06 avril 2014

BUSH TETRAS : Rituals


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : FE 16 -- Edité par Fetish en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Can't be funky -- Funky instrumental -/- Cowboys in Africa -- Rituals

Bush Tetras, c'est un groupe qui sera éternellement associé à un reflux de la No Wave. Pour de bonnes raisons, certes, puisque le groupe était de New York, avec une guitariste membre fondatrice des Contortions, et qu'il est arrivé au début des années 1980 plutôt qu'à la fin des années 1970. Mais, en réécoutant aujourd'hui leur funk "froid" (grosse basse, guitares tranchantes, rythmes saccadés), c'est bien plus à des anglais qu'on pense, principalement à Gang Of Four. Et comme le groupe a une chanteuse, on peut affiner en évoquant Delta 5, la faction féminine de Gang Of Four, ou les excellents Au Pairs. On citera quand même ESG côté Amérique, d'autant que les deux groupes ont eu 99 Records comme label commun.
C'est Bernard Lenoir dans Feedback qui m'a fait connaître Bush Tetras, en passant souvent leur premier single Too many creeps, et surtout en leur offrant un "concert" Feedback en direct de New York. En fait, ce concert était une session en direct arrangée par sa correspondante dans la ville à l'époque, diffusée depuis le studio minuscule d'une radio. J'avais enregistré l'émission et je suis sûr que si j'avais le courage d'aller fouiller une demi-heure dans la malle au grenier je retrouverais la cassette.
Côté disques, j'ai trouvé leur deuxième, Things that go boom in the night, chez New Rose au moment de sa sortie. Le suivant, ce Rituals, sorti aussi en 1981, je l'ai eu quelques temps plus tard, pendant l'année que j'ai passée à écumer les bacs des disquaires à Londres. Les spécialistes du Record & Tape Exchange devaient penser que ce maxi avait peu de chances de se vendre car ils ne l'avaient mis qu'à 60 pence. Pas besoin donc d'attendre qu'il baisse et soit relégué à la cave...
Après ça, Bush Tetras s'est séparé sans avoir sorti de véritable album. Certes, il y a eu dans les années 1980 deux cassettes chez ROIR, une en concert et une compilation avec quelques inédits, mais le groupe a dû attendre sa reformation au milieu des années 1990 pour sortir son premier album studio, Beauty lies.
En 1981, Bush Tetras a bénéficié d'une grosse opération de promotion menée par la branche américaine de Stiff Records : un concert à Londres au Rainbow et un album live pour cinq groupes américains, The Bongos, Raybeats, The dB's, Bush Tetras et Fleshtones. A l'exception des derniers nommés, tous ces groupes ont par la suite fortement axé leur carrière sur l'Angleterre, en signant sur un label local, en prenant un producteur du cru ou en y enregistrant (et parfois les trois !). Commes les Bongos, Bush Tetras a signé chez les anglais Fetish, ce qui nous vaut de belles pochettes dues à Neville Brody et, si ce disque a été enregistré à New York, il est produit par un anglais, Topper Headon, dont le groupe a fait la connaissance en assurant la première partie de Clash.
J'ai longtemps hésité à chroniquer en premier ce disque plutôt que Boom, dont j'aime beaucoup les deux faces. Si j'ai opté pour ce maxi, ce n'est pas tant pour sa face Rhythm, la première, où l'on trouve Can't be funky. Pas un mauvais titre, mais le propos est un peu creux ("You can't be funky if you haven't got a soul"), et la version instrumentale, avec au saxophone un pote de Topper Headon, Gary Barnacle, est assez repoussante. Elle donne une idée de ce qu'aurait pu devenir le son du groupe une fois affadi par un gros label.
Heureusement, il y a la face Paranoia, avec deux excellentes chansons. La première, Cowboys in Africa, est rapide, avec la basse énorme au premier plan et la guitare saturée pas loin derrière. Peut-être bien le meilleur titre tout court du groupe, qu'on dirait presque échappé des sessions de Metal box de PIL. Pour Rituals, le rythme est plus lent, avec une ligne de guitare au son twang comme fil rouge tout du long. Aussi bien le chant que ce que je comprends des paroles (" This isn't any life, it's just our stupid lifestyle, when everybody says 'hello' but never says 'I love you' ") me rappellent cette fois énormément le Au Pairs de Playing with a different sex.


Les titres de ce maxi figurent tous sur la compilation de 2006 Boom in the night : Original studio recordings 1980-1983, actuellement disponible.


1 commentaire:

debout a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=gze5hap2BOI

en 2006, elles sonnent encore justes !

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