01 juillet 2018

JOHNNY DOWD : Hell or high water


Acquis chez Transmission Records à Cliftonville le 15 juin 2018
Réf : Nico7 - 001 -- Édité par Nicole aux Pays-Bas en 2000
Support : 33 tours 17 cm
Titres : Hell or high water -/- Divorce, American style

Séjournant quelques jours dans le Kent le mois dernier, je n'ai eu l'occasion de visiter que deux disquaires. L'un, qui s'est installé dans la grande rue de Canterbury peut-être bien dans les locaux qui accueillaient Indoor Market en 2010, propose à des prix délirants des disques d'occasion même pas en particulièrement bon état. L'autre, à Cliftonville/Margate, est une boutique beaucoup plus sympa et intéressante, où l'on trouve des vinyls neufs et d'occasion à des prix de 2018, et où il y avait au moins un petit carton de 45 tours soldés duquel j'ai extrait avec plaisir ce disque de Johnny Dowd à 1 £.
La discographie de Johnny Dowd est conséquente. Chose assez rare, en incluant des cassettes et des live en édition limitée, Discogs liste 23 albums, mais seulement 4 singles ! Celui-ci est le plus ancien et je suis d'autant plus content d'être tombé dessus.
En Europe, les disques de Johnny Dowd étaient alors édités aux Pays-Bas par Munich Records. Quelques-uns sont aussi sortis en Allemagne chez Glitterhouse. Ce disque-ci, qui s'écoute en fait en 33 tours car les titres sont un peu longs, est sorti sous l'étiquette par Nicole Records, présentée au dos de la pochette comme une filiale de Munich. C'est apparemment l'unique disque publié par ce label.
C'est dommage qu'il n'y ait aucun crédit pour la photo de pochette, qui nous montre un campeur devant son feu de camp et près de sa voiture, dans les années 1930 ou 1940 je dirais.
LA face A, Hell or high water est extraite de Temporary shelter, le troisième album de Johnny Dowd. Je n'ai pas cet album (peut-être que Philippe R. l'a car on s'arrangeait souvent pour ne pas prendre des disques en doublon quand on commandait ensemble chez Glitterhouse dans ces années-là), mais je connais bien la chanson car je l'avais sur la compilation Out of the blue volume 8 de Glitterhouse.
Rythme bancal, claviers crades, guitare râpeuse, duo vocal homme-femme brut de décoffrage, paroles tellement noires qu'elles finissent par prendre une dimension désespérément comique, il y a là tout ce que j'aime chez Johnny Dowd, tous les ingrédients qui m'ont fait craquer la première fois que j'ai entendu First there was sur une autre compilation Glitterhouse.
La face B, Divorce, American style, est plus rare. Elle est sortie initialement en 1999 sur la compilation d'enregistrements maison Unsound - Volume 2 : Guitars ! (on peut écouter un extrait de 30 secondes de la chanson en suivant ce lien), puis l'année suivante sur ce disque et c'est tout. Pourtant, j'ai dû récupérer un MP3 de ce titre à un moment ou un autre puisque, preuve qu'il m'avait bien plu, je l'ai inclus en octobre 2002 sur ma compilation Ma femme n'est pas là (le titre de la compilation vient de la chanson d'Arno Je veux nager, mais il colle très bien à celle de Dowd !).
Là, Johnny est juste un batteur. Le gars qui raconte l'histoire explique comment il est arrivé chez lui pour trouver sa femme au lit avec quelqu'un d'autre (avec une variante par rapport à la version classique : "She was in bed with my best friend's wife, no bigger surprise have I had in my life") et les conséquences du divorce qui a suivi.
Chez Counter Punch, j'ai trouvé une information intéressante : en 2016, sur son album Execute American folklore, Johnny Dowd a revisité et retravaillé certaines de ses chansons, parmi lesquelles Divorce, American style, qui est devenue pour l'occasion une sorte de hip hop crade titré Sexual revolution.
Quand j'ai trouvé ce disque, comme je connaissais les deux titres, je pensais qu'ils venaient d'un album que j'avais à la maison, mais j'étais déjà bien content. Mais je n'avais pas la face B en disque, et en plus elle est très bonne et rare. C'est parfait !

Des exemplaires autographiés de Temporary shelter sont actuellement en vente pour 4,99 $ sur le site de Johnny Dowd.


Johnny Dowd, Hell of high water, sur la compilation Down To The Promised Land: 5 Years of Bloodshot Records. Sauf erreur de ma part, c'est la version de l'album et du single.


Johnny Dowd et Kim Sherwood-Caso, Hell or high water, au Felicia's Atomic Lounge à Ithaca, la ville de Johnny Dowd, le 11 juillet 2010, dix ans après la sortie de Temporary shelter.

4 commentaires:

debout a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=u-tTs6F1Tok

https://www.youtube.com/watch?v=fuG-mnAzAFI

https://www.youtube.com/watch?v=YuprfNby-CE

Plutôt que de célébrer ad aeternam le culte funèbre de Johnny Cash, les médias rock français devraient écouter Johnny Dowd

Pol Dodu a dit…

Eh eh. Merci pour les liens vers les vidéos. Ma préférée est la troisième, visiblement un concert très familial (on ne les voit pas, mais on entend les enfants autour), ce qui ne l'empêche pas de balancer sa noirceur habituelle. Toujours avec une certaine distance, quand même.

Anonyme a dit…

johnny dowd c'est pas tjrs du plus facile à écouter et je me demande bien comment ça se passe en public, le gars échappe à tous les clichés. Ce Hell or highwater (oui j'ai l'album et la compil bloodshot et glitter!) est du grand cru, ça c'est sûr. D'accord avec debout pour dire qu'on ferait mieux de s'intéresser à lui mais le rapport avec cash est trop réducteur à mon avis, dowd c'est autre chose encore....et sa logistique est bien en deça de celle de cash! La vidéo associée est très bonne. Ph

debout a dit…

Oui, je suis d'accord, le seul point commun entre Cash et Dowd c'est le prénom ; je voulais juste rappeler (en un raccourci certainement trop raccourci) que la critique française est très paresseuse et que dès qu'il s'agit de musique "américaine" à guitare, avec un mec à la gueule cabossée qui chante ses compos qui sonnent assez roots, cette fameuse critique spécialisée ne sort guère des sentiers battus par Cash, Dylan et, plus récents, Lucinda Williams ou Rhiannon Giddens... Et comme, en plus, avec J.D. ça n'est ni gouleyant ni seyant...

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