Sur le disque, Momus est accompagné d'un groupe tout au long, mais pour la tournée il jouait en solo avec sa guitare acoustique. Et chaque soir, son set était marqué par trois chansons particulièrement : "I was a maoist intellectual" et "Bishonen" (alors inédites, mais qui figurent sur "Tender pervert", sorti en 1988), et "Sex for the disabled", qu'on retrouve ici, et qui est de loin le monument du disque.

Le 14 février 1988 (ou le 13), pour faire la promotion du concert à la M.J.C. Claudel de Reims, Momus a participé à l'émission du midi de FR3 Champagne-Ardenne. J'ai traduit l'interview de Momus par l'animateur, dans le super décor de l'émission avec ses hauts tabourets jaunes, et Momus a enregistré en playback un clip d'une des chansons du disque. Il s'est fait un plaisir de sélectionner "Sex for the disabled" pour cette prestation, cette parabole sur la diversité des années Thatcher qui, à mon avis, concentre en quelques minutes l'essence même du propos de Jonathan Coe dans ses deux derniers romans, "Bienvenue au club" et "Le cercle fermé". Vu la pudibonderie de la télé anglaise à l'époque, il aurait sûrement été impossible pour lui de jouer cette chanson sur une télévision anglaise...

Quelques jours plus tôt à Rennes, Momus avait enregistré une autre chanson, "I was a maoist intellectual", pour "Décibels", l'émission de Jean-Lou Janeir.

L'album dans son ensemble est loin d'être parfait. Outre "Sex for the disabled", j'aimais beaucoup "Closer to you" à l'époque, mais moins maintenant. Les deux premiers titres du disque, "The gatecrasher" et "Violets", sont excellents, mais j'accroche moins aux autres.

Deux documents :

Momus devant le programme surréaliste de la journée du 6 février 1988 au parc des expositions de La Roche sur Yon.
Oui, l'animation coiffure par le salon Diminu'tif a bien eu lieu pendant le concert acoustique de Momus, et oui l'animateur avait bien un micro et une sono très forte pour annoncer et commenter cette animation.



Momus en concert dans une boite de Sète le 12 février 1988.
Cette boite au décor et à la programmation rétro sixties était parfaite pour accueillir un concert de Biff, Bang, Pow ! Elle convenait beaucoup moins bien pour Momus. Dommage, car Biff, Bang, Pow ! avait quitté prématurément la tournée la veille, et Momus a malgré tout assuré courageusement son concert.



Momus, I was a maoist intellectual, en direct pour FR3 Rennes le 4 février 1988.

05 juin 2006

THE HALO BENDERS : Don't touch my bikini


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres en 1995
Réf : BLAZE 82CD -- Edité par Fire/K en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Don't touch my bikini -- Please please let me -- Comet tailings

Je n'ai toujours pas grand chose à changer à ce que j'ai écrit sur les Halo Benders il y a environ dix ans et un jour maintenant, dans le n° 3 du fanzine Vivonzeureux!.
J'ai acheté ce CD à peu près au même moment que l'édition en 45 tours du même titre, "Don't touch my bikini", dans la même version. Ce qui est très surprenant, c'est que Fire ait sorti en Angleterre la même année des deux éditions complètement différentes, qui n'ont strictement rien à voir entre elles. En plus, le nom du groupe a gagné un "The" entre les deux éditions, et le titre de la reprise des Smiths a été écourté.
On voit plus le lien avec l'album "God don't make no junk", dont ce single est extrait car les deux pochettes sont les mêmes dans des couleurs différentes. Ce single contient quand même deux titres inédits en album, la reprise des Smiths, donc, et "Comet tailings", qui est sur l'album, mais dans une version différente, et sous un autre titre, "I can't believe it's true".

04 juin 2006

HALO BENDERS : Spawning monsters


Acquis chez Rough Trade à Londres en 1995
Réf : 7SM 5 -- Edité par Fire/K en Angleterre en 1995
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Don't touch my bikini -/- Please please please let me get what I want

Je n'ai pas grand chose à changer à ce que j'ai écrit sur les Halo Benders il y a dix ans maintenant, dans le n° 3 du fanzine Vivonzeureux!.
Je pense que j'ai acheté ce 45 tours alors que j'avais déjà l'album "God don't make no junk" en CD, et peut-être bien aussi l'édition en CD single, qui comprend les deux faces de ce 45 tours. Mais bon, ce disque en édition limitée n'était pas trop cher, et c'est un bel objet, avec sa pochette transparente et son vinyl vert. Et la musique est excellente bien sûr, et les Halo Benders étaient parmi mes groupes préférés cette année-là !
Ce qui est vraiment surprenant, c'est que Fire ait sorti en Angleterre la même année deux éditions complètement différentes de la même version de "Don't touch my bikini", celle-ci et celle en CD single, qui n'ont strictement rien à voir entre elles : aucun lien entre les illustrations de pochette et la référence catalogue, contrairement à l'habitude.

