02 mars 2024

CASTELHEMIS : Roger (Cha cha cha)


Acquis chez Récup'R à Dizy le 18 septembre 2021
Réf : COB 47010 -- Édité par Cobra en France en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Roger (Cha cha cha) -/- La favella de Levallois (Tchik y tchik)

J'ai un peu hésité à prendre ce 45 tours à la ressourcerie, parce que la pochette et le disque ne sont pas en très bon état, et surtout parce que j'ai longtemps associé Castelhemis à ces chanteurs français contestataires ou non des années 1970 qui appartenaient à la génération baba d'avant moi. Pourtant, au tournant des années 1970-1980, j'ai vu Béranger, Mama Béa et Thiéfaine en concert. Mais, quand j'ai commencé à me forger mes goûts avec la new wave, j'ai eu tendance à rejeter toute cette génération, même s'il y a eu une exception pour Higelin et Lavilliers, en mettant dans ce sac des artistes que j'apprécie maintenant, comme Colette Magny et Brigitte Fontaine.

En fait, jusqu'à ce que je récupère et apprécie son premier album Armes inégales 1977, je n'avais jamais écouté Castelhemis. Et loin d'être un contestataire barbant, je le rapprocherais plutôt de Louis Chédid ou de Vassiliu, avec qui il partage un goût pour la musique brésilienne.

Un peu comme Blondie avec Debbie Harry, Castelhemis est plutôt le nom d'une formation que celui d'un artiste. L'auteur-compositeur-chanteur c'est Philippe Laboudigue. Très tôt surnommé Castel quand il était membre d'une troupe d'animation médiévale, il a d'abord fait partie du duo Castel & Vendôme (deux 45 tours en 1969 et 1970), avant de fonder un autre duo avec le chanteur d'Arthemis, tout naturellement baptisé Castelhemis, un nom que Laboudigue conservera par la suite, et sous lequel il donnera des concerts pendant plusieurs années, notamment dans le réseau des MJC, avant d'envisager de sortir un disque.

Je ne regrette pas mon achat de ce 45 tours, qui est sorti entre les deux premiers albums, et dont la face A n'a jamais été publiée ailleurs.
Cette face A, Roger, est un portrait de vacancier, en cha cha cha bien sûr, mais aussi avec un intermède disco de fièvre du mardi soir (on est en 1978...). Les paroles pourraient être un résumé anticipé du film Camping, et nous montrent Roger le roi des galets (ça ne peut pas être un hasard) pendant sa parenthèse de vacances, avant qu'il ne retrouve sa solitude.

La face B La favella de Levallois (Tchik y tchik) était, avec un titre inversé (Tchik y tchik (La favella de Levallois)), la chanson d'ouverture de l'album Armes inégales. En tant que tel, elle avait été repérée et a contribué au succès de cet album qui, même des années plus tard, se vendait encore à 1200 exemplaires par mois (information tirée de l'entretien avec Jacques Vassal paru dans Paroles & Musiques en 1986). En toute logique, le label aurait dû sortir Tchik y tchik en face A de 45 tours au moment du succès de l'album, avant d'enchaîner avec Roger. C'est un peu du gâchis, mais là on a du coup deux excellentes chansons sur ce disque.
Cette fois, la chanson est une chronique de banlieue, même si la commune de Levallois elle-même n'est pas réputée je crois pour ses grands ensembles. Le rythme est enlevé, l'ambiance a l'air assez joyeuse, malgré les Ayayaï et les Ouyouyouy, mais le dernier couplet nous montre que tout n'est pas vraiment gai : "Car j’ai oublié de vous dire que l’enfant au lieu de sourire, danser le faisait pleurer, pauvre enfant dans la cité".

Castelhemis a sorti six albums jusqu'en 1988, avant de se lancer dans de nouvelles aventures, notamment dans la restauration. Philippe Laboudigue est mort en 2013 à 64 ans. L'association Castelhemis & Co lui rend régulièrement hommage. Elle a notamment porté le projet de la compilation 78-88 parue en 2002 et a organisé une soirée-hommage en ligne pour commémorer les dix ans de sa mort.

Cette chronique est évidemment tout spécialement dédiée à Philippe R.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je garde qd même une bonne place pour Beranger qui est assez éclectique sans rester cantonné au chanteur contestataire, son ode aux cibistes en plus c'était pire qu'un chant du cigne et c'est vrai qu'il n' a pas pris un virage aussi important qu'higelin. Pour castelhemis, le gars reste assez culte et pour le coup la pochette fait qd même un peu peur je ne sais pas si j'aurais pris par peur de trop de beauferie.Pour une fois qu'un Roger est à l'honneur c'est pas moi mais ça je suis qd même habitué!je m'en va écouter le pote roger...ph

Anonyme a dit…

Qt à Levallois son illustrissime maire Balkany aurait pu faire l' objet de qqes chansons de Magny, Lavilliers et Béranger mais bon les temps ont changé. Je note aussi l'association de la pochette Castelhemis et de la photo du désordre musical en te laissanr deviner laquelle je préfère

Pol Dodu a dit…

Et le Zanini au camping dans la rubrique "Disque à relire", il sent des pieds ?

Anonyme a dit…

ben je sais pas pourquoi mais je préfère celle du désordre (policiers?)