27 décembre 2009

ORCHESTRE PETIOT : Ahoe te vaa


Acquis sur le vide-grenier d'Ecriennes le 18 octobre 2009
Réf : P 510 -- Edité par Petiot en France en 1979
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Comme le monsieur, dans une boite qui n'en contenait en tout qu'une quinzaine, avait rien moins que trois albums de musique tahitienne (les deux autres, des musiques de fêtes datant des années 80 ne m'intéressaient pas), je lui ai demandé si c'est lui-même qui les avait ramenés de là-bas. Il me l'a confirmé, en me montrant des coquillages qu'il vendait aussi sur son stand. C'était sûrement un fonctionnaire qui avait été un temps en poste en Polynésie.
Les coquillages m'intéressaient encore moins que les autres disques, mais par contre je savais que Petiot, dans la lignée des Gaston Guilbert et Yves Roché, était un musicien et producteur important de Tahiti, c'est pourquoi je me suis emparé immédiatement de cet album, bien qu'il me paraisse un peu tardif par rapport à mes goûts. 1979, c'est limite limite et très tard par rapport aux enregistrements de Tiare Tahiti de la fin des années 50 et des années 60 qui me font fondre comme neige au soleil de Tahiti.
Au bout du compte, j'ai été agréablement surpris à l'écoute du disque. Certes, le son est un peu plus "moderne", avec une basse électrique au lieu d'une contrebasse, quelques apparitions discrètes d'un orgue et d'autres, surprenantes et bienvenues, d'un harmonica, mais il reste fidèle à une certaine tradition tahitienne.
Petiot étant un guitariste, il fait appel à des chanteurs au sein de son orchestre. Sur ce disque, il semble bien que les deux chanteurs sont John Gabilou et Esther Tefana.
Outre le chant de marins et le tamouré à la fin des deux faces, les titres de l'album se répartissent en deux groupes : les chansons en français, destinées avant tout on l'imagine aux touristes clients des hôtels où l'Orchestre Petiot devait se produire le plus souvent, et celles en tahitien, plus traditionnelles, qui valent largement les enregistrements plus anciens du genre. Ce sont ces dernières que je préfère, bien sûr, comme A hoe te vaa, Kaute e mura, Te mata o te vahine, Motu one et A rutu aue te navenave. Les premières, comme Tahiti, Tahiti, Sabrina ou Île de Tahiti, flirtent trop avec la variété pour mon goût, mais j'ai un gros faible cependant pour La fille des îles, suffisamment légère et délurée pour me faire craquer.
Petiot a édité des dizaines de 33 tours. Les chansons de celui-ci, dans d'autres éditions, semblent provenir des volumes n° 25 et 26 principalement. Il y a visiblement eu des rééditions en CD (Le catalogue de la médiathèque du centre culturel Tjibaou en Nouvelle Calédonie en liste près de cinquante !), mais leur distribution doit être très locale car elles ne sont très peu référencées sur internet.
En octobre, juste après avoir acheté ce disque, j'ai d'ailleurs peu trouvé d'informations sur Petiot. En préparant ce billet ces derniers jours, j'ai eu la bonne surprise de tomber sur un article tout récent (21 décembre 2009) de La Dépêche de Tahiti, qui nous apprend plusieurs choses : Petiot a bon pied bon oeil; Après 1984, il s'est surtout consacré à la musique religieuse; Il vient d'éditer une compilation de 13 de ses meilleurs titres intitulée Ma guitare et moi.

Te mata o te vahine
Orchestre Petiot avec Esther Tefana au chant : Te mate o te vahine.

La fille des îles
Orchestre Petiot avec Gabilou au chant : La fille des îles.

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