24 septembre 2011

CORNERSHOP : Brimful of Asha


Acquis par correspondance via Amazon en septembre 2011
Réf : INT 8 84508 2 -- Edité par Wiiija en Angleterre en 1980
Support : CD 12 cm
Titres : Brimful of Asha (Radio friendly edit) -- Easy winners (Part 1 [Dublin]) -- Rehoused ([Walsall]) -- Brimful of Asha (Sofa Surfers solid state radio mix [Vienna])

Au début de l'année, j'ai eu dans l'idée de chroniquer ici Brimful of Asha. A mon assez grande surprise, je me suis alors rendu compte que je n'avais pas ce disque ! Certes, je savais qu'à l'époque de sa sortie je m'étais fort bien contenté d'avoir cet excellent succès de Cornershop sur l'une des compilations trimestrielles envoyées aux abonnés des Inrockuptibles, mais il me semblait qu'entre-temps j'avais eu l'occasion soit d'acheter le single, très courant vu son succès, soit de récupérer une version du titre sur un autre maxi CD (et j'avais bien Sleep on the left side, mais on n'y trouve pas Brimful of Asha).
J'ai alors décidé d'acheter ce disque à la première opportunité, mais bizarrement aucune ne s'est présentée tout au long des vide-greniers du printemps. Mon intérêt a été renforcé par l'excellente rubrique The making of... du Uncut daté de juin dédiée à cette chanson. Je n'ai pas non plus trouvé le disque cet été, alors j'en ai eu marre d'attendre et j'ai décidé de me commander Brimful of Asha. Comme j'avais le choix dans la multitude des différentes éditions, j'ai opté tout simplement pour la version originale de 1997 de cette chanson qui allait être un tube en 1998.
A l'origine, Brimful of Asha est un single extrait de l'album When I was born for the seventh time de Cornershop. C'est la version qu'on entend sur ce CD, à peine raccourcie pour les passages en radio. Et c'est même en 1997 leur plus grand succès depuis leurs débuts discographiques "bruyants" en 1993 : ce single indépendant monte à la 60e place des ventes au niveau national, et surtout les auditeurs de John Peel le placent en tête de leur sélection de fin d'année, le Festive fifty.
Pas mal, mais Norman Cook, l'ex-Housemartin qui venait de se transformer en Fatboy Slim, aimait bien le morceau et a proposé d'en faire un remix mieux adapté aux pistes de danse. Il a commencé par découvrir que la chanson n'avait pas de ligne de basse ! Il en a concocté une ainsi qu'un "beat" (pas trop big) à base de plusieurs échantillons, il a accéléré le rythme, ce qui a fait monté le tout d'un demi-ton, et le tour était joué ! Le remix, qui à l'origine devait uniquement être distribué aux professionnels des discothèques et des médias, a tellement plu qu'il a été utilisé pour une réédition du single, celle avec la pochette bleutée qui est devenue un vrai tube, n° 1 des ventes en Angleterre et 16e au Billboard aux Etats-Unis.
La grande réussite de Norman Cook, c'est qu'il a réussi à muscler le morceau, à le formater pour la danse et la radio, tout en conservant intacts ses différents ingrédients et ses qualités. La seule chose qui s'est un peu perdue au passage, et qu'on redécouvre à l'écoute de cette version originale, c'est le côté Velvet/Sweet Jane du riff de guitare qui est la colonne vertébrale de Brimful of Asha. Et même, si on ajoute les choeurs qui répondent en écho "45" (et non pas "Radio on"), on pourrait trouver une parenté avec le Roadrunner des Modern Lovers. Et ça tombe bien car, si Roadrunner est un hymne à la radio rock des années 50 qu'on écoute en voiture à la nuit tombée, Brimful of Asha est aussi un hymne, un hommage aux chanteurs des films de Bollywood comme la Asha Boshle du titre (qui a enregistré plus de 12 000 titres), certes, mais aussi et surtout un chant d'amour pour le 45 tours, ce qui explique pourquoi sa présence ici était indispensable. Et les références sont nombreuses. Je ne les aurais jamais décryptées seul à l'oreille mais un article du Melody Maker ou du NME à l'époque les avait détaillées, et j'avais été très surpris de découvrir que, entre le "Bolan boogie" et "Trojan Records", Tjinder Singh avait inséré deux références francophiles, à Jacques Dutronc et à Georges Brassens ("Bancs publics"). En plus de tout ça, il y a le refrain, d'anthologie : "Tout le monde a besoin d'une poitrine comme oreiller" !
Question remix, ce que le groupe autrichien Sofa Surfers a fait de Brimful of Asha est le contre-exemple de la réussite de Norman Cook. Ils ont gardé une partie du chant mais collé ça sur une sorte de dub tristos, à l'opposé de la gaité et de l'enthousiasme de la chanson originale.
Pour ce qui est  est des deux autres faces B de ce maxi, Easy winners est un titre électro à la voix vocodérisée qui annonce peut-être Clinton, le projet parallèle à Cornershop, mais qui ne me botte pas trop. J'aime beaucoup plus Rehoused, une chanson qu'on trouvait déjà en face B du single Born disco ; Died heavy metal en 1994. Je ne sais pas s'il s'agit de la même version, d'un remix ou d'un nouvel enregistrement, mais entre le côté drone orientalisant typique de Cornershop et la guitare, on se retrouve à nouveau dans une ambiance à la Velvet Underground, cette fois plus proche de celle du deuxième album White light, white heat, façon The gift avec cette histoire de maison qui vous mène à la mort où il me semble entendre bien entendre une voix parlée (et samplée ?) qui demande en français s'il y a quelqu'un à la maison.
Après un long sommeil, Cornershop est revenu sur le devant de la scène en 2009 avec l'excellent album Judy sucks a lemon for breakfast, où sitar et guitare se marient parfaitement sur le single The roll off characteristics (of history in the making), Soul school ou Who fingered rock'n'roll.

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