05 août 2014

SUNS OF ARQA : Arqaology


Offert par Wadada à Rennes le 3 décembre 1994
Réf : ARKA 2105 CD -- Edité par Arka Sound en Angleterre en 1992
Support : CD 12 cm
19 titres

A la mi-juillet, j'ai trouvé sur un vide-grenier la compilation A brief history of S.O.A., une très bonne affaire à 1 €. En l'écoutant, un titre m'a tout se suite sauté aux oreilles et, sans trop de surprise, c'est l'un de ceux qui m'avaient déjà fortement marqué quand j'ai découvert le groupe il y a presque vingt ans. Du coup, je suis allé fouiller dans mes étagères pour en déterrer cet Arqaology.
J'ai fait la connaissance de Suns of Arqa et rencontré Wadada, la force créatrice principale du groupe, en décembre 1994, à l'occasion d'une des réunions de la Férarock que nous tenions le plus souvent lors de festivals. Cette fois, c'était aux Transmusicales de Rennes et c'était suivi traditionnellement par un apéro auquel nos contacts des labels et des médias étaient invités. Ce jour-là, notre présidente Françoise a fait l'intermédiaire pour nous présenter à Wadada, qui avait saisi l'occasion pour rencontrer les représentants des principales radios rock françaises et faire de la retape pour son concert du jour prévu dans le cadre de la nuit ethno-techno Ethniks 2 Techniks. Wadada avait avec lui plusieurs cartons de CD, qu'il a entrepris de distribuer à chacun de nous, en insistant pour qu'on se serve pour notre radio, bien sûr, mais aussi personnellement. Ce n'est pas le genre de chose qu'il faut me dire deux fois et j'ai récupéré de jour-là deux maxis et deux albums, dont celui-ci, l'autre étant un Live with Prince Far I !
Malgré tout ça, je n'ai pas dû réussir à voir le concert de Suns of Arqa ce soir-là. Je sais pourtant que je suis passé à la salle omnisports dans la soirée, puisque j'ai noté que j'ai vu Bandulu, qui figurait au même programme.
Comme son titre l'indique habilement, ce CD sorti en 1994 compile deux "vieux" disques parus précédemment, les deux premiers albums de Suns of Arqa, Revenge of the Mozabites (1980) et Wadada magic (1983). Le premier est historiquement très intéressant car il est co-produit par Adrian Sherwood, avant même que celui-ci fonde le label On-U Sound. On trouve d'ailleurs ici certains des éléments typiques des productions futures de Sherwood, principalement l'association de sons variés, folkloriques ou techno, sur une base marquée par le reggae, et principalement le dub.
Ce fameux titre qui m'a profondément marqué, c'est World peace A.D ?, qui associe une basse plutôt reggae à une superbe guitare flamenco et des choeurs féminins. Je m'étais toujours interrogé sur la signification de ce titre (Paix mondiale ap. JC ? ???). Je viens de découvrir que le titre complet en 1980 était World peace, a dream ?, ce qui est plus compréhensible et toujours d'une actualité brûlante.
L'autre morceau de bravoure de Revenge of the Mozabites, c'est Acid tabla, présent ici en trois versions, l'originale, le dub et un remix réalisé au début des années 1980. Là, les sons reggae sont associés à des sonorités orientales, pour un résultat qui me rappelle les expériences de Family Fodder. Cette fusion marquera l'ensemble du travail de Wadada jusqu'à nos jours, mais je me rends compte à la réécoute que ses influences sont bien plus larges et plus variées : outre les excellents Bali citra et Ananta snake dance, on trouve aussi ici carrément du folk à l'irlandaise, avec Sully's reel et Sully's jig.
Les titres de Wadada magic ont tendance à me plaire un peu moins, mais je crois que cette impression est surtout due au fait que le CD s'ouvre avec celui qui me plait le moins du lot, le très dance Brujo man. Par contre, même s'il dure quatorze minutes, j'aime beaucoup Steppin' to the music et aussi le très asiatique Hasheesh. Et puis, cet album nous fournit le titre le plus surprenant dans ce contexte, The heat : guitares saturées, rythmique glougloutante, chant à la Bowie, ça décoiffe !
Wadada me semble avoir des côtés hippies très marqués, mais ce serait un hippie à la Daevid Allen, toujours inventif et expérimental. Il a au fil du temps, et souvent avant que ce soit à la mode, touché à l'ambient et à la techno.
Wadada et Adrian Sherwood étaient amis à la fin des années 1970. Ils devaient l'être encore dans les années 2000 puisque, lorsque le Télérama Dub Festival a donné carte blanche à Sherwood pour sa programmation en 2004, Suns of Arqa a fait partie des invités.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

ben 3 remarques: 1) c'est sympa à écouter. 2)la revanche des mozabites me rappelle cette blague dans un ed mac bain je crois "les cénobites tranquilles"3) avec pol D le temps passe plus vite que nature:offert en 1994 on traverse l'espace temps pour se retrouver en déc.2014 datation de la rencontre avec wadada... tagada tsoin tsoin, un lecteur attentif qui vous veut du bien.

Pol Dodu a dit…

J'ai corrigé le 3). Bravo pour ton attention aiguisée !
Pour le 2), je ne connaissais pas cette expression. J'en étais à me demander si le traducteur d'Ed McBain l'avait fait exprès (le contraire serait vraiment très étonnant), mais après vérification, je me suis rendu compte que cette formule est très souvent utilisée. Elle remonte peut-être même à Appolinaire...

Anonyme a dit…

il a été ingenieur du son pour un film sur velvet underground wadada

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