11 mai 2014

GILBERT SAFRANI : Eliot Ness


Acquis sur le vide-grenier de Thibie le 4 mai 2014
Réf : 27 314 -- Edité par Polydor en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Eliot Ness -- Si tu penses ce que je pense (If you're thinkin' what I'm thinkin') -/- Le monde est bien trop grand -- Le mur

Donc, à Thibie, où j'ai fait de bonnes emplettes dans la plus grande sérénité, il y avait sur l'un des stands une petite poignée de 45 tours que le vendeur m'avait annoncés à 50 centimes. Ce disque est en très bon état et pourtant j'ai hésité avant de l'acheter. Gilbert Safrani ? Connais pas du tout, et un blaze pareil ça sonne vraiment variétés. D'autant que les paroles des deux chansons originales sont signées Jacques Revaux, et Jacques Revaux = Michel Sardou = Au secours ! Les arrangements et la direction musicale de Léo Petit n'auguraient rien de particulièrement enthousiasmant, mais bon, on m'a conseillé plusieurs fois ces derniers temps de prendre tous les EP sixties en bon état pas chers qui se présentent, et il est vrai que cette tactique m'a déjà permis de découvrir des incongruités comme Mélo ou une perle comme le disque des Gaëlic.
Pour ce 45 tours de Gilbert Safrani, c'est rien de dire que j'ai été très agréablement surpris. La variété que je craignais n'est pas là. Ou plutôt si, elle est cantonnée au dernier titre, Le mur, une reprise d'une chanson de Gilbert Bécaud, lente avec cordes et tout le tralala. Je pensais que tout le disque serait comme ça, mais non ! Les trois autres titres sont rapides, rock, avec un son typique de 1967, donc légèrement teinté de psychédélisme.
Pour Eliot Ness, le narrateur se croit à Chicago, où il se trouve mêlé à une embrouille avant d'être sauvé par Eliot Ness, le héros de la série télé Les Incorruptibles, très populaire à l'époque. En fait, il rêvait après s'être endormi dans son vieux bistrot. Dans le ton, ça me fait penser à La surprise de Ronnie Bird, en plus rock à la limite.
Le deuxième titre est encore mieux. Si tu penses ce que je pense est une reprise de If you're thinkin' what I'm thinkin', une chanson créée par Dino, Desi and Billy, le groupe du fiston de Dean Martin. Ils l'ont jouée dans le film Murderer's row, dans lequel Dean jouait. La version originale est très pop. Celle de Gilbert Safrani est bien plus puissante : basse élastique, batterie appuyée, cuivres puissants et un excellent solo de guitare. Très bien !
Le deuxième titre original, Le monde est bien trop grand, est encore très bien. Un peu moins rapide, certes, mais avec des sons psychés marqués, aux claviers notamment, et aussi des cordes et des cuivres.
Un excellent disque, donc, qui devrait intéresser les fous du freakbeat. Ces passionnés connaissent d'ailleurs bien Gilbert Safrani, mais pas pour ce disque, son deuxième et dernier. Comme on peut le constater chez The 45 Addict, le disque de Gilbert Safrani qui est très recherché, c'est le premier, sorti un an plus tôt, en 1966. Sur ce disque, il était accompagné par Les Boots, groupe désormais très réputé, qui comprenait notamment F.R. David et le futur Denis Pépin, et Les Boots, ça en jette plus que Léo Petit, qui a pourtant enregistré sous l'intitulé Les Guitares du Diable. C'est la chanson principale du EP, Les gens s'en vont dans le ciel, qui est recherchée et qui a été incluse sur plusieurs rétrospectives. La guitare saturée y est certes plus présente que sur ce deuxième disque, mais je ne vois franchement pas pourquoi l'un plus que l'autre mériterait d'être considéré comme une pépite. Je m'étonne d'ailleurs de ne trouver aucun des titres de mon disque en ligne. Il ne doit pourtant pas être rare à ce point : il y en avait un exemplaire à Thibie ! Quand même, je vous propose d'écouter la face A ci-dessous.

  Gilbert Safrani, Eliot Ness.
  Gilbert Safrani, Si tu penses ce que je pense

 

1 commentaire:

Junkie sexuel a dit…

En effet, ça vaut le détour ! ;)
lvt

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