27 juin 2011

STEPHIN MERRITT : The man of a million faces


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris en 2009
Réf : PRO400036 -- Edité par Nonesuch aux Etats-Unis en 2008 -- For promotion only. Not for sale
Support : CD 12 cm
Titre : The man of a million faces

Il n'est pas trop surprenant que les producteurs de l'émission All songs considered du réseau public de radio américain NPR aient d'abord fait appel à Stephin Merritt quand ils ont lancé leur Project song en 2007. En effet, entre son groupe The Magnetic Fields, ses enregistrements sous son nom et ses projets comme les 6ths ou les Gothic Archies, Stephin a mérité sa réputation d'auteur-compositeur prolifique, et pas seulement pour son fameux 69 love songs.
Hors, pour le Project song il s'agit d'être rapide et efficace car l'idée est d'écrire et d'enregistrer un titre en seulement deux jours en partant de rien ou presque (un mot ou une expression et une photo à choisir parmi les propositions des producteurs). Je sais bien qu'au début des années 1960 deux jours auraient suffi pour enregistrer un album en entier, mais on est au 21e siècle et là c'est presque une performance.
Stephin Merritt a sélectionné pour The man of a million faces l'année 1974 (je n'ai pas trop saisi le rapport, à part peut-être un vague côté Sparks ou Roxy Music dans le produit fini) et une photo de Phil Toledano qui représente un homme habillé d'un costume constitué de dizaines de poupées.
Au bout du compte, si la chanson proposée est très agréable et tout à fait dans les style des Magnetic Fields, il n'y a pas eu de miracle et il n'en est pas sorti un chef d'oeuvre.
La chanson commence par une longue partie instrumentale, marquée par une guitare orientalo-psychédélique et le son échantillonné d'un Mellotron. Elle prend une autre dimension dès que Merritt ouvre la bouche pour chanter, même si la construction est assez bizarre : pas de structure couplets/refrain mais une courte série de vers avec un changement de mélodie au moment de prononcer le titre de la chanson qui fournit l'accroche.
Comme l'indique la mention 'Thanks for shopping at indie retail' au verso de la pochette, ce CD a été fourni aux premiers clients qui ont acheté l'album Distortion des Magnetic Fields chez les disquaires américains indépendants en janvier 2008. The man of a million faces a ensuite été commercialisé en avril, en téléchargement mais pas en disque et ce ne sera toujours pas le cas après la parution chez Merge en août d'Obscurities, une collection de raretés et d'inédits antérieurs à 1999.

