30 mars 2013

THE WANTONES : I want you


Acquis chez Emmaüs à Courtisols le 16 mars 2013
Réf : 8345 10584 2 -- Edité par Tôt Ou Tard en France en 2008
Support : CD 12 cm
11 titres

La pochette m'a attiré l'oeil, évidemment. Quand j'ai regardé le détail des titres sur le rabat du CD, j'ai compris que j'avais affaire à un album de reprises de chansons intitulées I want you. Et des reprises probablement choisies par des gens cultivés et pointus puisque, outre les titres évidents de Dylan et Costello, j'ai aperçu les noms de Debbie Harry, des Mabuses, de Christine Perfect, de Christophe J, de Tom Waits et même de Chris Stamey des dB's ! Un fait confirmé par la liste des coupables de ce méfait, cachés sous le nom des Wantones, avec en tête JP Nataf (qui n'était plus Innocents, donc), suivi entre autres de Bertrand Bonello et d'Albin de la Simone.
J'ai un instant pensé qu'il pouvait s'agir d'un projet de maison de disques, qui aurait rassemblé quelques musiciens autour d'un concept plus fumeux que vendeur (il me semble n'avoir pas du tout entendu parler de ce disque au moment de sa sortie). La lecture du dossier de presse (repris chez Yayamusic) m'a appris que c'était plutôt le contraire : des potes qui s'associent pour un projet qui a bien failli ne jamais être édité, puisque son histoire s'étire sur une dizaine d'années, de la fin des années 1990 quand Bertrand Bonello suggère aux Innocents, en panne d'inspiration pour le choix d'une face B à enregistrer, de reprendre une série de I want you,jusqu'à  la sortie du disque en 2008, en passant par la rencontre de JP Nataf et Kim Fahy des Mabuses et l'enregistrement lui-même, en 2001, au Studio Garage, à raison d'un titre par jour (et nuit).
Après l'enregistrement, la bande d'amis s'est attaquée au premier album solo de JP Nataf, Plus de sucre (2004) et les I want you ont été remisés, avant d'être dépoussiérés, mixés et attribués à un groupe de circonstance pour la sortie en 2008.
Même si tout est présenté comme des reprises, il n'y en a en fait que huit, puisque trois des titres ont été écrits spécifiquement pour ce projet, par Christophe J, The Mabuses et Laurie Markovitch (le pseudonyme collectif de Bertrand Bonello, JP Nataf et quelques autres).
L'album s'ouvre avec une version légère d'une chanson de Dean Martin, et là les Wantones se sont plantés car le titre n'est pas I want you, comme ils le pensaient, mais Someday (You'll want me to want you).
Tout ne me plait pas dans le disque, comme le titre de Kiss, extrait de Rock and roll over ou celui de Dylan, qui ne décolle vraiment que sur la fin, quand arrive la voix féminine, celle de Julie Gasnier. Mais il y a plein de choses très agréables à entendre, à commencer par la version punky pop bricolée à boite à rythmes d'un titre de Rockbird, le deuxième album solo de Debbie Harry, la composition de Christophe J ou le bottleneck sur la chanson écrite par Tony Joe White pour le premier album de Christine Perfect/McVie en 1970.
Sur le titre de Chris Stamey, extrait de son album Fireworks, et sur la composition de Laurie Markovitch, dont les paroles sont entièrement en français, on entend une expression bien trouvée pour faire écho à et traduire le I want you anglais : "Avant tout, je te veux". Côté traduction, ce Je te veux semble une évidence pour rendre compte de I want you, même si, comme me le racontait Philippe R., on a reproché il y a quelques mois à Francis Cabrel d'avoir fait ce choix pour son adaptation de Dylan.
En tout cas, Je te veux m'amène au seul oubli criant dans le choix de titres de ce disque. On ne reprochera pas aux Wantones d'avoir volontairement écarté le I want you (She's so heavy) des Beatles ou de ne pas avoir retenu le Je te veux toute à moi des Chaussettes Noires, qui se trouve être une reprise du I wanna be your man des Beatles/Stones, mais si ce disque ne contient pas de reprise du très chaud Je te veux de Fernandel et Germaine Duclos, qui aurait été parfaitement raccord avec les photos rétro de la pochette, ça ne peut être que parce qu'ils ne connaissaient pas son existence. Si c'est aussi votre cas, voici de quoi y remédier :

 
Fernandel et Germaine Duclos, Je te veux (paroles de Jean Mance, musique de Casimir Oberfeld), de l'opérette Le rosier de Madame Husson, 1937.

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