10 mars 2012

COUSIN JOE : I'm Cousin Joe from New Orleans


Acquis auprès de "M. Beatnik" sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 2 octobre 2011
Réf : 2C006-98934 -- Edité par EMI en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : I'm Cousin Joe from New Orleans -/- Barefoot boy

Après le Bill Black's Combo, voici le deuxième des trois 45 tours que j'ai achetés à "M. Beatnik" l'automne dernier. Je n'avais absolument jamais entendu parler du Cousin Joe (comme j'avais eu l'occasion de l'écrire ici l'an dernier), mais le fait qu'il se présente comme étant originaire de La Nouvelle Orléans, ça m'a largement suffi comme carte de visite. Ça, plus la photo de pochette, qui n'est pas très belle mais qui nous le montre tout content et quasiment en train de danser à  son piano. En scrutant bien, on devine que le Cousin a de la bouteille, et effectivement il avait 70 ans quand ce disque est sorti en France. Son vrai nom, c'est Pleasant Joseph, et pour  ma part, si j'avais été doté d'une telle association prénom-nom je n'aurais surtout pas pris la peine de m'affubler d'un pseudonyme.
Guitariste, pianiste, chanteur, le Cousin Joe a démarré sa carrière professionnelle dans les années 1920, plutôt dans le blues mais, installé quelques années à New-York dans les années 1940, c'est surtout en tant que chanteur de jazz dans le septet de Mezz Mezzrow et Sidney Bechet qu'il est connu. A partir des années 1960, revenu à La Nouvelle Orléans, où il joue notamment avec l'orchestre de Dave Bartholomew, il tourne régulièrement en Europe. En 1964, il est à l'affiche avec Sister Rosetta Tharpe et Muddy Waters du Blues and Gospel train, filmé à Manchester le 7 mai. L'an dernier sur YouTube, les images de Sister Rosetta interprétant Trouble in mind nous ont ravis, Philippe R. et moi. C'est Pleasant Joe qui vient s'installer dans le rocking chair. Il venait d'interpréter son Fried chicken blues.
En 1971, c'est en France à Toulouse qu'il enregistre son album Bad luck blues, répouté pour être l'un de ses meilleurs. Plus tard dans les années 1970, il enregistre plusieurs disques pour le label Big Bear à l'occasion de tournées en Angleterre, à commencer par l'album Gospel-wailing jazz-playing rock'n'rolling soul-shouting tap-dancing bluesman from New Orleans en 1974, dont le titre  à rallonge détaille le CV de Cousin Joe. Mon 45 tours est l'édition française d'un single anglais de 1976, mais la face B est un extrait de cet album de 1974.
I'm Cousin Joe from New Orleans est encore un titre où Pleasant se décrit : "Watching me strut my stuff, watching me good enough, I'm hotter than a plate of red beans, 'cause I'm Cousin Joe from New Orleans". Avec piano, choeurs et cuivres, le son est typique de ce qu'on connait de la Nouvelle Orléans, de Fats Domino à Allen Toussaint. En face B, Barefoot boy est un blues, qui démarre surtout au piano mais qui compte ensuite d'excellents solos de guitare.
Au bout du compte, ce disque est plus sympathique que renversant, mais en commençant à m'intéresser à l'histoire de Cousin Joe, je ne pensais pas remonter aussi loin dans le temps et je n'imaginais pas qu'il avait travaillé avec autant de grandes figures du jazz et du blues. Il est d'ailleurs à noter que, avec Big Bill Broonzy, dont j'ai justement acheté un album le même jour, Cousin Joe est l'un des rares bluesmen à avoir publié une autobiographie, Cousin Joe: Blues From New Orleans, publiée par The University of Chicago Press en 1987, soit deux ans avant la mort de Pleasant Joseph.

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