12 février 2006

MAX ROMEO : One step forward


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 12 février 2006
Réf : 6138 101 -- Edité par Island en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Chase the devil -/- One step forward

Je vais finir par vraiment apprécier ce vide-grenier mensuel, même par un froid glacial, surtout si j'y trouve à chaque fois quelques disques intéressants. Là, une table tenue par un pro qui affiche en gros "1 € les 33 tours" avec un album de Siouxsie & the Banshees qui dépasse, c'était des plus alléchants.
J'ai ramené plusieurs disques intéressants, mais celui-là, c'est quelque chose ! Il vaut surtout par sa pochette. Non pas que la musique soit mauvaise, loin de là : il s'agit de deux extraits de l'album "War ina Babylon" de Max Romeo, produit par Lee Perry, un grand classique du reggae (Il existe une version single de "One step forward", reprise sur une réédition CD de l'album, mais ici c'est bien la version de l'album).
Je ne sais pas si Max Romeo est déjà tombé sur cette pochette, mais si c'est le cas il a dû se prendre la tête dans les mains, comme la jeune femme dessinée sur la pochette de son album. Ses paroles sont militantes, socialement conscientes, et là ce qui s'est passé c'est que le label et un night-club, le François Patrice - Saint-Hilaire (tout un programme !) ont essayé de lancer nouvelle danse, le reggae. On a donc droit à ces danseurs qu'on dirait échappés d'une version française de "Saturday night fever", et surtout il y a eu, en parallèle à cette "version originale anglaise" de "One step forward" une "version originale française", attribuée à Doudou, avec quasiment la même pochette !
Mais le pire, c'est quand on commence à regarder les paroles. Là où Max Romeo commence effectivement sa chanson par "Ooh yeah ooh yeah, Na na na na na na, un pas en avant, deux pas en arrière", avant de se lancer dans un avertissement martial aux dreadlocks qui se laissent attirer par les sirènes commerciales de Babylone ("Are you a commercialized grabbing at the cash-backs ?), la version française "Oye oye reggae" reste au ras des pâquerettes : "Un pas en avant, deux pas derrière, on danse le reggae", soit le degré zéro de la chanson !
Quant au hit "Chase the devil", qui voit Max Romeo prêt à s'habiller d'acier pour chasser le Malin de la terre, il devient en français une chansonnette fleur bleue, "Vanille et chocolat reggae" : "Tes cheveux sont de la vanille, t'as les yeux couleur chocolat, t'es vraiment le genre de fille que l'on aime tenir dans ses bras." !!
Comme dans l'âge d'or des années 60, les deux versions du disque nous gratifient au dos de la même série de photos expliquant comment danser le reggae (Le dos de pochette est visible sur l'excellent site consacré aux 45 tours de rock français, et vous pouvez même y écouter un court extrait de "Oye oye reggae"). On apprend aussi que les supers costumes sont de David Molho, et la chorégraphie de Victor Upshaw...