25 juin 2011

MICKEY BAKER : Back to the blues


Acquis sur le vide-grenier de Mareuil-sur-Ay le 1er mai 2011
Réf : BS 3011 -- Edité par Blue Silver en France en 1981
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Cet album provient du stand où j'ai acheté le plus de disques cette année à Mareuil, quelques instants avant de trouver le disque de Sheriff "Dad" un peu plus haut dans la rue.
La dame âgée qui tenait le stand m'a annoncé qu'elles vendaient tous les disques à 50 centimes. Comme à mon habitude, j'ai commencé par les 45 tours et j'ai commencé à tirer du lot un bon tas de disques intéressants. Jusque là, j'étais seul au stand, mais une habituée des vide-greniers, que j'ai régulièrement l'occasion de croiser, s'est alors pointée. Elle a demandé le prix des disques à la dame, 50 centimes le 33 tours, et s'est alors attaquée à l'un des deux cartons d'albums pendant que je me dépêchais de finir les 45 tours. Elle s'est mis à en sortir des disques, Brassens, Brel, Lavilliers, du jazz à un rythme poussé. Un oeil sur mes 45 tours, l'autre sur son manège, j'ai eu un coup au coeur quand je l'ai vu regarder cet album de Mickey Baker. Heureusement, elle a eu la bonne idée de le reposer et je me suis précipité pour le récupérer quand elle a changé de carton.
Entre-temps, le mari de la dame était revenu au stand et il s'est mis à lui faire de vifs reproches quand il a découvert qu'elle nous avait proposé les disques à ce prix. La fille a dû acheter une bonne vingtaine de disques. Pour ma part, je suis reparti du stand avec douze 45 tours, dont certains très intéressants, et onze albums, dont plusieurs d'Haiti ou d'Afrique du début des années 1980.
Sur la pochette, Mickey Baker est photographié par Christian Rose dans un bâtiment en attente de démolition ou au moins d'une grosse rénovation, assis sur un tonneau, les pieds dans des gravats. Sur le disque, Mickey Baker est aussi (sûrement) assis tout seul, mais dans les locaux du Hot Club de France, où ce disque a été enregistré en public en 1981.
Comme le titre l'indique, Mickey Baker, avec juste sa guitare acoustique et un pied qui bat la mesure comme percussion, revisite un répertoire strictement blues, après avoir donné au fil des années dans le jazz, la pop ou la chanson.
Il chante d'une voix douce, placée assez haut, et semble assez charmeur quand il s'adresse au public en français, pendant et entre les morceaux.
Hormis deux reprises de Robert Johnson, tous les titres sont crédités à Mickey Baker, plus Memphis Slim pour le très classique Blues fell this morning qui ouvre le disque, mais avec le folk ou le blues, on sait comment ça marche : le dernier qui l'interprète ne se gêne généralement pas et s'approprie la chanson, traditionnelle ou non. Je ne suis pas un immense spécialiste du genre, mais bon, il est clair que les paroles de Can't find my baby sont mot pour mot les mêmes que celles de Take a walk around the corner, tel qu'enregistré par Leroy Carr en 1934. Quant à E— easy rider, il me semble bien qu'on pourrait aussi bien l'appeler See see rider. Pour Whoa back buck, c'est justement la revue du Hot Club de France qui m'a mis sur la piste dans sa chronique de la réédition CD d'un autre album live de McHouston 'Mickey' Baker, The real folk blues, enregistré live à Montreux en 1973 : il s'agit d'un morceau folklorique présent notamment dans le répertoire de Leabelly.
Ces précisions données, ça n'empêche pas d'apprécier pleinement cet album très calme et très détendu. Whoa back buck, en fin de face A, procure d'ailleurs l'un des meilleurs moments du disque. On n'entend pas la 'répétition' qui a dû avoir lieu juste avant, mais Mickey fait chanter le public et les échanges qu'il a avec lui sont très sympas.
En début de face B, pour Terraplane blues de Robert Johnson (ici bizarrement orthographié Terry Plain blues même s'il est correctement crédité) et B.Z. Jail House blues, Il sort son bottleneck et c'est excellent.
Je crois que Back to the blues n'a jamais été réédité en CD. Mon exemplaire est en parfait état, complet avec son livret de tablatures. Je suis bien content de l'avoir, même si je me doute bien qu'il ne me sera guère plus utile que ma Méthode de guitare S.L.C. de Mickey Baker !

21 juin 2011

JONATHAN RICHMAN & THE MODERN LOVERS : I'm a little airplane


Consulté par correspondance sur YouTube le 21 juin 2011
Réf : [sans]-- Mis en ligne par MultiVetzak sur YouTube le 17 juin 2011
Support : 1 fichier FLV
Titre : I'm a little airplane

Ça c'est vraiment ce que j'appelle la fête de la musique : découvrir de bon matin grâce à un billet du Jojoblog cette vidéo des Modern Lovers jouant live en 1978 dans l'émission de télé hollandaise Top Pop. Youpi !!
Quand YouTube a démarré il y a quelques années, j'étais assez dubitatif et très peu intéressé. Avec le recul, j'y vois désormais au moins un grand intérêt : celui d'avoir permis de ressortir des placards des prestations télé dont on n'imaginait même pas l'existence. Ah, ces émissions de télé américaines des années cinquante avec des chanteurs country ou ces prestations de Kevin Ayers...
L'album Modern Lovers Live ! est sûrement mon album live favori, toute époque et tous artistes confondus. Mais si le son est excellent, il a quand même un gros défaut : on n'a pas l'image. Par exemple, avant de voir des vidéos, on ne pouvait qu'essayer d'imaginer ce que ça donnait quand Jonathan se met à quatre pattes pour faire le petit dinosaure. Depuis, on a eu la chance de voir I'm a little dinosaur filmé dans un parc en Californie (mais cette vidéo ne semble plus en ligne) ou en live en 1984 ou 1985 dans une compilation VHS Rough Trade présenté par Ivor Cutler.
I'm a little airplane fait partie des quelques chansons de cet album live qui n'ont été publiées sur aucun autre disque. Elle est aussi réputée pour avoir été utilisée pour une séquence de 1, rue Sésame. Jusqu'à ce matin, je n'avais jamais vu de prestation filmée de I'm a little airplane. Et quelle prestation ! Les Modern Lovers sont dans leur formation de l'album live avec D. Sharpe à la batterie, Asa Brebner à la basse et Leroy Radcliffe à la batterie. Les producteurs de l'émission ont fait un minimum de mise en scène, avec des avions en modèle réduit (sur la batterie, sur scène, dans le public) et des avions en papier qui volent dans une classe en chahut.
Côté musique, on est tout à fait dans l'esprit du dernier album studio en date du groupe à l'époque, Rock 'n' roll with the Modern Lovers, sauf que là les guitares (Fender et Gibson) sont plus électriques : on a droit à une minute de petits solos sur guère plus de deux minutes de chanson !
L'autre chose que je retiens, c'est Jonathan. Il fait l'avion et il se marre de bout en bout tant il est content de son coup. A plusieurs reprises, il a des mimiques que je ne lui ai jamais vu quand je l'ai vu sur scène à partir de 1984 : il rentre la tête dans le cou, fait des effets d'yeux. Le terme anglais qui me vient c'est "coy"; en français je dirais qu'il fait le timide. Déjà qu'à 27 ans il en fait en gros dix de moins, ça accentue encore plus son côté Grand Duduche.
L'émission de Top Pop a dû durer vingt minutes-une demie-heure. Ils ont joué : Egyptian reggae, New England, Abominable snowman in the market, Abdul & Cleopatra, Buzz buzz buzz, Affection, I'm a little airplane et encore Egyptian Reggae encore. Etant donné que MultiVetzak a déjà mis en ligne deux autres titres, Egyptian reggae et Buzz buzz buzz, on peut espérer voir l'intégralité petit à petit. Voilà qui aidera à faire de tous les jours la fête de la musique !

