21 mai 2013

PASCAL COMELADE : Nature morte musicale


Fourni avec le n° 8 de la revue Notes en 1982
Réf : [sans]-- Edité par A l'Automne Alité en France en 1982 -- N° 2 / 500
Support : Bande magnétique 8,5 cm
Titre : Nature morte musicale (extrait)

(Ce billet est le deuxième d'une série de cinq qui va nous mener à la 1000e publication de ce blog)

Ces temps-ci, on recommence à beaucoup entendre parler de Pascal Comelade, avec un nouvel album chez Because, El pianista del antifaz, et un concert à Paris. Comme à chaque fois qu'un de ses disques est distribué nationalement en France, on va parler du "retour" de Comelade, comme si depuis A freak serenade en 2009, il n'avait rien sorti, alors que sa discographie récente, probablement incomplète, compte quand même Montpellier, un album avec Gérard Pansanel et Pep Pascual, N'ix, un disque avec Enric Casasses, un enregistrement de ses oeuvres par la Cobla Sant Jordi, Somiatruites, un double album avec Albert Pla (et aussi un spectacle qui a beaucoup tourné), et, plus tôt cette année, Flip side (of sophism), une nouvelle collaboration avec Richard Pinhas.
Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à un titre rare et quasiment inouï de Pascal Comelade, diffusé en 1982 par le magazine Notes, publication de l'association A l'Automne Alité, également à l'origine du Festival des Musiques de Traverses de Reims.
En 1982, l'association a été très active, avec notamment la sortie du mini 33 tours de Germain Hubert Ales, et de son premier album, la compilation Douze pour un, sur laquelle on trouve aussi un titre de Comelade, Beyrouth 66.
A la suite du 3ème Festival des Musiques de Traverses en mai 1982, au cours duquel Fall of Saigon a donné son premier concert rémois, est né le projet, annoncé dans le n° 6 de Notes (voir l'article en bas de ce billet) d'insérer dans la revue un 45 tours souple de Pascal Comelade. Ce projet n'a pas abouti, pour des raisons expliquées en détail dans l'éditorial du n° 8 de Notes :



Donc, au lieu d'avoir droit à un 45 tours souple, comme ceux que la revue hollandaise Vinyl proposait, les lecteurs de Notes ont dû se contenter d'une Nature morte musicale. Dans son livre Ecrits monographiques submergés (Camion Blanc, 1999), Pascal Comelade a reproduit son propre exemplaire de l'oeuvre, numéroté 1 / 500.
Si j'ai hérité du n° 2, ce n'est pas un pur hasard : je suis passé chez Dorian Feller un jour de 1982 où son appartement était recouvert des pages du magazine qui sortaient de chez l'imprimeur et qu'il était en train d'assembler et d'agrafer. J'ai fait l'acquisition de mon exemplaire ce jour-là et je pense que c'est Dorian qui avait choisi pour moi le numéro 2 de l'encart, réservant bien sûr le 1 à l'artiste.
J'ai toujours pensé que cette expression, "nature morte musicale", se rapportait au fait que l'enregistrement avait été réduit à un petit morceau de bande magnétique encadré non écoutable. Je n'avais pas fait le lien à l'époque (et surtout je ne l'avais sûrement pas lue) avec la première annonce du disque dans le n° 6, qui concernait dès le début, avant l'annulation de la sortie du disque, donc, un Still life musics EP.
Cet EP s'était réduit à un seul titre, que presque personne n'a pu entendre. Parmi les autres natures mortes prévues pour cet EP au départ (je ne sais pas combien il y en avait au total), je présume que deux ont quand même vu le jour en cette année 1982 : Still life with goldfish, parue aux Etats-Unis sur l'album Sentimientos, et surtout Nature morte aux Maracas, une des premières grandes réussites de Comelade, disponible sur l'album Détail monochrome, qui a toutes les qualités et la drôlerie qu'auront par la suite les meilleurs titres du Bel Canto Orchestra.
A chaque fois que je l'écoute, j'ai des regrets de ne pas pouvoir en faire de même avec cette nature morte de 3'25 aux saxophones en plastiques, à la mandoline et aux castagnettes, dédiée à Jac Berrocal, qui devait paraître dans Notes.
Pascal Comelade lui-même a peut-être gardé une copie de cet enregistrement, mais pour la beauté du geste artistique, je le crois bien capable d'avoir découpé l'enregistrement original, ce qui était déjà un sacrifice économique car à l'époque il réenregistrait avec son Revox même sur des pièces publiées : les bandes originales de Détail monochrome sont effacées depuis longtemps.
J'ai bien pensé à écouter mon morceau de bande quand on avait un magnétophone à la Radio Primitive, mais à la vitesse standard de 19 cm/s il ne dure qu'une demie-seconde ! La seule solution que j'entrevois, assez comeladienne, serait que les 500 propriétaires des exemplaires de la nature morte musicale se donnent rendez-vous à la buvette de la Cathédrale de Reims (où qu'elle soit...) pour rassembler les pièces du puzzle et écouter ensemble la composition. Y a du boulot...


L'article de Dominique Diebold sur Pascal Comelade paru dans le n° 6 de Notes, une chronique de la cassette Slow musics avec la première annonce de la parution d'un Still life musics EP.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Je note le "quasiment inouï" le sieur pascal lui même apprécierait certainement le trait. Pour le moment les deux cinquièmes des posts sont top.
A part ça le nouveau skeud de PC à l'air (oui j'ai fait exprès, faut bien essayer d'être à la hauteur) vachement bien ph

Pol Dodu a dit…

A "l'air" ou a "les airs" vachement bien ? En tout cas, je confirme, sur la base des trois titres que j'ai déjà entendus.
Sinon, j'ai complètement oublié de faire lien ici avec les disques virtuels, même si l'expression "disque fantôme" utilisée dans l'éditorial de Notes correspond encore mieux à ce cas précis...

Nizza Kick a dit…

Il vient de sortir une série "illustrations" : il y a différentes œuvres dans la même collection dont un livre/disque "avis aux inventeurs d'épaves superbe avec ses illustrations (même la couv a été faite par lui) et 2 vinyles de reprises de tubes rock vintage (kinks, stones... repris à la sauce Comelade, très étonnant !).
Je ne l'ai trouvé que sur le site de sa maison de disque :
http://www.because.tv/shop/Pascal-Comelade

J'ai reçu mon pack avec toute la série illustrations hier (2 vinyles / 1 affiche géante de l'artiste Barcelo qui a fait un autoportrait de P. Comelade + le livre/disques : un peu cher mais que des produits collector en série limitée numérotés ! Bizarre par contre, je suis tombée dessus par hasard, il n'y a pas eu de pub on dirait ?

Pol Dodu a dit…

Nizza,
Pour une fois, la Comeladisco sur Vivonzeureux! le fanzine est à jour pour ces parutions, avec aussi un autre album sorti récemment, "Mosques de color", enregistré avec Pau Riba.

Pol Dodu a dit…

Pascal Comelade s'est inspiré de cette nature morte musicale pour la pochette de sa dernière compilation en date. My degeneration : Electronics 1974-1983 est un coffret de 5 33 tours en édition limitée paru chez Vinyl-On-Demand, qui compile les productions de ses premières années (Fluence, Paralelo, Sentimientos, Séquences païennes, Ready-made, Irregular organ / Musique par correspondance et deux extraits de Slow musics) ainsi qu'un enregistrement du premier concert du Bel Canto Orquestra à Montpellier le 28 octobre 1983.

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