03 juin 2006

MR. PARTRIDGE : Take away / The Lure of salvage



Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : V2145 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

Je crois que j'ai fait la connaissance d'XTC quand ils ont joué live pour Chorus fin 78/début 79 (A quand la rediffusion ou la mise à disposition sur le réseau de tous ces concerts Chorus ? Devo, Magazine, XTC, Iggy Pop, Higelin, etc. ?). Cet album solo est lui sorti quelques mois après ce qui s'avère être ma période préférée du groupe, celle qui va de "Go 2" à "Drums and wires", en passant par "Making plans for Nigel" et "Life begins at the Hop".

Comme la maison de disque française à l'époque n'avait pas jugé bon d'inclure le EP "Go +", fourni avec les premières copies anglaises de "Go 2", je ne savais pas du tout à quoi m'attendre quand j'ai écouté pour la première fois ce "Take away/The lure of salvage", puisque le principe est le même que pour "Go +" : prendre des enregistrements de XTC, les triturer en studio dans un esprit électro-dub, éventuellement rechanter dessus et en faire de nouveaux titres. Le tout est emballé dans une pochette très réussie, due à Andy Partridge et Pearce Marchbank, graphiste réputé pour ses couvertures du magazine londonien "Time out".

 C'est donc ce qu'a fait Andy Partridge ici, pour son premier album solo. Et quand ses bidouillages fonctionnent, ça donne de superbes réussites qui auraient pu figurer sur des disques d'XTC : "Commerciality", "Cairo", "I sit in the snow", "New broom".
Quand ça marche moins bien, rien de catastrophique, ça donne au pire des musiques d'ambiance ou des instrumentaux synthétiques (comme "Work away Toyo day", qui fut en 1982 l'indicatif de ma première émission de radio, "Camisole", animée avec Philippe R. sur Reims Radio FM, future Radio Primitive). Et il y aussi cet ovni, "The forgotten language of light", où Andy Partridge nous emmène en Afrique, avec une bande sonore adéquate et une performance vocale impressionnante (Il faut se souvenir que cet album est certes sorti après le "I zimbra" de Talking Heads, mais avant le "My life in the bush of ghosts" d'Eno et Byrne.

 De nos jours, avec une connexion à internet, il ne faut pas plus de trente secondes pour trouver la liste des correspondances entre les morceaux originaux de ce disque et les titres de "Take away". Mais à l'époque, c'était un vrai mystère, et ça m'interrogeait assez pour que je prenne ma plume pour écrire à XTC (probablement en 1982). Andy Partridge a eu la gentillesse de répondre quelques mois plus tard, en avril 1983 (voir ci-dessous, cliquer sur la lettre pour l'agrandir). La référence à Simple Minds est une réponse à une question que je me posais : j'étais persuadé d'entendre sa voix sur "Veldt", un titre de l'album "Real to reel cacophony de Simple minds", produit par John Leckie, également producteur des deux premiers albums de XTC.




"Take away/The lure of salvage" est disponible en CD depuis plusieurs années, avec son compagnon "Go +", mais il est désormais crédité à XTC et disponible sous le titre "Explode together".

01 juin 2006

THE MARQUIS DE TREN & BONNY "PRINCE" BILLY : Get on jolly


Acquis par correspondance chez Action Records en Angleterre en 2000
Réf : RUG109CD -- Édité par Domino en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
6 titres

La discographie de Will Oldham part dans tous les sens, mais toutes ses productions sont au minimum intéressantes, et souvent excellentes. Comme ce disque, en collaboration avec Mick Turner (de Dirty Three et de plein d'autres projets, dont Bonnevill), qui avait pourtant au départ tout pour me faire fuir, moi qui craint tout ce qui peut rappeler les errements hippies.

D'abord, il y a la pochette, qui représente un chromo d'un temple indien, et le concept général, des adaptations chantées et mises en musique de poèmes lyriques de Rabindranâth Tagore, extraits de son œuvre "Gitanjali", traduite en français en 1913 par André Gide sous le tire "L'offrande lyrique".
Il y la musique, ensuite, qui procède par petites touches impressionnistes, à l'aide de notes de guitare, de basse, d'orgue à pompe, avec des passages à l'envers qui font un peu orientaux/psychédéliques.
Et la voix, plus proche de la simple diction que du chant, sans jamais tomber dans la simple déclamation.

Malgré tout ces handicaps, ce disque fonctionne et est une réussite. Certes, ce n'est pas du rock, ni de la pop, mais ce n'est pas non plus de l'expérimentalisme abscons. Disons que, dans mon monde, je peux trouver des points de comparaison chez Wyatt ou Nico, voire même chez James Yorkston, que j'ai vu sur scène en duo avec un gars qui jouait de l'orgue à pompe, lui aussi.

Un très bon disque, donc, pas parfait, mais qui aurait pu l'être à mon goût si tout le disque m'avait plu autant que les deux derniers titres, 64 et 66, qui ont tous les deux un peu plus de batterie et de mélodie (ceci expliquant peut-être cela !).