10 août 2007

JONATHAN RICHMAN : Revolution Summer


Acquis par correspondance chez Record Time à Detroit en juillet 2007
Réf : 20071-2 -- Edité par Vapor aux Etats-Unis en 2007
Support : CD 12 cm
12 titres

J'aurais tendance à conseiller Revolution Summer en priorité aux afficionados bien accrochés de Jonathan Richman plutôt qu'aux amateurs occasionnels qui souhaiteraient découvrir sa production. Non pas que ce disque soit mauvais, mais autant la précédente bande de film éditée de Jonathan, Mary à tout prix, était constituée de chansons dans le style de ses productions habituelles, autant ici on a affaire à une vraie musique de film, 100% instrumentale.
Ce film, c'est une véritable histoire de famille. C'est un film indépendant écrit et réalisé par Miles Montalbano, qui se trouve être le beau-frère de Jonathan Richman, qui lui-même en est le producteur exécutif (ce qui, sauf erreur de ma part, signifie qu'il en termes de cinéma qu'il a participé à son financement). Il ne s'agit pas de leur première collaboration, puisque Miles Montalbano a notamment filmé le concert de Jonathan Richman édité en DVD sous le titre Take me to the plaza. Cette fois-ci, Miles s'est même installé pendant un temps chez sa soeur et Jonathan Richman pour travailler sur le montage du film.
Le scénario a été écrit en réaction au climat politique aux Etats-Unis (le tournage a eu lieu en 2005), notamment suite à la répression des manifestations contre l'entrée en guerre en Irak en 2003. Il s'inscrit dans une série d'engagements de Miles et Jonathan depuis quelques années, par exemple en soutien à la candidature de Matt Gonzalez à la mairie de San Francisco ou contre la peine de mort (chanson Abu Jamal en 2004, interview de Damien Echols).
Côté musique, on ne tombe pas dans l'arrangement musical à la sauce hollywoodienne, avec envolée de cordes et tout ça. On est plus proche du travail de Calexico sur Committed, par exemple, ou de A trip to tripville. L'enregistrement s'est fait à trois, avec Jonathan Richman à la guitare, à la basse et à l'orgue à pompe, son compère sur scène et sur disque depuis des années Tom Larkins à la batterie et aux percussions et Ralph Carney, le célèbre saxophoniste qui a débuté avec Tin Huey à l'époque de la new wave et qui a joué avec plein de monde depuis, notamment Tom Waits, aux instruments à vent, au violon et à la pedal steel. Ralph devient un habitué des disques de Jonathan, puisqu'il est présent sur ses deux derniers albums, Not so much to be loved as to love en 2004 et Her mystery not of high heels and eye shadow en 2001.
On a l'impression que cette musique de film est en bonne partie improvisée et que les morceaux qui nous sont proposés sont des extraits de prestations qui duraient peut-être bien plus longtemps au départ. Sur les douze titres listés, trois sont proposées en deux versions, mais à l'écoute on n'a pas l'impression d'avoir neuf thèmes musicaux différents. Certains rythmes et motifs sont en effet utilisés à plusieurs reprises tout au long du disque.
A part pour Hope's theme, où l'on retrouve la guitare acoustique très présente dernièrement dans les concerts et les disques de Jonathan, l'ensemble est plutôt très rythmé et assez électrique, ce qui a conduit certains commentateurs à dire que c'était son disque le plus proche des Modern Lovers du début. Ça me parait pousser le bouchon un peu loin : si quelqu'un s'attend à entendre la suite de Roadrunner sur ce disque il risque d'être déçu ! Mais il est vrai que plusieurs des thèmes principaux du disque (Weeds breaking through the concrete, A chill in the night air,...) ont une rythmique très proche de celle de la version de Pablo Picasso interprétée très souvent sur scène ces derniers temps par Tom et Jonathan.
Au bout du compte, on a un disque très court (28 minutes), qui aurait peut-être pu être complété, soit pas les extraits "coupés au montage" de cette musique de Revolution Summer, soit par la bande originale composée par Jonathan Richman pour le premier court-métrage de Miles Montalbano, Love and the monster.
On note un nouvel arrivé dans la galaxie/famille musicale de Jonathan Richman, puisque c'est Adam Selzer, de Norfolk & Western, qui est crédité pour la mastérisation du disque.
La première de Revolution Summer aura lieu à San Francisco le 31 août. Jonathan Richman et ses accolytes accompagneront la projection en direct, comme ils l'ont fait il y a peu pour un film muet, The Phantom carriage.

5 commentaires:

Jacques_ a dit…

Calexico, les Modern Lovers on revait et en 28' l'affaire est reglee, Jonathan a t'il vraiment souhaite la sortie de ce disque ?
jacques

Pol Dodu a dit…

Bonjour Jacques,
C'est une question qui ne me serait pas du tout venue à l'esprit.
Il me semble que, arrivé à ce point de son parcours, Jonathan dispose d'une grande maîtrise de ses projets artistiques et je n'imagine pas que Vapor ait pu sortir ce disque sans qu'il l'ait souhaité...!

Anonyme a dit…

ça me fait penser ( achill in the night air" dans l'esprit et dans l'épure à ce qu'a fait N.Young pour le "dead man" de Jarmush.
philipe

Pol Dodu a dit…

Dans une interview, Kyle Field, de Little Wings, donne une information qui explique comment la connection a pu se faire entre Jonathan Richman et Adam Selzer : Adam serait le cousin de l'épouse de Jonathan !

Charlie Dontsurf a dit…

Décidemment, ce petit widget ... Je ne connaissais pas l'existence de ce disque de JR.
Ralph Carney a joué avec David Thomas, aussi. Je ne crois pas au hasard et ... le monde est petit.

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