11 septembre 2011

TELEPHONE ! : Métro / Hygiaphone


Acquis probablement au Hifi Club à Châlons-sur-Marne vers 1979
Réf : TP 40.001-- Edité par Tapioca en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hygiaphone -/- Métro

C'est sûrement l'un des tous premiers disques que j'ai achetés non seulement parce que la musique qu'il contient m'intéressait mais aussi parce que je savais que ce tout premier 45 tours de Téléphone était assez difficile à trouver.
J'avais lu dans la presse que le groupe avait auto-édité son premier disque et le vendait 5 francs à ses concerts. Ça doit à peu près correspondre au prix que j'ai payé pour ce disque, trouvé en solde au Hifi Club, sauf que je ne savais pas à l'époque qu'il ne s'agissait pas de la première édition auto-produite et sans pochette du disque mais d'une réédition sortie quelques temps plus tard sur le label Tapioca. Signalons pour l'anecdote que ce label Tapioca est un point commun inattendu entre Pascal Comelade et Téléphone : en effet, outre leurs relectures personnelles et divergentes des répertoires de Chuck Berry ou des Rolling Stones, tous les deux ont eu un de leurs disques réédités au catalogue du label plutôt expérimental Tapioca ! (Pour Comelade, il s'agit de son premier disque Fluence).
Comme la plupart des gens qui  s'intéressaient un minimum au rock à cette époque, j'ai découvert Téléphone dès son premier album. J'ai énormément écouté ce disque tout au long de 1978, même si je ne l'ai pas acheté car j'avais pu me faire une copie sur cassette de l'exemplaire d'un copain.
C'est un peu plus tard que j'ai fait l'acquisition de ce 45 tours. Il a été enregistré le 8 juin 1977 au Bus Palladium lors d'un concert gratuit. La veille, ils avaient joué à l'Olympia, remplaçant au pied levé Blondie. Ça avait du coup donné une affiche intéressante du point de vue des  intitulés puisque la tête d'affiche ce soir-là était Television ! Sachant que le groupe avait à peine plus de six mois d'existence au moment de ce concert, c'est impressionnant de constater comme il est bien en place. Le son et l'interprétation sont excellents et les versions sont au bout du compte très proches de celles en studio. Je me souvenais bien sûr très bien du décalque de Chuck Berry que constitue Hygiaphone, mais ce qui m'a surpris à la réécoute c'est le son de guitare très blues de Bertignac, avec beaucoup de bottleneck, surtout sur Métro (c'est trop).
La chronologie de Téléphone en 1977 est presque aussi resserrée que celle d'un groupe sixties : ils signent en chez Pathé-Marconi fin août et l'album sort trois mois plus tard. Il a été enregistré à Londres avec Mike Thorne à la production, ce qui signifie que celui-ci a dû quasiment enchaîner la production de Téléphone avec celle du Pink flag de Wire. Un sacré contraste car, même si on était en 1977, Téléphone n'avait absolument de rien de punk ni de new wave.
En 1979, j'ai acheté Crache ton venin dès sa sortie, ce qui fait que j'ai la pochette originale en plastique qui, quand on sort la sous-pochette, peut faire accroire que ce groupe aux trois-quarts masculins n'avait pas de couilles. C'est grâce au billet aperçu chez Reimspunknroll que je sais ce que c'est précisément le 18 mai 1979 que j'ai assisté au concert de Téléphone à la Maison des Sports de Reims (qui ne devait même pas s'appeler encore René Tys). Un de mes tous premiers concerts, quelques mois après avoir vu à Epernay Jacques Higelin , avec qui Louis Bertignac avait joué quelques années plus tôt. Ensuite, j'ai très vite laissé Téléphone suivre son chemin sans plus trop m'y intéresser : c'est à peine si j'ai cherché à écouter Au coeur de la nuit à sa sortie en 1980.

Ce disque a été réédité une deuxième fois, en disque souple, pour être inclus dans Téléphone le livre en 1983, et autant que je sache c'est tout : pas d'édition en CD pour ces deux faces live. Il y a bien une version live de 1977 de Métro (c'est trop) sur l'un des CD du coffret Téléphone illimité, mais c'est un disque d'inédits, donc ce titre a dû être enregistré à une autre date.