11 février 2006

ALBERT MARCOEUR : Celui où y'a Joseph


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims vers 1985
Réf : LDX 74796 -- Edité par Le Chant du Monde en France en 1983
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Non, il n'y a pas erreur. La pochette originale de ce disque, en 33 tours, se présente bien comme un grand carré noir, sans aucune inscription. Il s'agit en fait d'un carton fort plié en quatre, et une fois déplié, à l'intérieur on découvre le dessin de Pascal Doury qui est ci-dessous. Ensuite il y a une sous-pochette toute noire, puis une sous-pochette grise avec les crédits et les paroles dessus, et le disque à l'intérieur. J'avoue que je n'ai jamais vraiment saisi la symbolique de cet emballage.
J'ai acheté ce disque parce qu'il était en soldes, et parce que j'avais été conditionné par mes amis pour savoir que la musique d'Albert Marcoeur était intéressante. Je me souviens notamment que Dorian Feller m'avait parlé de ce disque au moment de sa sortie. Plusieurs mois avant la sortie du disque, il avait enregistré sur bande avec son Revox une émission de France Culture au cours de laquelle plusieurs titres de l'album avaient été diffusés.
Avec ses côtés parfois (je mets des guillements) un peu "progressifs" ou "jazz", la musique de Marcoeur n'est pas a priori du genre à me plaire spontanément, et pourtant, plus ça va et plus je l'apprécie. Ce qui me permet d'entrer dans son univers, ce sont en général les paroles, que ce soit des observations du quotidien ("Au moment de monter dans la rame, mon billet s'échappe de mes mains"), des interrogations quasi-métaphysiques ("J'aimerais avoir un pantalon qui m'serre le cul (...) Même que j'aurais pas d'slip (...) Mais à chaque fois faudra qu'je cache la dernière goutte de pisse") ou des histoires d'amour ("Elle disait toujours non, mais en fait c'était oui ; je l'ai pas su tout d'suite"). Ou un peu tout ça à la fois et bien d'autres choses encore.
Depuis le début, mon titre préféré sur ce disque est "Con que j'étais", mais là en le réécoutant, je craque bien pour "Joseph" (Oui, il y a un morceau qui s'appelle "Joseph", d'où le titre du disque), la "Ballade à jean", avec sa batterie et son basson qui sonnent presque new wave, tout comme "Non long", d'ailleurs, avec en plus Marcoeur qui fait la grosse voix. J'aime aussi beaucoup "Bonne entente", avec sa batterie et ses instruments à vent.
Ce disque a été réédité par le Label Frères de Marcoeur. Allez-y voir, vous pourrez y écouter des extraits et vous procurer le disque.

10 février 2006

MIOSSEC : Regarde un peu la France


Offert par La Radio Primitive à Reims en juin 1995
Réf : PROMOBIAS 025 CD -- Edité par PIAS en France en 1995 -- Échantillon promotionnel interdit à la vente -- Tirage limité à 3000 exemplaires
Support : CD 12 cm
Titres : Regarde un peu la France -- Non non non non (Je ne suis plus saoul) -- Crachons veux-tu bien

Après plus de dix ans, après les albums plus ou moins décevants, les concerts trop avinés, puis les concerts trop sages, avec l'habitude qui s'est installée aussi, il devient presque difficile de se souvenir que, lors de sa sortie en 1995, le premier album de Miossec, et le personnage lui-même, ont fait l'effet d'une bombe dans le paysage musical français.
Avant même d'écouter "Boire" en entier, c'est avec ce trois titres promo que j'ai découvert Miossec. La Radio Primitive en avait distribué lors d'un concours pour faire la promotion du concert de Miossec à la MJC Claudel de Reims le 9 juin 1995.
Je garde un excellent souvenir de ce concert, le seul que j'ai vu dans la formation originale en trio, et mon préféré des quatre-cinq auxquels j'ai dû assister en tout. Quelle claque de se prendre toutes ces chansons dans les oreilles, avec les deux guitares acoustiques et Christophe qui s'emparait de tout ce qui trainait sur scène (le pied de micro, la batterie du groupe de première partie) pour s'occuper les mains et faire un peu de percussions.
Les trois extraits de "Boire" choisis pour ce disque promo sont et restent excellents, que ce soit le portrait au vitriol "Regarde un peu la France", la promesse d'ivrogne "Non non non non", dont le sous-titre me fait toujours rire, et "Crachons veux-tu bien", chanson "d'amour" typique de Miossec (je voulais faire un adjectif genre miossecienne mais ça fait vraiment très moche).
Les chansons sont toujours aussi bonnes, et l'enregistrement n'a pas changé, mais bizarrement elles sonnent beaucoup plus douces maintenant. Mes oreilles se souviennent peut-être trop des concerts, mais j'y entends beaucoup moins de violence rentrée que dans mes souvenirs...