19 juin 2011

? / LE JOYEUX GANG DE MONSIEUR MO-MO : Monsieur Maurice


Acquis sur le vide-grenier de Chouilly le 19 juin 2011
Réf : 0 47 -- Edité par Majestic en France en 1969 -- Encarté exclusivement et gratuitement dans le numéro 10 "Spécial MIDEM" de la revue Le Métier - Vente rigoureusement interdite
Support : 45 tours 17 cm
Titres : ? : Monsieur Maurice -/- Le Joyeux Gang de Monsieur Mo-Mo : Monsieur Maurice

Le printemps caniculaire semblait bien loin ce matin : 12°, temps noir, bise glaciale... mais pas de pluie. J'avais les mains bleues mais j'ai fait quelques bonnes affaires sur le petit vide-grenier de Chouilly, avec notamment un album en pressage original anglais de Johnny Cash and the Tennessee Three. Certes, il s'agit probablement du tout dernier album crédité aux Tennessee Three, il est paru en 1976 et n'a que trente-cinq ans, mais étant donné que je me disais justement cette semaine que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas trouvé d'album de Johnny Cash, ça tombait bien !
C'est à un autre stand que j'ai acheté ce 45 tours. La dame n'avait pas l'air sûre d'elle quand elle m'a annoncé un prix d'1 € pour ses disques. Je lui ai dit que le prix le plus courant était 50 centimes, elle a acquiescé et du coup je lui en ai pris cinq, dont un Frères Jacques et un Ray Tchicoray (alias Georges Jouvin) et deux paris, un disque danois de 1967 de Keld & The Donkeys (de la soupe, en fait) et ce disque-concours mystère de 1969, qui prouve que Jacques Canetti, et sa fifille Mademoiselle Françoise, tentaient des coups marketing pour convaincre les professionnels du disque à l'occasion du MIDEM.
Une fois rentré à la maison, c'est ce disque que j'ai mis en premier sur la platine. Une chanson légère très sympathique, avec un arrangement marqué par la présence d'un cuivre au son grave. La vedette avec qui le gagnant du concours allait passer un week-end de rêve à Tanger offert par l'Office Marocain du Tourisme à Paris se trouve être une chanteuse, ça je l'ai trouvé tout seul. La voix me disait vaguement quelque chose mais je ne pense pas que je serais parvenu à l'identifier. Paulette, qui passait par là, n'a entendu que quelques vers du dernier couplet et m'a dit tout de suite qu'elle avait bien l'impression que c'était Marlène Jobert qui chantait.
Fort bien. J'ai toute confiance dans les capacités de Paulette à identifier les voix. Je me suis donc mis en quête d'une confirmation en ligne, ne disposant pas sous la main du numéro de la revue Le métier dans laquelle les résultats ont été très certainement publiés... en 1969.
La chanson est créditée à Joss Baselli, Armand Canfora et Michel Jourdan. Première piste : Marlène Jobert a tourné en 1968 dans le film L'astragale, dont la musique originale est signée Joss Baselli. Elle a aussi tourné, toujours en 1968, dans le film de Michel Audiard, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, un film qui compte à son générique un certain Michel Jourdan, mais je ne suis pas sûr qu'il s'agisse du même que le célèbre parolier. De toute façon, la "preuve" suffisante me sera très vite fournie par le seul exemplaire de ce disque que j'ai trouvé en vente en ligne : il ne dispose pas de sa pochette originale ouvrante en papier mais par contre quelqu'un a pris soin d'écrire sur l'étiquette, par-dessus le ? qui désignait la vedette à découvrir, le nom de Marlène Jobert. Qu'est-ce qu'elle forte, Paulette !! A 42 ans et quelques mois près, et avec un peu de chance au tirage, elle gagnait un week-end à Tanger avec Marlène !
Je n'ai pas l'impression que cette chanson ait bénéficié d'une véritable sortie commerciale en-dehors de ce jeu concours et c'est presque dommage. Si la face B instrumentale, où l'accordéon (de Joss Baselli je présume) remplace la voix de Marlène, sonne tout de suite très musette et très quelconque, la face A est vraiment très fraiche et sympathique. Cependant, je m'interroge juste un petit peu sur les paroles et l'objectif publicitaire. Il est évidemment question à la fin, avec un passage qui sonne oriental, que Monsieur Maurice rejoigne la narratrice au soleil de Tanger, mais le portrait qui est fait auparavant de ce Monsieur Maurice pose question sur sa profession. Voilà un gars en "costume à carreaux" avec "tout plein de bagues aux doigts". Bizarrement, les copines de l'ingénue chanteuse se méfient de lui. Un seul mot lui fait peur et le met en colère, "le travail". Marlène chante : "Souvent vous insistez afin de vite m'envoyer dans un pays chaud pour me reposer" et finit en demandant "Rejoignez-moi vite car sans vous j'aurais peur toute seule à Tanger". J'ai peut-être l'esprit mal placé, mais s'il se trouve que Monsieur Maurice est un souteneur, c'est une drôle de façon de vanter Tanger et, au bout du compte, il vaut peut-être mieux pour Paulette que le concours n'ait pas eu lieu dernièrement...

