12 mai 2013

LES GAËLIC : Gardez les cheveux longs


Acquis sur le vide-grenier de Mareuil-sur-Ay le 1er mai 2013
Réf : FX 1504 M -- Edité par Festival en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Gardez les cheveux longs (Baby, let your hair down) -- Sortez sans moi ce soir (What can I do today) -/- Quand t'as besoin d'un ami (You're gonna need somebody) -- C'est pas normal (You stole my love)

Je suis allé assez tôt à la broc de Mareuil cette année, mais ce fut un périple assez tristounet, météo comprise. En fait, j'ai bien failli revenir bredouille, sauf qu'il y avait le long du canal, posée sur une table, une boite à chaussures contenant une vingtaine de 45 tours en bon état, à 1 €. Rien d'exceptionnel, pas mieux qu'un Françoise Hardy en bon état, sauf ce disque, que j'ai sorti après avoir vu le nom Les Gaëlic en me demandant s'il s'agissait de folklore breton ou d'autre chose. Une fois vu le premier titre, Gardez les cheveux longs, il n'était même plus nécessaire de lire le texte au dos de la pochette pour savoir que ça valait le coup d'investir.
Si on m'avait demandé, j'aurais affirmé sans hésiter que je n'avais absolument jamais entendu parler des Gaëlic. Sauf que, grâce à l'illustration d'une vidéo sur Youtube, je me suis rendu compte que j'avais le premier titre depuis une bonne vingtaine d'années sur Infernal world, une compilation de Wild R'n'B et Beat sortie par Martian Records.
Eh oui, car il se trouve que cet unique disque de ce groupe rennais, présenté à l'époque comme jouant du rhythm and blues, est désormais recherché par les fans du son garage. A les voir en photos, je m'attendais plutôt à du folk-rock, et on est plus proche de ça, même s'il y a des titres électriques, que du freakbeat. Si ce disque est "garage", c'est du garage bien rangé, bien propre sur lui et pas graisseux, même si les cheveux des musiciens leur tombent sur la nuque : on a  sûrement affaire à des émules de Ronnie Bird.
Mais il faut remettre les choses dans leur contexte. En 1966, Antoine venait certes de rencontrer le grand succès, mais un groupe de province suffisamment dans le coup pour reprendre et adapter lui-même en français quatre (relatifs) succès anglo-saxons, ça ne devait quand même pas courir les rues.
Ces titres sont, dans l'ordre, Baby, let your hair down, créé par Tommy Hart en 1965, mais qui a aussi été un succès pour Graeme Chapman en 1966 (sur le label australien Festival, je ne sais pas s'il y a un lien avec ce label français) ; What can I do today, un titre des Swinging Blue Jeans de 1966 ; You're gonna need somebody, de Dave Berry (1964) et You stole my love, écrit par Graham Gouldman, créé par The Mockingbirds mais qui a aussi été repris en Australie.
En version gauloise, ça donne des résultats variés, plutôt rock pour Gardez les cheveux longs ("Pour le temps d'à présent, que chante Bob Dylan et pour la liberté et notre droit de chanter, gardez les cheveux longs") et Quand t'as besoin d'un ami.
Quand le groupe s'essaie à la protest song ("Un flic ça peut vous tutoyer, mais quand vous faites de même, jusqu'en prison il vous traîne, y a de quoi s'en étonner. Certains ont les oreilles cassées par le bruit de nos guitares électriques, mais celui d'une bombe atomique ne parvient pas à les réveiller."), ça ne va malheureusement pas au-delà de la réflexion du titre, "C'est pas normal". Et si l'intro de Sortez sans moi ce soir sonne très Byrds, les paroles sont encore au niveau du yé-yé mal digéré ("Sortez sans moi, mais surtout n'en profitez pas pour aller me la chiper. Ce soir je rentre, adieu les gars, passez une bonne soirée.").
Voilà malgré tout une galette bretonne délicieuse et mystérieuse. Je ne sais pas ce qu'ont bien pu faire les membres du groupe après ce seul disque, mais je serais très surpris qu'ils n'aient pas persévéré dans la musique d'une manière ou d'une autre.

Les quatre titres de cet EP sont en écoute et en téléchargement chez Obsolète

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