05 avril 2014

MARIA VINCENT : En revenant


Offert par Philippe R. à Mareuil-sur-Ay le 8 mars 2014
Réf : 432.982 BE -- Edité par Philips en France en 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : En revenant (I'm movin' on) -- Danke schoen -/- Trop fort -- Ne t'en vas pas (Look at me)

Philippe a trouvé cet exemplaire du disque à Nantes l'an dernier. Le feutre est presque effacé mais on lit encore la dédicace de Maria Vincent, "Pour Jean-Marie, avec mes souhaits de prompt rétablissement". Philippe me l'a offert en pensant que la reprise du I'm movin' on de Hank Snow pourrait m'intéresser. Il s'agit en fait d'une version de l'adaptation en français qu'Eddy Mitchell venait d'en faire sur son premier album sous son nom. Evidemment, en pleine période yé-yé, Eddy change complètement le sens de la chanson en faisant revenir le narrateur en train vers l'être aimé (dans la version originale, l'amoureux trompé dit au cheminot d'accélérer et n'a aucune intention de revenir...), mais la version est effectivement intéressante. Le chant est tout à fait honnête et l'interprétation musicale, due à Michel Colombier et son Orchestre, est sobre et de grande qualité : les instruments sont détachés les uns des autres, avec une grosse basse, une guitare rythmique et la batterie. Il y a un bon travail sur les vocaux, qui reproduisent le "Tchich tchick tchick" du train en plus des choeurs sur le refrain.
Danke schoen est une version d'un titre de Bert Kampfaert, sans trop d'intérêt. Par contre, Ne t'en vas pas, le troisième titre orchestré par Michel Colombier est très bien, avec une tonalité soul/rhythm and blues très marquée. Il y a plein de chansons avec Look at me dans leur titre, mais je n'ai pas réussi à identifier laquelle, écrite par J. Cole, est ici adaptée en français.
Pour Trop fort, le quatrième titre, Maria Vincent est accompagnée par Maurice Vander et son Orchestre. C'est une de ces chansons lentes avec des poussées mélodramatiques soulignées par des cuivres, dans un style un peu à la Spector. Elle est co-signée par Pierre Barouh et un certain Franck Dalone. Laurent Balandras, dans son livre L'Intégrale Nougaro: L'histoire de toutes ses chansons, nous apprend que Franck Dalone était un pseudonyme régulièrement utilisé par Maurice Vander, qui était aussi à l'époque le compagnon de Maria Vincent. En 1966, Nougaro et Dalone ont signé ensemble La chanson de Maria pour Maria Vincent.
Les notes de pochette de Claude Dejacques au dos nous explique qu'En revenant est le premier disque Philips de Maria Vincent. Elle était pourtant loin d'être une débutante en 1963 puisque sa discographie débute en 1957 avec Embrasse-moi, qui contenait des chansons d'Aznavour et Bécaud. Philips était même son quatrième label. Elle y a sorti cinq 45 tours jusqu'en 1966.
En préparant ce billet, j'ai trouvé des références à une actrice également nommée Maria Vincent (1929-2001). Ce prénom et ce patronyme étant peu discriminants, j'ai poussé plus loin mes recherches pour savoir si on pouvait avancer que la chanteuse et l'actrice étaient une seule et même personne. Je pense que c'est effectivement le cas, et ce sont les photos du film Joë Caligula : Du suif chez les dabes chez Francomac qui m'ont convaincu. Maria Vincent interprète Léa dans ce film de José Bénazéraf, qui a l'air intéressant à deux titres au moins, sa musique (signée Jacques Loussier, Eddy Mitchell, Ronnie Bird et Vince Taylor pour la chanson Trouble) et ses démêlées avec la censure (le visa d'exploitation a été refusé au film en 1966, qui n'est sorti qu'en 1969, délesté de quelques scènes jugées trop lestes).
Beau parcours en tout cas pour quelqu'un qui jusque là m'était parfaitement inconnue !


Maria Vincent joue Léa dans Joë Caligula : Du suif chez les dabes de José Bénazéraf (1966).

2 commentaires:

debout a dit…

Une héroïne de Bénazéraf ne peut pas être mauvaise.

Paola a dit…

Merci pour ce bel article. Maria Vincent était ma grand-mère, et je suis ravie que vous l'ayez découvert !

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