18 juin 2011

THE STATUS QUO : Technicolor dreams


Acquis sur le vide-grenier du Pressoir à Epernay le 12 juin 2011
Réf : 7010 -- Edité par Cadet Concept aux Etats-Unis en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Technicolor dreams -/- Spicks and specks

Habituellement, la brocante organisée par l'association de commerçants Copro Ouest au centre d'Epernay rassemble une bonne partie de bradeurs et d'antiquaires professionnels. J'y suis donc allé sans trop d'espoirs. Pourtant, même s'il n'y avait guère plus de stands d'amateurs que d'habitude, j'ai fait des achats intéressants à trois d'entre eux.
Ce 45 tours, je l'ai acheté avec deux autres, négociés à 1 € les trois, sur un stand tenu par trois jeunes gens. Ils n'avaient qu'une poignée de disques, dont quelques-uns de variété, mais j'imagine que ceux que j'ai choisis ont appartenu au même propriétaire car il y en a un de Grand Funk et un autre pressage américain, un promo 'special disc jockey' de Roy Orbison.
Tout le monde ou presque sait que, avant d'être les rois du boogie, Status Quo a débuté dans le rock psychédélique. J'ai toujours plus ou moins fui ce groupe, mais j'ai aussi toujours pensé que Pictures of matchstick men, leur premier tube, était ce que je préférais d'eux.
Après ce succès, leur label anglais Pye s'est dépêché de sortir un album, Picturesque matchstickable messages from The Status Quo, et en a extrait deux autres singles, qui ont plus ou moins bien marché. Le quatrième, qui devait être Technicolor dreams, a été annulé au dernier moment au profit d'un nouvel enregistrement. Mais Technicolor dreams a été édité en 45 tours un peu partout dans les autres pays du monde (pas en France, cependant), parfois avec une autre face B que celle-ci.
Aux Etats-Unis, les disques de Status Quo étaient édités sous licence Pye par Cadet Concept, une filiale de Chess Records dirigée par le fiston de la maison, Marshall Chess, qui en a profité pour sortir des disques de blues psychédélique comme ceux de Rotary Connection ou le Electric mud de Muddy Waters.
Psychédéliques en 1968, les Status Quo étaient sûrement un peu plus suiveurs que précurseurs. N'empêche, si leur Technicolor dreams respecte strictement les canons du genre sans innover, c'est un titre qui me plait beaucoup. Tout comme la face B, Spicks and specks, dans un style plus pop. Je connais cette chanson depuis quatre-cinq ans, quand j'ai acheté la compilation CD de reprises sixties de titres composés par les Bee Gees, Maybe someone is digging underground. Il s'agit du premier n°1 des Bee Gees en Australie. Le groupe l'avait déjà enregistré une première fois en 1967, quand il s'appelait encore The Spectres, mais leur version était restée inédite.
Je sais bien que ces deux titres ne sont absolument pas rares, puisqu'ils sont tous les deux sur l'album Picturesque matchstickable messages from The Status Quo qui, vu le succès subséquent du groupe, est constamment réédité (Une version Deluxe est actuellement disponible, mais on peut lui préférer le double CD The technicolor dreams of The Status Quo: The complete 60s recordings chez Castle/Sanctuary), mais quand même, je serais très content si je pouvais trouver des 45 tours sixties psychédéliques toutes les semaines au coin de ma rue.