8 commentaires:

ppcaillou a dit…

fais nous un commentaire sur une recomposition éventuelle ( arlésienne ... ) du groupe ...

Charlie Dontsurf a dit…

Surtout pas :-)) Quel intérêt ? Déjà de son vivant, le groupe n'en avait aucun. Alors, un retour, n'en parlons pas. Bien sûr, je suis un peu excessif mais ... pas trop non plus.
Déjà à l'époque, des groupes comme Métal Urbain, unique, Dogs, classe, qualité des chansons ou encore Bijou, efficacité sur scène, textes, bien que plus proche de Téléphone pour ces derniers, étaient largement au-dessus de la mêlée.
Aujourd'hui, consacrez du temps aux Concrete Knives, qui viennent de sortir un magnifique premier album, "Be Your Own King", avec un son d'une qualité jamais rencontré sur un disque fait par chez nous et des concerts époustouflants ou aux Betwitched Hands, dont le 2ème album est aussi très beau et qui sont également assez fous sur scène.
Laissons le Téléphone raccroché. Vive les Smartphones !!

JP Moya a dit…

@Charlie Même si je n'ai jamais eu d'album de Téléphone et que je suis incapable d'écouter aujourd'hui aucun de leurs morceaux, il faut reconnaître qu'à leurs débuts ils étaient très forts sur scène. Je les ai vu bouffer tout cru Eddie & The Hot Rods dont ils assuraient la première partie, ce qui n'était pas gagné. De là à espérer les voir se reformer, évidemment, c'est une autre histoire... Pour le reste, d'accord sur tout.

Phil Korrigan a dit…

Pas simplement à leurs débuts mais tout au long de leur existence, les Téléphones furent des bêtes de scène; incapables cependant de rendre ce magnétisme/énergie sur disques (fussent-ils enregistrés en public).
C'était la bande son d'une époque.
Toute reformation serait inutile et pitoyable.
L'album des Concerte Knives est effectivement excellent (tout comme celui des Bewitched)

Anonyme a dit…

Ouais j'en remets une couche, téléphone à leurs débuts j'aurais pas voulu me compromettre avec. C'était pas bon, ça ne pouvait pas être bon (!) point barre. Sauf que je les ai vu à la fête des potes place de la concorde et là.....virage à 180 degré, un grand groupe de scène, parmi les meilleurs. Même si la qualité des textes a souvent été misérable et même d'une niaiserie affligeante, ça ne change rien à l'affaire sur scène: LA GRANDE CLASSE. Babaille je retourne vite à l'intégrale jouvin en coffret réédition deluxe (sur velours avec tranche dorée et livret de 127 pages en japonais) Ph

Charlie Dontsurf a dit…

J'ai du les voir deux fois live et pas de virage pour moi. Une fois, à leur début, dans une MJC et l'autre, pour le fun et parce qu'il ne se passait pas grand chose dans ma bonne ville de Caen, dans un Palais des Sports, à l'époque d'Un Autre Monde. Je n'en garde pas un grand souvenir. Alors que Bijou à la MJC d'Hérouville, mon Dieu ...

Pol Dodu a dit…

Félicitations, Ppcaillou, tu sollicites un commentaire et tu as tout un débat ! Qui me coupe presque l'herbe sous le pied car j'avais justement sorti cette semaine mon exemplaire de "Crache ton venin" pour le chroniquer ici (sauf que je ne me souvenais pas que j'avais déjà dit dans la chronique de ce 45 tours à peu près tout ce qu'il m'inspire).
Pour ma part, je n'ai vu Téléphone que dans une salle des sports et c'était un des tous premiers concerts auquel j'assistais : j'étais bien incapable d'en juger la qualité musicale.
Pour les reformations de vieux groupes qui rejouent leurs vieux titres, d'une manière générale elles ne m'intéressent pas. Pour que je me déplace, il faudrait vraiment qu'un de mes groupes fétiches reformé passe près de chez moi dans une salle pas trop grande, et pour pas cher !

Pol Dodu a dit…

Et 36 ans et quelques plus tard, les trois-quarts des membres de Téléphone ont retrouvé le chemin du Bus Palladium.

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