
Acquis par correspondance via Bandcamp le 11 octobre 2026
Réf : LINGE043 -- Édité par Linge en France en 2014
Support : 1 fichier MP3
Titre : Definitive gaze
Dimanche dernier, JC de The Vinyl Villain a terminé sa série de chroniques de l'intégrale des singles de Magazine.
Cela explique pourquoi l'après-midi même, alors que je cherchais sur Bandcamp une idée de chronique, je me suis mis à rechercher des reprises de Magazine. J'ai fait un essai avec Shot by both sides, sans rien trouver de probant, puis avec A song from under the floorboards (j'ai bien aimé la version synthétique par Very Serious). Pour le troisème essai avec Definitive gaze, il n'y avait que deux chansons en résultat, dont une n'était pas une reprise. Mais j'ai su tout de suite à l'écoute de la version de Lucas Schwartz que j'étais tombé sur quelque chose de spécial, par un français en plus.
L'album dont ce titre est extrait, English feelings vol. 1, a été publié en numérique par Linge Records, qui se présente comme "le label des musiques à refaire, entre musiques pop, électro et expérimentations. (...) Les artistes Linge Records acceptent et recherchent l’imperfection qui surgit dans la création. Dans une société en quête de rationalité et de perfection, la démarche de ces artistes empreints de spontanéité apparaît essentielle.".
Le moins qu'on puisse dire c'est que l'album de Lucas Schwartz remplit parfaitement ces critères.
On a affaire à un album de reprises de chansons de la période de la New Wave, enregistrées a cappella, à l'exception parfois d'une petite rythmique. Ça tombe bien car la version du titre imparable de Magazine qui ouvre l'album Real life est l'une des plus réussies du lot.
Il y a bien là une percussion tout du long (le son d'une balle de ping pong ?), et plusieurs pistes de voix, dont une qui reproduit la rythmique électronique et d'autres plus mélodiques pour les autres instruments. Il y a aussi plusieurs pistes pour le chant, toutes interprétées par Lucas Schwartz, avec parfois du souffle dans le micro (l'imperfection selon Linge). C'est à la fois complètement barré et réjouissant. Je n'en ai jamais eu l'idée, mais j'aurais bien pu me lancer dans ce genre d'expérience (sauf qu'il me manquait la patience et le talent), comme quand j'avais inventé à la radio la course de disques : deux chansons lancées ensemble et mixées en direct, pour voir qui gagnerait à l'arrivée. Et de toute façon, ça fait bientôt cinquante ans que je chante pour moi des "tou lou tou tou tou tou lou" pour reproduire l'intro quand je pense à Definitive gaze.
Je n'ai pas écouté tout l'album qui, sur 18 titres, contient plus d'un tiers de reprises des Stranglers. Il y a aussi Making plans for Nigel et une version de Flowers of romance de PIL qui s'avère être très fidèle à l'originale. Sur la chaîne YouTube de Lucas Schwartz, on trouve deux autres titres d'Howard Devoto, Rainy season et Redneck de Luxuria. Ailleurs, il y a aussi toute une série de reprises de chansons de Steve Diggle des Buzzcocks.
Je me demande bien comment quelqu'un, d'assez jeune visiblement, s'est retrouvé à se lancer à fond et de façon aussi pointue dans le répertoire New Wave.
Tous les titres enregistrés par Lucas Schwartz ont été publiés en 2014. Il n'y a pas eu de suite à ce projet, mais apparemment cette version de Definitive gaze aurait été enregistrée en 2009.
En cherchant à en savoir plus sur lui, j'ai découvert que, toujours en 2014, Lucas Schwartz a publié des titres originaux sous le nom de Lucas Verbèke. Les deux que j'ai choisi d'écouter, Le CD de la politique et Un bruit formidable, sont intéressants.
Par ailleurs, il a publié plein de choses sous son nom Lucas Taïeb, des BD (Reconstitutions, Les petits totems, Chez le bouquiniste, Lucas Taïeb est énervé), des textes, des blogs, des fanzines...
Malheureusement, j'ai aussi appris dans la foulée que Lucas Taïeb est mort en 2024 à 36 ans. Ça m'a touché. Je venais de découvrir sa musique, je m'apprêtais à chroniquer ce titre et j'aurais sûrement essayé de l'en avertir... Ce qui est positif, c'est bon nombre de ses créations sont toujours disponibles en ligne et, comme ça m'est arrivé, le public peut continuer à les découvrir.
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