13 décembre 2009

LES COMPAGNONS DE LA CHANSON : A Bobino vol. 2


Acquis sur le vide-grenier de Magenta le 11 octobre 2009
Réf : S 63494 -- Edité par CBS en France en 1968
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Ça y est, c'est fait, je n'écoute quasiment plus de cassettes. Le dernier endroit où j'en écoutais encore, c'était sur l'auto-radio de la voiture, mais j'ai changé de voiture et par la même occasion d'auto-radio. Adieu les cassettes, bonjour les CD et les MP3 sur clé USB. Je conserve mes cassettes, bien sûr, mais elles sont stockées au grenier (sauf celles qui contiennent des enregistrements vraiment rares, comme le premier concert de Jesus and Mary Chain en France ou le premier passage de Jonathan Richman à Reims : les deux ont un son pourri de toute façon, ne pleurez pas après) et je ne compte aller farfouiller dedans qu'en cas de besoin avéré.
En tout cas, juste avant le grand changement, en juin dernier, en route pour le boulot, j'écoutais une de mes vieilles compilations cassette des années 1980 et j'ai rééentendu Le petit oiseau joli. Ça m'a mis de bonne humeur pour la journée, mais je ne me souvenais plus du tout qui étaient les interprètes. Vérification faite, c'était Les Compagnons de la Chanson.
Pour le coup, Les Compagnons, c'est absolument pas mon truc. Evidemment, vu leur discographie longue comme le bras et surtout leur popularité, j'ai ingurgité les tubes des Compagnons pendant toute ma jeunesse, via la radio et la télé, mais nous n'avions pas ou peu de disques d'eux à la maison et il y a peu de chances que j'en achète d'autre un jour. Mais après avoir réécouté la cassette, je m'étais promis de me procurer l'album avec Le petit oiseau joli et Les Compagnons ont été tellement populaires qu'il ne m'a fallu que quelques mois pour le trouver en bon état et pas cher du tout.
Je me souviens comment cette chanson s'est retrouvée sur ma cassette. C'est Jef et Sylvie qui m'ont fait écouter l'album, je ne sais plus à quelle occasion mais ils m'avaient sûrement invité à manger. Le disque,lui, provenait sûrement de la collection de la maman de Jef.
Absolument rien ne m'a accroché sur l'album, sauf cette pochade, qui m'a bien entendu rappeler Le vilain petit zoziau d'Odeurs, puisque qu'il question d'oiseau et que c'est chanté en chorale, même si Le petit oiseau joli, due au poète-chansonnier Charles Monelly, est en fait bien plus ancienne que la chanson d'Odeurs puisque Les Compagnons indiquent qu'elle date de vers 1930.
On retrouve Le petit oiseau joli dans nombre d'anthologies de chansons paillardes ou de salles de garde. C'est surprenant : c'est sûrement la plus sage du lot, la preuve étant que Les Compagnons l'ont chantée à Bobino ! Je vous laisse la découvrir dans le radio-blog ci-contre, dans la colonne de droite, mais retenez-en surtout la morale : "Quand on a bouffé d' la merde, faut pas l' gueuler sur les toits".
Le reste du disque m'est à peu près insupportable, surtout des trucs comme Le clown et l'enfant triste, Jérusalemen en or ou Quand la mer monte. Pour Si j'avais des millions, la chanson d'Un violon sur le toit, je la connais surtout et la préfère dans la version Ah! si j'étais riche par Ivan Rebroff. Leur version de L'amour est bleu passe quand même à peu près pour moi, mais c'est parce que je suis trop sensible à cette scie.
Un seul titre m'a vraiment fait lever l'oreille. Ça tombe bien, on trouve l'enregistrement filmé à Bobino de cette chanson sur Dailymotion :

"Sur des paroles de Jean Broussolle", mon oeil ! Il y a vingt ans on aurait pu me la faire, mais aujourd'hui il ne me faut pas plus de quinze secondes pour savoir que Jean Broussolle n'a signé que l'adaptation en français des paroles. On a bel et bien à faire ici à une reprise de The unicorn, chanson dont les paroles et la musique sont de Shel Silverstein. Il n'est pas étonnant que Les Compagnons l'aient reprise, car les Irish Rovers en avaient justement fait un énorme tube en 1968 (8 millions d'exemplaires vendus dans le monde).
Si on peut comprendre à la limite qu'en plein concert on fasse une annonce imprécise sur l'auteur de la chanson, il est plus surprenant et inadmissible (même si c'était très courant dans les années 50-60) que les crédits indiqués sur le disque soient faux. On nous donne Jean Broussolle (des Compagnons) comme parolier et Ch. Bud Dant comme compositeur. Vérification faite Charles Bud Dant est... le producteur de l'enregistrement des Irish Rovers ! Jean Broussolle doit être lui l'adaptateur des paroles en français. L'éditeur et le label n'ont pas fait leur boulot et si ça se trouve Silverstein n'a jamais touché un centime de ses droits d'auteur sur cette reprise...
Ce disque a autre chose de remarquable : l'étalage de pulls sur la pochette ! 14 pulls pour 9 Compagnons, avec des variations : pull à col roulé, sous-pull à col roulé avec pull à col ras ou rond, sous-pull avec col en V. Impressionnant. C'était la mode à l'époque, mais je me demande si Les Compagnons n'ont quand même pas aussi emprunté des sous-pulls aux Irish Rovers :

7 commentaires:

brouillard a dit…

si vous n'aimez pas çà n'en dégoutez pas les autres.brouillard

Pol Dodu a dit…

Ben voyons,
Certes, je ne suis pas à proprement parler un amateur des Compagnons de la Chanson, mais je m'intéresse suffisamment à eux pour leur consacrer une chronique et documenter certaines de leurs chansons, ceci dans un blog dont l'unique raison d'être est de refléter mes intérêts !
Quant à vous, rien ne vous oblige à fréquenter ces pages. Si vous ne supportez pas de voir vos idoles écornées, sauvez-vous vite et courez rejoindre une quelconque secte d'adorateurs !

Louis PETRIAC, biographe a dit…

Recherches faites, si un pressage n'a pas repris exactement les rôles de chacun quand à cette licorne, gentille petite bête à cornes, rassurez Silverstein. Il touche bien ses droits d'auteur et son nom apparaît tout à fait normalement sur le second pressage.
Broussolle ne s'est donc arrogé aucun droit particulier en l'affaire ! Ouf !

Pol Dodu a dit…

Louis,
Merci pour ces précisions. Comme je le disais, les erreurs de ce genre viennent généralement des éditeurs et des labels.
Quant à Shel Silverstein, il aura profité de ses droits d'auteur, mais pas au-delà de 1999, l'année de sa mort...

Djemaa a dit…

Bon dimanche sur la France et particulièrement chez vous ! Pascal.

Anonyme a dit…

ah punaise Dodu, quel monde! Dire qu'il se trouve tjrs des fans des C.. de la Chanson après tout ça ne gêne personne mais des fanatiques qui jettent l’opprobre sur ton truc, c'est comme tjrs avec les fanatiques: pas rassurant! Il s'en trouvera bien un un jour pour lancer un anathème ou une fatwa sur ta délicate personne.
Truc perso: les C de la C ont bercé mon enfance because mes parents adoraient, mais moi ça m'a tjrs bassiné Ph

Pol Dodu a dit…

Bon dimanche chez vous, Pascal et Philippe, sachant, Philippe, que même si la tempête gronde, personne ne t'obligera à écouter aujourd'hui Les Compagnons, ni même Nana !

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