Ajout du 11 août 2024 :

18 ans plus tard, des vidéos sont en ligne pour chacun des titres de ce CD. On ne va pas s'en priver :


Miossec, Regarde un peu la France, en direct le 3 octobre 1995 dans l'émission Le cercle de minuit sur France 2.



Miossec, Crachons veux tu bien, en direct en 1995 dans l'émission Tempo sur FR3 Rennes.

06 février 2006

TAPPER ZUKIE : Man ah warrior


Acquis sur le vide-grenier des bords de Marne à Epernay le 2 octobre 2005
Réf : MER 101 -- Edité par Mër aux Etats-Unis en 1977
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Il ne faisait pas beau, mais il ne pleuvait pas. On s'est donc décidés à aller à ce vide-grenier en début d'après-midi, alors que ce n'était pas prévu. Comme d'habitude, il n'y avait que peu d'exposants, surtout des professionnels et quelques rares amateurs, comme ce couple d'environ 45 ans dont le mari s'était réfugié dans la voiture. Pas grand chose sur leur stand, mais quand même une caisse d'une trentaine de disques, ça me suffit pour m'arrêter...
C'est ce disque de Tapper Zukie qui a vite retenu mon attention. Quand j'ai soulevé la pochette, le disque m'a paru lourd. Pas étonnant, puisqu'un des deux disques de "Babylon by bus" de Bob marley & les Wailers avait été glissé en surnombre dans la pochette. J'ai rendu ce disque de Marley à ses propriétaires, et je leur ai demandé s'ils savaient comment le disque de Tapper Zukie se retrouvait ici. Apparemment, il s'agissait de leur propre collection, et ils avaient acheté ce disque à Paris au moment de sa sortie.
J'étais intrigué, en effet, car on voit rarement des disques de Tapper Zukkie sur les vide-greniers, mais ce qui m'a surtout surpris c'est de voir au dos de la pochette le logo du label Mër, que je connaissais pour l'avoir vu sur le maxi de Patti Smith "Hey Joe" -/- "Radio Ethiopia (live)", sorti en France en 1977. Mër est un label créé par Patti Smith, Lenny Kaye et Robert Mapplethorpe, et je n'avais pas du tout idée jusque là que ce label ait pu sortir un album de reggae !
En fait, Tapper Zukie a fait la première partie de Patti Smith à Londres en octobre 1976, et Patti Smith a été tellement scotchée par la prestation du DJ jamaïcain qu'elle s'est arrangée pour embarquer Tapper Zukie en première partie de sa tournée suivante et pour éditer ce disque aux Etats-Unis, avec une superbe photo de pochette signée Robert Mapplethorpe.
Cet album, "Man ah warrior", le premier de Tapper Zukie, avait déjà une longue histoire derrière lui. Il est issu de sessions enregistrées par Zukie à Londres en 1973, mais il a été édité par le producteur Clement Bushay sans que Tapper Zukie en soit averti. J'imagine la tête qu'il a dû faire en découvrant cet album chez un disquaire lors de son retour à Londres en 1975 ! En plus, le disque a eu pas mal de succès...
Tapper Zukie est surtout réputé pour être le pionnier d'une approche du toasting sur des dubs très dépouillés, comme ici sur "Man ah warrior" ou "Ire lion", en avance de quelques années sur le travail de gens comme Prince Far I ou Linton Kwesi Johnson. Personnellement, j'ai quand même tendance à préférer sur ce disque les titres comme "Viego" ou "Black cinderella", qui conservent un peu plus d'instrumentation que le seul squelette basse-batterie.
Jusqu'à une réédition CD en 2003 par Trojan, ce disque était assez recherché, apparemment. L'édition Trojan comporte sept titres en bonus, dont la version longue de "Born to be black" qui est, et de loin, mon titre préféré parmi ceux que je connais de Tapper Zukie.

