06 février 2010

FRUITKEY : Chevaline


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 4 février 2010
Réf : TR006P -- Edité par T-Rec en France en 2007 -- Promotional copy - Not for sale
Support : CD 12 cm
13 titres

Choisir un disque parmi des dizaines d'autres, de groupes inconnus pour la plupart, ça reste un jeu subtil. Même à 80 centimes, il est hors de question d'en prendre trop à l'aveugle. Ecouter ces disques, souvent mauvais il ne faut pas se leurrer, et les recycler ensuite, ça devient vite pénible.
Pour ce deuxième album de Fruitkey, le choix a été facile à faire. Le titre, Chevaline, me rappelle les bouchers de Châlons, qui me tendaient une tranche de saucisson les jours de marché, avant d'en glisser trois ou quatre autres dans l'emballage du bifteck. Il y a aussi la pochette, rigolote, avec ce cowboy à qui il manque justement son cheval, et au dos on retrouve Le fantôme, ce héros de BD, déjà vieillot quand je grandissais mais qui me fascinait quand même, surtout quand je tombais sur de vieilles BD où son costume était violet et non pas rouge comme pour les premières histoires que j'ai lues.
Pour ce disque, j'ai su dès les premières notes que j'avais eu la main heureuse : guitare rythmique acoustique, guitare électrique western à la Monochrome Set, relents de Calexico, claquements de mains, rythme entrainant, chant féminin réussi, Hand in the dark m'a tout de suite mis de bonne humeur.
Le  titre suivant, San Andreas fault, me plait presque autant. On retrouve la rythmique acoustique (presque tous les titres de l'album construits comme ça sont réussis), mais le chant cette fois-ci est masculin (plusieurs chanteurs se succèdent en fait tout le long du disque).
Bon, tous les titres ne me plaisent pas autant - j'aime moins le troisième et le quatrième par exemple - mais il y en a plusieurs autres qui font encore mon bonheur, comme Funny friend, avec sa rythmique électro-bricolée et son synthé pourri (qu'on retrouve plus ou moins intacts sur Without a fight), White steeple, plus long et plus élaboré dans sa construction, Monument, situé sur le versant acoustique de Neil Young, Restaurant et son synthé cheap comme sur le deuxième Television Personalities, ou 73 Wounded Knee.
Chevaline, avec son refrain avec ce mot francophone et sa voix féminine, fait immanquablement penser, en plus calme, à Caribou, le premier sommet des Pixies, sur Come on pilgrim.
C'est le genre de disque frais et léger pour lequel on n'a pas besoin de se creuser longtemps (ou de le réécouter plusieurs fois) pour savoir qu'on l'aime.

Après une écoute à l'aveugle, j'ai évidemment cherché à en savoir un peu plus sur Fruitkey. Je me demandais notamment si le groupe était français ou anglophone. Et bien les deux, mon général, puisque Fruitkey est au départ le projet de Jason Glasser, qui a longtemps joué avec Clem Snide et est installé en France depuis quelques années. Pour cet album, il avait rassemblé autour de lui un groupe au complet, avec notamment d'anciens membres des Hurleurs et de Sloy et la chanteuse  Sophie Mathoulin.
Même si j'étais certain de ne pas connaître ce groupe, ce nom Fruitkey me disait quand même quelque chose. Et effectivement, il se trouve qu'en chroniquant un maxi de Clem Snide l'an dernier, j'avais été amené à propos d'un remix à mentionner ce projet de Jason Glasser.

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