17 juin 2011

LE SHERIFF "DAD" ET SES ENFANTS DE SALOON : Modern Country and Western


Acquis sur le vide-grenier de Mareuil-sur-Ay le 1er mai 2011
Réf : TIV 230 -- Edité par Tivoli en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Midnight special -- I'm gonna leave Old Texas now -/- Act naturally -- Love's gonna leave here

J'ai acheté plein de disques au vide-grenier de Mareuil cette année, notamment à  un couple de personnes âgées qui du coup s'engueulait parce que la dame avait annoncé un prix trop bas, mais je m'étonne de constater qu'aucun d'entre eux n'a encore eu droit à sa chronique ici, même si j'ai mentionné au passage l'achat d'un EP de Ronnie Bird à 20 centimes sur la place de la Mairie.
Celui-ci, je l'ai acheté à un autre stand encore, où il n'y avait que quelques disques, parce que j'ai trouvé très réussie la pochette de ce disque en parfait état, dans un style pseudo-exotique proche de la reconstitution historique, dont j'ai noté également en consultant le verso qu'il contenait deux reprises de Buck Owens. Quant au nom de la bande qui accompagne le Sheriff "Dad", Les Enfants de Saloon, il est bien trouvé. Je me demande juste qui en a eu l'idée le premier, du groupe ou de la chanteuse Stella, qui a sorti une face B portant ce titre en octobre 1964.
Un seul coup d'oeil à la photo et on comprend que ce groupe ne se contente pas de jouer de la country, mais qu'il vit quasiment comme dans un film de western. Suivant les informations que j'ai pu trouvées, notamment sur la page Myspace de Jesse PWC, le banjoïste des Enfants de Saloon sur ce disque et sur des forums, Il se trouve que ce groupe était lié au Paris Western Club, fondé par Dad et présidé par lui jusqu'à son décès. Ils participaient à des animations, des fêtes sur le thème western et jouaient apparemment souvent à La Vallée des Peaux-Rouges, l'un des parcs à thème créés par Jean Richard (Il existe un 45 tours des Farwesters, le groupe de La Vallée des Peaux-Rouges, dont on peut voir la pochette en grand format , et je ne serai pas surpris que plusieurs membres des Enfants de Saloon soient de la partie).
Ici, outre Jesse Sourentz au banjo, qui joue actuellement avec les Country Ramblers, on trouve au chant et au Dobro Pat Winther, qui a joué du temps du Golf Drouot avec Les Satellites, Les Champions et Les Sounders, et qui se produit toujours avec son groupe The Bunch.
Ce qu'il y a de bien avec ce disque de Sheriff "Dad", c'est que le groupe ne se contente pas de reprendre des square dances ou autres danses western, ou des standards de chansons de cow-boy, comme les Farwesters. Non,  à l'exception de I'm gonna leave old Texas now, du coup le titre le plus faible du lot à mon goût, leur répertoire, placé sous la figure tutélaire de Buck Owens, tire sur une country influencée par le rock. C'est le cas notamment avec le premier titre du disque (il y a une inversion sur la pochette), une version de Midnight special, sans refrain chanté bizarrement, qui tient autant de Chuck Berry que de la country. Sur la face B, le groupe enchaîne les deux gros tubes de 1963 de Buck Owens, Act naturally, rendu encore plus célèbre en 1965 après sa reprise par les Beatles, et I'm gonna live here, sauf que là la faute d'orthographe qui transforme 'live" en 'leave' sur la pochette fausse complètement la compréhension du titre, et je ne pense pas que ce soit volontaire !
Les bals costumés et les reconstitutions historiques ce n'est absolument pas mon truc, mais je ne regrette absolument pas l'acquisition de ce bel objet, publié à une époque où les fans d'Americana devaient être ultra-minoritaires par chez nous, mêm si, comme moi, nous étions nombreux à rêver d'avoir une Winchester au canon scié comme Josh Randall.


Sur scène, la deuxième génération des Enfants de Saloon, celle qui a enregistré ce disque. Source : www.myspace.com/jessepwc