02 mars 2014

THE OXFORD AMERICAN SOUTHERN MUSIC ISSUE 2013 : TENNESSEE


Acquis par correspondance chez Oxford American aux Etats-Unis en décembre 2013
Réf : n° 83 -- Edité par Oxford American aux Etats-Unis en 2013
Support : 196 pages 28 cm + 2 x CD 12 cm
27 + 50 titres

Je le disais la semaine dernière, j'essaie d'éviter de me répéter ici. Mais, comme Les Frères Goyette, il faut aussi savoir être fidèle et tenace. Depuis que j'ai chroniqué le numéro spécial musique 2011 de The Oxford American, j'ai acheté celui de 2012, quelques autres plus anciens, et celui-ci, le dernier en date. A chaque fois c'est la même chose, je voyage écolo et pour pas cher et je savoure chaque page du magazine et chaque seconde du disque qui l'accompagne (ou presque, j'exagère un peu quand même).
Certes, cela nécessite de savoir lire l'anglais mais, passé ce menu détail, l'expérience est enrichissante, encore plus que celle de la lecture des mensuels spécialisés Uncut et Mojo ou des nombreux livres qui sont désormais publiés sur le sujet.
Le sujet, c'est la musique du Sud des Etats-Unis et, quand on s'intéresse au rock, au blues et à la country, le Sud des Etats-Unis c'est quand même la source de la majeure partie de nos discothèques, même si on sait faire les crochets nécessaires par les racines africaines et européennes. Depuis quelques années, l'Oxford American se concentre sur un Etat particulier pour son numéro musical annuel, et cette année c'est un gros morceau, le Tennessee. Rien qu'avec Memphis et Nashville, il y avait de la matière pour deux numéros complets !
Côté magazine, entre fiction, reportages, témoignages, on va de découverte en découverte. L'histoire de la radio WDIA de Memphis, qui décide de passer de la musique de noirs en 1948 avec un animateur noir; les grandes dames de l'Opry; la muse de Memphis, Lesa Aldridge, qui a côtoyé Alex Chilton et inspiré You and your sister (on la découvre prise en photo par un photographe renommé, William eggleston, un cousin de sa mère, le jour même de sa première rencontre avec Chilton); les McCrary Sisters; un portrait des Dickson Chicks, un groupe de gospel travesti, par leur batteuse et joueuse de claquettes; Roseanne Cash, qui revient sur sa relation avec le Tennessee; une enquête passionnante pour retrouver des fans qui avaient écrit à Charlie Rich dans les années 1970; le lien possible entre Rosco Gordon et la naissance du ska; l'histoire de Bessie Smith; un hommage à Jim Dickinson avec un grand extrait passionnant de ses mémoires; l'histoire de Gus Cannon; le bassiste et producteur Norbert Putnam qui se souvient de ses sessions avec Elvis Presley; et une nouvelle délirante sur Carl, le bouc violeur qui sauve Noël.
En suivant les liens ci-dessus, vous pouvez lire en intégral une bonne partie des articles du magazine, mais en le commandant, pour à peine le prix d'un CD, vous aurez la revue et le double CD qui l'accompagne, compilé par Rick Clark.
Sur ce disque centré lui aussi sur le Tennessee, bien sûr, comme pour toutes les compilations Oxford American, ce ne sont pas seulement les titres anciens ou ceux des noms connus qui sont intéressants. Le disque s'ouvre d'ailleurs avec une très belle version de That's how I got to Memphis publiée par Sid Selvidge en 2010. Il y a quelques très beaux titres inédits, comme le gospel enregistré spécialement pour l'occasion par Buddy et Julie Miller avec The McCrary Sisters, la reprise en style soul par Mike Farris de Mercy now, une chanson de Mary Gauthier ou l'interprétation d'Ain't no grave can hold my body down par The Fisk University Jubilee Singers lors d'un concert à la mémoire de Johnny Cash. Dans les vieilleries, Ain't nobody's business but my own par Tennessee Ernie Ford et Kay Starr (1950) et Shoobie oobie par Rosco Gordon (19656, chez Sun) m'ont vraiment fait vibré. On conclut en beauté avec une démo de (Please don't tell me) How the story ends par Kris Kristofferson et, si je raconte la fin du disque, je vous laisse découvrir plus avant par vous-même le tout, magazine et compilation.



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