05 février 2006

THE DELGADOS : Sucrose


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres fin 1996 ou début 1997
Réf : chem 008 CD -- Edité par Chemikal Underground en Ecosse en 1996
Support : CD 12 cm
Titres : Sucrose -- Chalk -- Eurosprint -- The dirge

C'est l'un des premiers singles des Delgados, sorti une quinzaine de jours avant leur premier album, "Domestiques". Seul "Sucrose" est repris sur l'album. C'est un bon titre de noisy pop, et même s'ils le compliquent à la fin en le rallongeant inutilement, on est loin ici des titres très élaborés de leurs derniers albums avec Dave Fridman à la production.

"Chalk" et "Eurosprint" sont deux ballades à la guitare acoustique qui sonnent comme des démos solo, la première chantée par Alun Woodward, la seconde par Emma Pollock.

Mon titre préféré de ce disque, et de loin, c'est le dernier, "The dirge". C'est d'ailleurs le seul que j'ai régulièrement passé à l'époque dans l'émission Vivonzeureux!.
Seul petit problème, mais ça n'en est pas vraiment un, ce n'est pas un titre écrit par les Delgados, mais une reprise des New Bad Things, un groupe contemporain des Delgados, originaire de Portland aux Etats-Unis. Les deux groupes devaient se connaître puisqu'ils ont sorti ensemble un split single sur le petit label Lissy's (sur lequel les Delgados reprenaient "Sacré Charlemagne" de France Gall !!).
Je n'ai malheureusement jamais entendu la version originale de "The dirge", je ne peux donc pas faire la comparaison. mais ce n'est pas très grave, car cette version me suffit largement !
C'est aussi un peu noisy. Ça commence avec le garçon-chanteur et la fille-chanteuse qui se répondent (un peu comme pour Melon Galia), et j'adore. Ensuite, c'est presque mieux quand ils se mettent à entonner ad libitum une sorte de deuxième refrain ("I love you, no matter where you spend the night, you can always come back to me, because I'm nothing and you are everything"). Et ça se finit en joyeux bordel, avec des sifflements, des coups de cymbale du batteur et l'impression qu'ils se sont bien amusés à enregistrer ça.

04 février 2006

WAY OF THE WEST : Don't say that's just for white boys


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 6359 072 -- Edité par Mercury en France en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Don't say that's just for white boys -/- Prove it

La carrière de ce groupe a été des plus courtes. D'après les renseignements que j'ai pu glanés, ils ont sorti trois singles la même année, plus un morceau sur un flexi donné avec un magazine, et c'est tout, soit sept titres pour l'intégrale. Ils étaient pourtant signés sur un gros label, Mercury, mais le manque de succès des singles n'a pas dû les inciter à financer un album.
Ça se comprend aussi, car ce groupe n'a pas laissé de chef d'oeuvre oublié derrière lui ! Leur problème, c'est le manque d'originalité. En 1981, on était en plein dans les suites du raz de marée du deuxième album de Police, et c'est exactement ce qu'on retrouve ici, dès les premières notes de leur premier single : ligne de basse regatta de blanc, saccades de guitares,... Le refrain n'est pas mal, comme sur leurs autres singles : j'ai d'ailleurs hésité entre parler de ce disque ou du suivant, "See you shake". J'ai finalement choisi celui-ci car la face B, "Prove it" a aussi un petit quelque chose de bien dans le refrain.
On sait très peu de choses de ce groupe anglais. Ils étaient cinq, dont une bassiste, et le leader était Peter Carney, le chanteur-guitariste qui a écrit toutes leurs chansons. Ce premier single a bénéficié d'un producteur connu, Richard Strange, l'ex-Doctors of Madness, mais pas les deux suivants.
Bernard Lenoir a beaucoup passé "Don't say that's just for white boys" et "See you shake" a l'époque dans Feed Back, c'est comme ça que je m'étais intéressé au groupe.