29 novembre 2025

LES PRODIGIEUX McCLEVERTYS : Calypso


Offert par Dorian Feller à Villedomange le 13 novembre 2025
Réf : 80.069 -- Édité par Barclay en France en 1957
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Dorian Feller était en train de me montrer ses dernières acquisitions. Arrivé à cet album, il m'annonce que c'est du calypso assez quelconque. Je n'avais jamais vu cette pochette, mais il m'a suffi de regarder le nom du groupe pour lui répliquer dans l'instant que ce disque, je le recherche et il m'intéresse vraiment. Tout aussi rapidement, Dorian a été assez aimable pour décider de me l'offrir. Merci !

Je cherche ce disque en fait depuis quelques années, quand j'ai emprunté à la Médiathèque la compilation Soul Jazz de 2013 Mirror to the soul : Caribbean Jump-Up, Mambo & Calypso Beat 1954-77. J'y avais repéré quelques titres, et notamment Don't blame it on Elvis par The Fabulous McClevertys.

Cet excellent titre est sorti en 1957 chez Verve aux États-Unis, en 45 tours et sur l'album Calypso !. J'avais ajouté ce dernier à la liste des disques que je recherche, mais comme souvent sans vraiment de conviction ni d'intention de l'acheter en ligne, ne serait-ce que parce que les frais de port sont généralement prohibitifs.
Comme elle n'est pas référencée sur Discogs, je n'ai pas imaginé un instant qu'il pouvait exister une édition française de cet album, chez Barclay, sous licence Verve. C'est celle que Dorian a trouvée et m'a offerte.
Initialement, j'ai trouvé la pochette moche, mais au bout du compte, grâce à ses couleurs, elle est un peu mieux que la pochette originale, dont elle reprend l'un des dessins. Et chez Barclay ils ont fait l'effort de traduire intégralement les notes de pochette (le nom du groupe, The Fabulous McClevertys, a aussi été francisé).

Alors qu'est-ce qu'elle a de particulier cette chanson Don't blame it on Elvis ? Eh bien, pas grand chose, si ce n'est que c'est un excellent calypso, ce qui est déjà beaucoup et me suffit largement. D'autant que, comme souvent, les paroles de ce calypso s'intéressent à un sujet d'actualité de 1957, la danse "suggestive" et "scandaleuse" d'Elvis Presley :
Don't blame it on Elvis
For shaking his pelvis
Shaking the pelvis been in style
Ever since the River Nile


Ce qui adapté en français pourrait donner :
N'en voulez pas à Elvis
De tourner comme une vis
Tortiller du bassin
c'est en vogue depuis les Égyptiens 


Je vous promets qu'après écoute vous aurez ce refrain en tête pendant des jours. L'excellent site Fleurs de Vinyl consacre une page très documentée à cette chanson et sa reprise par Fritz Pereira, en 1957 également. J'ai un peu galéré, mais j'ai trouvé une page du site de Monsieur Jeff où on peut écouter cette reprise intéressante (moins calypso) et découvrir le parcours de ce fils de sénateur haïtien installé au Québec !

Il y un petit solo de saxo surprenant et bienvenu dans Don't blame it on Elvis. Il est sûrement dû à Johnny McCleverty, membre des McClevertys avec son frère le chanteur Carl. Ils sont originaires des Îles Vierges, tout comme les autres membres du groupe, le guitariste Gus, le batteur David et le pianiste Cornelius, mais ils ont fait carrière aux États-Unis et au Canada.
A part l'album et le single chez Verve, je n'ai trouvé mention que de deux autres singles postérieurs chez Ritmo, Back to back et The big bamboo. Mais avant ça, sous le nom de The Johnny McCleverty Calypso Boys, le groupe avait accompagné sur scène et sur disque pendant plusieurs années un chanteur de calypso, The Charmer ou Lord Charmer. On peut notamment les écouter sur une autre version de Back to back, belly to belly et sur Is she is, or is she ain't. Né Louis Eugene Walcott, The Charmer a adopté une autre identité au début des années 1960, après avoir rejoint la Nation of Islam, celle de Louis Farrakhan.

Don't blame it on Elvis est créditée à Sam Manning, tout comme deux autres excellentes chansons de l'album, Tickle, tickle, plus originale musicalement et moins directement calypso et Whoolay whola, à l'écoute de laquelle j'ai eu l'impression d'entendre les paroles "Monsieur Comme-ci Comme-ça".

J'ai bien l'impression que l'album est majoritairement composé de reprises. En plus de l'actualité, les femmes sont un sujet constant d'inspiration pour le calypso. C'est le cas pour une séquence de la face A avec Coldest woman, Redhead (reprise de Lord Kitchener), Parakeets et Money honey.

La face B est peut-être la meilleure des deux, globalement, avec une version de The woman is smarter, un classique du calypso.
L'excellent Rookoombay, tout comme Parakeets, est une reprise de The Duke of Iron. Notons que cette chanson, avec son titre correctement orthographié (sans "m"), avait aussi été enregistrée par The Charmer and his Afro-Rhythm Boys.
Les autres titres, I want to settle down, Landlady wants rent (encore de Lord Kitchener) et Chicken gumbo, sont également très bien.

La saison des vide-greniers est déjà terminée, les trouvailles se font rares en ressourcerie, ma liste de disques recherchés est très longue... J'espère avoir d'autres bonnes occasions d'en rayer quelques titres.

L'album est intégralement en écoute sur YouTube.

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